....TOUR DU MONDE 2008 / 2010 A la rencontre d'une page de notre histoire....

AJLJ Argentine 2

Sabado 27 diciembre

 

BON ANNIVERSAIRE CHOGAN  et MAMIECOLE

 

Pour ce grand jour, le rio Quequen offre aux enfants trois maquereaux. Nous leur faisons honneur, c’est un délice, un peu court !

Chogan a trois ans et en est très heureux. Merci mamie pour les voitures et la moto !

Nous sommes comme des rois ! Avant de partir, je me souviens d’avoir dit qu’il était impensable que nous ne rentrions pas. Aujourd’hui, je réalise que s’il n’y avait pas les enfants….

Le plaisir de vivre de rien…

 

A ce propos, nous allons changer nos habitudes alimentaires. Trop de temps perdu à faire de la vaisselle, trop d’eau consommée.

Préparer de bons petits plats est également une dépense énergétique non négligeable en gaz et eau et en temps.

 

 

 

 

 

 

Lunès 29 diciembre

 

Matinée aux cascades, nettoyage intégral du camion pendant la séance. La piste, c’est l’horreur ! La fine poussière s’immisce partout et cela en est presque suffocant ! D’ailleurs si le matelas de Chogan n’est pas secoué tous les soirs, il tousse toute la nuit !

 

Bref, Océane fait la séance de kayak avec les autres, elle navigue tous les jours… Nous avons un peu mis l’école conventionnelle entre parenthèse cette semaine, car nous vivons des relations humaines tellement intense qu’il n’est pas question d’en perdre une miette !

Dans l’après-midi, c’est la pause Internet. « JE » me pose dans un restaurant pendant deux heures pour mettre le site à jour et prendre des nouvelles. Cela fait toujours beaucoup de bien et provoque même quelques émotions quand je trouve La famille de Poey sur Msn…

Pendant ce temps, les autres sont à la plage.

Le soir, nous sommes invités chez Maoro pour un Asado digne de ce nom : les morceausx de viande sont plus grands que Kaéna… Et nous qui avions trouvé nos entrecôtes très grosses !!!

A ce propos, Pierre que j’ai rencontré plus tôt dans la matinée, me racontait : Il ya vingt ans. Dans une petite ville près de Mar del Plata, à l’ocasion de la fête du veau. La ville était fermée, toutes les rues bloquées. Des arbres étaient coupés, mis côte à côte, deux par deux prenant de la terre en sandwich. Là dessus étaient allumés des feux au centre desquels des piquets plantés accueillaient des quarts de vache. Asado gratuit pour toute la ville.

 

Chez Maoro, la plupart des athlètes sont là et nous nous délectons. Nous sommes presque un peu vieux, cela fait encore plus mal de l’écrire, ça n’empêche une très bonne soirée et les enfants en profitent, une bonne partie de rigolade…

 

Martès 30 diciembre

 

Cette après- midi, nous avons rendez-vous avec Myriam sur msn. Nous allons donc manger dans le fameux restaurant. Il paraît qu’en Argentine, nous pouvons manger pour 2 euros,… pas là ! Mais Internet et l’aire de jeux surveillée par une employée, ça vaut bien ça !

Nous explorons ensuite le front de mer de Quéquen et découvrons… Le désert. Celui que nous avons tant cherché au Maroc. Des dunes de sable à perte de vue, pas un chat, ni un homme… La piste est trop risquée pour Dapigu, nous stoppons et lançons une bonne partie de luge. Excellent !

 

 

Miercolès 31 diciembre

 

Session du matin. Nous allons ensuite nous doucher au club. Sauf, qu’il est fermé ! Tant pis, plus tard. D’abord les courses au supermarcado Toledo. Nous y trouvons Marcella et Adrian. Nous savions qu’ils devaient arriver aujourd’hui, la maman de Marcella vit ici. Nous prévoyons de nous retrouver à minuit sur la plage pour le feu d’artifice.

Avant cela, nous irons chez eux à 18 h, récupérer le portable qu’ils nous ont prêté en partant de Buenos Aires pour notre périple en Argentine et qu’ils vont nous recharger.

Nous en partirons à 21H… La famille de Marcella est là, il y a 8 enfants, plus nos 5… C’est un terrible bazar franco-espagnol, mais quel bonheur.

Nous tentons vainement d’appeler en France pour souhaiter la bonne année. Et arrivons juste attend pour le dernier souffle du soleil sur l’océan et l’année 2008. Fantastique !

Petit asado sur la plage, seuls et dans la contemplation de ce tout qui nous rend si heureux. Un de ces moments qui va finir en page blanche car indescriptible.

00h, nous retrouvons… notre famille argentine sur la plage du centre pour une nouvelle série de moments magiques, le joyeux bazar animé par Sébastian, océane, Carolina, Emilie, Lucas, Ignacio, Léïa, Ajustina, Chogan, Franscisco, Reinata, Martin, Kaéna, reprend au milieu de ces milliers de feux d’artifices qui éclosent à tous les coins de rues. Pas d’interdit, pas de limites, chacun y va de sa fusée ou de son pétard ou encore de ces lampions volants.

L’Argentine semble être une immense cour de récréation. La liberté de ce pays c’est de pouvoir rester un enfant. Peut-être que pour l’économie ce n’est pas la meilleure pratique, mais comme il est bon de vivre un peu entre parenthèse de toutes ces lois, règles et interdictions qui existent en Europe… Ma tendance à la désorganisation est insoupçonnable à côté !!!

 

1° janvier

FELIZ ANOS et que cette année soit aussi belle que celle passée. En tout cas, qu’elle soit ce qu’elle doit être et que nous sachions bien la prendre.

Nous partons nous coucher à trois heures. Quelle soirée divine !

Au petit matin ( qui en Argentine correspond à un petit 10 h30) et après une toilette bien méritée, nous partons en quête d’un « locutorio », mais tout est fermé et nous n’avons pas assez de monnaie pour téléphoner d’une cabine publique.

La monnaie est rare ici, le premier billet est à 2 pesos ( pensez, moins de 50 centimes d’euros !)

Peut-être demain…

Nous rejoignons la famille Rossini, pour un pique nique asado, dans un parc prévu à cette effet. Extra, ces moments vécus par les enfants. La barrière de la langue ? Quelle barrière ? A la fin de la journée, les français comptent en espagnol, les argentins en français… Tout le monde se comprend et termine, dans un grand n’importe quoi dans les dunes.

 Fous-rire, bonheur et partage sont les liens de cette grande amitié qui se tisse chaque jour un peu plus.

Nous nous sentons comme chez nous. D’ailleurs depuis quelques jours, il n’est pas rare que l’on nous salue sur la route, il faut dire que le pedigree de Dapigu n’existe pas ici.

 Il n’y en a pas moins des camions qui nous font craquer : des monstres mercedes 1114, aïe, aïe, aïe, s’ils ne pesaient pas 12 tonnes, Dapigu aurait du soucis à ce faire… Mais non ! Enfin, un copain peut-être que nous laisserions en argentine…

 Et, pour en revenir à Dapigu et ses nombreux aller-retour en ville, il attire les regards et la sympathie.

 

Viernès 2 enero

 

Rendez- vous au club pour la séance. Adrian en profite pour organiser un asado ce soir.

A 11h, Didier revient au camion. Déjà fini ? Non, il est accompagné… de la télé. Nous ne comprenons pas tout et pensons que c’est un coup d’Adrian pour promotionner le kayak. Mais, il ne nous questionne que sur le camion et le tour du monde… affaire à suivre.

 

Dans l’après –midi, Didier se fait avaler sa carte bleue dans un guichet automatique, d’une banque… fermée, évidemment. L’interlocuteur du numéro à contacter dans ce genre de situation ne comprend rien et lui raccroche au nez. No problemo, elle est au chaud et va y rester jusqu’à que nous prenions le temps de réfléchir à une autre solution.

Nous quittons Necochea demain, il faut que nous fassions la vidange absolument. Nous partons dans le sud où la seule chose abondante est la nature.

A 19h, Adrian a également organisé un kayak polo. Il a trouvé une nounou, c’est mon cadeau d’anniversaire pour que je puisse jouer.

Super, Kaéna s’est endormie dans la pelouse. Je ne suis pas montée sur un bateau depuis… pffff ! Et je n’ai même jamais joué au kayak polo. Je doit être absolument ridicule mais nous nous marrons bien !

Les enfants sont devenus inséparables.

 

21h 30, vamos a comprar la comida. C’est une heure tardive ? Pas vraiment, nous n’avons jamais vu autant de monde au supermarcado !

C’est Adrian qui offre, il a invité 25 personnes !

L’Asado se fait chez les parents de Mathias, dont le papa est un des hommes le plus important de la ville.

La maison va avec le titre évidemment. C’est un anniversaire dans le grand luxe avec des gens extraordinaires. C’est vraiment une famille que nous avons trouvé, la séparation risque d’être difficile.

Trois heures et demi, nous partons dormir au club, un des jeunes nous a proposé que son père (mécanicien) nous fasse la vidange demain matin à 8 h30, cool !

 

Sabado 3 enero

 

BON ANNIVERSAIRE TONTON MIKE

 

Pour terminer ce premier stage ( heureusement il y en a un autre de prévu dans un mois à Aluminé), Didier a prévu une compétition aux Casacades.

Pique nique tous ensemble. Quel bonheur de voir cette masse d’enfants ( de 18 mois à 23 ans, ils doivent être une bonne vingtaine) se créer des souvenirs impérissables.

Quelques personnes viennent échanger un brin de conversation, ils nous ont vu hier soir à la télévision. Nous avons éclairer le mystère, c’est une des jeunes qui a parlé à sa mère de notre histoire et emballée, elle a appelé la télé ! Normal, quoi !

C’est comme un doux rêve duquel on ne souhaite jamais sortir. Du coup, nous ne partirons que demain.

Didier n’est pas payé, mais ce que nous vivons vaut tous les salaires du monde ! Tant pis si l’argent venait à manquer, nous nous nourririons de nos sentiments. Et c’est tellement riche que nous en avons pour les cent prochaines années.

C’est presque plus dur de les quitter que notre départ de France.

 

La saveur est dans ce que nous vivons. Et il est difficile de le retranscrire par écrit.

 

Domingo 4 enero

 

BON ANNIVERAIRE TONTON DOMINIQUE ET TONTON SEB

 

Nous quittons Necochea sans avoir pu récupérer la carte bleue de Didier. Myriam y fera opposition depuis la France. Merci !

Nous prenons la direction de Mar del Plata, faire un coucou à Pierre et Inès. C’est à 130 kilomètres à l’opposé de notre direction, mais ils nous ont invité à manger et nous avons bien pris conscience qu’une rencontre doit se vivre dans tout ce qu’elle offre.

Pierre, 66 ans, est argentin d’adoption depuis 51 ans, suisse d’origine. Sa passion de l’Argentine lui vient de son grand-père, qui a l’époque de la guerre ne se sentait pas vraiment une âme de guerrier…

Inès, 63 ans, est une créatrice de bijoux de luxe et une personne absolument charmante.

Le 29 décembre, je secouais le tapis du camion, j’ai entendu : « bonjour ! », « Comment ça va ? ». Bien, la conversation s’engage et … peut-être nous reverrons nous…

 

Lorsque nous arrivons dans cette superbe ville touristique où il y a tellement de monde sur les plages que l’on ne peut y être que debout, nous pensons faire demi-tour…

Après avoir appelé Inès, nous changeons d’avis, elle nous attend ! Elle ne pensait pas que nous prendrions le temps de venir.

Nous sommes accueillis à bras ouvert, dans leur petite maison remplie d’histoire. Ils voyagent beaucoup et ont fait trois enfants voyageurs.

 

 

Lunès 5 enero

 

Nous passons une journée divine avec ces grands-parents d’adoption, ils nous baladent un peu partout, nous emmènent voir les phoques squatteurs du port. C’est eux qui ont le poisson le plus frais ! À leur retour, les pêcheurs les nourrissent, ils sont gras comme des cochons !

Nous faisons un asado, dans la sierra de los padre, dans une aire aménagée avec piscine et barbecue. Où figuiers, pruniers, citronniers, noyer, et autres délices nous protègent de la chaleur avec leurs milliers de fruits…. L’Eden ? C’est un peu comme ça que je me le représente !

 

Émilie, c’est officiel a décidé de rester en Argentine ! elle veut habiter avec Inès !

D’ailleurs, que ce soit Didier, Émilie ou moi, nous avons le même sentiment : « Inès, on dirait Vickie ! ». Tranquilité et gentillesse, bonnes paroles et attentions… évidemment, on ne la quitterai jamais !

 

Aussi, nous dormons encore là ce soir !

 

Martès 6 enero

 

Nous profitons de Mar del Plata et de ses attraits touristiques, Inès ne nous accompagne pas car elle a rendez-vous chez l’ophtalmologue, son œil s’est enflammé hier ( le vent soufflait violemment et nous avons subi une attaque au sable rappelant Imssouan !)

Pierre travaille. Nous rentrons à la maison vers 18h car nous voulons prendre la route ce soir.

Pour l’œil d’Inès ce n’est pas beau mais pas grave non plus, ouf !

Lunès 5 enero

Nous passons une journée divine avec ces grands-parents d’adoption, ils nous baladent un peu partout, nous emmènent voir les phoques squatteurs du port. C’est eux qui ont le poisson le plus frais ! À leur retour, les pêcheurs les nourrissent, ils sont gras comme des cochons !
Nous faisons un asado, dans la sierra de los padre, dans une aire aménagée avec piscine et barbecue. Où figuiers, pruniers, citronniers, noyer, et autres délices nous protègent de la chaleur avec leurs milliers de fruits…. L’Eden ? C’est un peu comme ça que je me le représente !

Émilie, c’est officiel a décidé de rester en Argentine ! elle veut habiter avec Inès !
D’ailleurs, que ce soit Didier, Émilie ou moi, nous avons le même sentiment : « Inès, on dirait Vickie ! ». Tranquilité et gentillesse, bonnes paroles et attentions… évidemment, on ne la quitterai jamais !

Aussi, nous dormons encore là ce soir !

Martès 6 enero

Nous profitons de Mar del Plata et de ses attraits touristiques, Inès ne nous accompagne pas car elle a rendez-vous chez l’ophtalmologue, son œil s’est enflammé hier ( le vent soufflait violemment et nous avons subi une attaque au sable rappelant Imssouan !)
Pierre travaille. Nous rentrons à la maison, vers 18h, car nous voulons prendre la route ce soir.
Pour l’œil d’Inès, ce n’est pas beau mais pas grave non plus, ouf !
Ils nous ont préparé un repas de fête, nous avons pu communiquer avec la famille via msn, c’est super. D’autant que nous conversions avec la famille de France, les amis français en France, les amis argentins, les amis français en Argentine, c’est terrible.
Bref, il est temps de prendre la route, il est minuit. Mais, si nous ne partons pas ce soir, nous ne partirons jamais, nous sommes trop dorlotés…
A très bientôt Pierre et Inès, pour un passage à Navailles !

Miercolès 7 enero

Nous passons à Tandil, mais hormis le marché artisanal, rien ne nous y retient. Nous continuons donc, Tres Arroyos et Monte Hermoso sont deux petites villes très agréables. Monte Hermosos nous garde un peu plus longtemps que prévu. Non pas pour l’ « observation » de mauvais stationnement que nous retrouvons sur le pare- brise mais pour la nouvelle crevaison. Il nous en coûte trois euros, trois fois plus cher qu’au Maroc, six fois moins qu’en France !

Jueves 8 enero

Nous passons en PATAGONIE ! Ça en jette !
Cela ne passe pas inaperçu, car il y a un contrôle sanitaire. Fouille des placards, du frigo, dans un grand respect et avec beaucoup de gentillesse. Nous devrons laisser notre orange et engloutir nos quelques brugnons avant de pouvoir repartir. Mais, nous y sommes !!!

Viernes 9 enero

La pampa c’était des milliers de vaches qui n’auront pas assez d’une vie pour faire le tour de leur enclos. Des routes provinciales tracées à la règle ( et quelle règle !!!) sur des distances inconsidérables (Bariloche 1288 km). Des priorités à droite qui n’en sont pas vraiment, en dehors de celle des passages à niveau… (sauf pour le train !)
C’était aussi, vivre des orages éclatant à des centaines de kilomètres car la seule chose qui dépasse de ces vastes plaines, c’est parfois la tête d’une vache émergeant des hautes herbes….
C’était… grand !

La Patagonie de l’est, c’est pour nous, la ruta 3. Les S.O.S que nous trouvions disséminés tous les 10 kilomètres sont devenus quasi inexistants. Ce sont les mêmes règles qui ont été utilisées, ce qui offre une conduite… détendue !


Aujourd’hui, nous avons parcouru près de 800 kilomètres. Les champs sont devenus des océans de « chachis », les vaches des guanacos. Et, la principale distraction visuelle sont les innombrables lambeaux de pneus, les carcasses de voitures et pauvres chevaux finissant leur cuisson sous un soleil des plus efficace. La température doit avoisiner les 38 °c.
Tout cela confirme qu’une panne ne serait pas la bienvenue ! Ca tombe bien, elle ne vient pas.

Nous arrivons à Puerto Madryn ! Porte d’entrée de la fameuse « Péninsulà Valdez ».
Nous profitons de ce que les argentins commencent à s’animer en soirée pour nous balader et profiter des nombreuses vitrines alléchantes où l’artisanat local fait resurgir mon handicap principal : l’achat compulsif ! L’univers se met en branle pour me soutenir dans ma résistance : aucune banque n’est en mesure de distribuer de liquide ! la ville est en suspension !
Nous posons quand même le linge en laverie, il sera prêt demain après-midi.

Sabado 10 enero.

A minuit, nous partons dormir à Puerto pyramide, à une centaine de kilomètres, dans la réserve. L’entrée de celle-ci nous coûtera 45$ par adulte et la moitié pour Océane.
A deux heures, nous nous enfilons sous la couette. Le vent se déchaîne et le camion tangue comme un perturbé sur de la techno… soudain, nous réalisons, qu’en  fait… il bouge…
Didier se précipite, enjambant Léïa, sautant par dessus Océane… Trop tard, nous sommes de nouveau arrêtés : dans un poteau qui protège une pauvre tente igloo (nous sommes juste derrière le camping !)
Ouf, nous avons eu chaud !

Au réveil, le lit d’Océane est totalement désolidarisé, c’est une catastrophe, la piste a eu raison de lui ! Et bien, Didier, un peu de bricolage, ça faisait longtemps. Un peu de récupération de bois dans les environs, quelques vis, quelques réaménagement, un peu de colle, un peu de silicone (indispensable ce silicone) et le tour est joué… enfin, il faut espérer ! « Les enfants, personne sur les sièges aujourd’hui, on laisse sécher ! »
Nous attaquons le tour de la péninsule et la piste sur 200 km, qui se trouve être, en majorité, de la tôle ondulée ! Un bon test pour le lit, il résiste.
La poussière dans un premier temps se transforme en boue dans un deuxième. Le camion est dans un état pitoyable, intérieur comme extérieur. Le pot prend du jeu, même l’intérieur des placards est rempli d’une épaisse couche de poussière. La carte du monde n’est plus visible, c’est un désastre… Mais quel spectacle ! C’est incroyable, 3600 km2 de nature débordante d’animaux vivant à l’égard de la brutalité du monde ( en tout cas, ils nous le laisse croire). Comme on se sent bien !
Les hommes ont besoin de mots pour se raconter, la nature, à ce niveau là encore, se suffit à elle-même.

La tête remplie d’images - ainsi que l’appareil photo-, nous rentrons à P. Pyramide dormir dans un squat à camion repéré dans la matinée.
Nous rencontrons Gaspard et son énorme camion en vogue autour du monde depuis trois ans…. Ça laisse rêveur. www.ctjansen.nl

Domingo 11 enero

De gros orages s’expriment violemment jusqu’en fin d’après-midi. L’intérêt est que Dapigu s’en trouve un peu rincé.
Nous profitons de ce temps pour faire un peu de rangement, une école un peu approfondie et des balades sur la plage entre deux averses.
Chogan n’est pas au mieux de sa forme, il a des maux d’estomacs (comme depuis trois mois, maintenant), mais il semble que la fatigue soit un facteur déclenchant, ce ne doit donc pas être bien grave.

Vers 17 h, nous repartons sur Puerto Madryn.
 Demain matin, nous récupérerons le linge et prendrons la route pour los glaciaires à quelques 800 kilomètres peut-être ou plus?
Petite promenade sur les quais, Didier chute avec Kaéna dans les bras devant le bateau de la préfecture. Le trottoir doit faire 40 cm de haut, sa cheville qui se remettait doucement lâche de nouveau. Kaéna amortie avec sa face. Rien de grave, seulement, c’est juste la préfecture ! Ils appellent l’ambulance. Didier et Kaéna sont emmenés en voiture, les enfants et moi, escortés par cinq policiers. Nous ne passons pas inaperçu, quelle honte !
Arrivés au bout du quai, Didier est là, il n’a pas voulu aller à l’hôpital ( cela n’aurait rien changer et puis c’est lui qui avait les clés du camion, je n’aurai pas pu aller le chercher !). Ils vont bien, c’est le principal.  Nous avons prévu de pas mal rouler les prochains jours, il pourra donc être au repos, car même en conduisant, ici, l’embrayage ne sert que pour le démarrage. Kaéna est un roc, comme toujours, sa joue est à peine marquée de l’empreinte du bitume.
Nous dormons sur place.

Lunès 12 enero

Récuération du linge et vamos pour San julian, prochaine étape. A partir de Comodoro Rivadavia, il y a du relief et des virages. OUH ! Vigilance ! Le front de mer de Rada Tilly nous accueille pour la nuit. Sa plage immense à marrée basse laisse découvrir des milliers de coquillage, un paradis pour les enfants !

Martès 13 enero

La vingtaine de kilomètres qui suivent nous offre un panorama splendide sur la côte. Des squats exceptionnels. À défaut d’en avoir profité nous en penons plein la vue.
Puis, le quotidien reprend. Seulement, alternée avec des averses de pluie, des guanacos et des nandù, la route s’encaisse aisément.
San Julian, déjà ? Il est 17 h 30. Nous avons perdu quelques degrés (une quinzaine, je pense). Nous allons au camping. Il y a une laverie (en fait ce sont des lavabos), nous devons recharger les batteries (appareil photo, D.S, ordinateur) et faire le plein d’eau.
Petit asado, jeux avec les enfants de l’emplacement voisin, c’est très agréable.
Demain, nous voudrions faire la balade en lancha dans la baie de San Julian, pour observer les animaux et surtout les dauphins que nous voyons sauter depuis la berge.

Miercolès 14 enero

Nous avons mis le réveil. Mais le soleil n’est pas au rendez-vous… Nous tentons le coup pour la lancha, mais, elle ne sortira pas aujourd’hui, le vent souffle trop. Nous prenons quand même le temps de faire un peu de courrier. Il n’y a presque personne à la poste, c’est la première fois que nous voyons ça, les interminables queues nous ont toujours fait fuir.
Le circuit côtier qui ramène à la « ruta 3 » est joli. Mais les animaux ont certainement fuit les lieux à la vue de la déchèterie.
S’en suit une longue après-midi de route.
0h00, Calafate. Nous venons d’essuyer cinq heure quarante de piste pour faire deux cent kilomètres de « ruta 9 », splendide mais tout de même. Au deux tiers, nous avons dû faire une pause. L’air était devenu irrespirable dans le camion. Dans un vent glacial, il a fallu tout secouer : un millimètre de poussière recouvrait toute la cellule. Les portes arrières en étaient grippées.
La douche du matin semblait déjà bien loin…
Ce soir, Dapigu, qui a vraiment souffert aujourd’hui, nous pose près du cimetière dans un dernier souffle : depuis quelques kilomètres, je n’ai plus rien sous la pédale et nous terminons en roue libre car les vitesses font grève également.
Le câble d’embrayage, l’embrayage ou peut-être la boîte de vitesse, quelque chose  a lâché. Le pied de Didier en a fait de même sur un rattrapage de toilette en fuite… Mais, il est tard, nous gardons les soucis pour demain.

Jueves 15 enero

La nuit fut perturbée. De quoi Dapigu peut-il bien souffrir ? Est-ce réparable ? Et surtout combien de temps cela va t’il prendre ? Nous avons rencontré un ami sur facebook, il est actuellement en Argentine, à la Fùta (à peu près 1000 km de là) et nous y attend le 18. Combien cela va t’il coûter ? Va t’on pouvoir débloquer l’argent de France facilement ?...
Didier jette un œil, il semble déjà que ce ne soit pas la boîte, ouf !
Nous interceptons un véhicule de la municipalité ( facile Dapigu s’est posé à l’intersection de deux pistes hautement fréquentées et toutes les voitures sont obligées de ralentir pour pouvoir sauter le trottoir !). Ils vont nous chercher un mécano maîtrisant mercedez ! Super, il n’y a plus qu’à attendre. Cela donne l’occasion d’épousseter un peu, avec la pluie qui tombe, ça n’a rien d’évident, mais c’est toujours ça. A l’arrière les cahots ont fait sauter les tuyaux d’évent des cuves à eau, avec la poussière… C’est rempli de boue !!!

Le mécanicien arrive, une bonne tête qui doit parfois mettre sa compétence au profit de gains frauduleux… mais cela est une appréciation personnelle.
Bref, ce n’est pas le câble d’embrayage. Et pour cause, il n’y en a pas sur ce type de véhicule.
L’embrayage ?
Pas sûr, …
Ce sera seulement un manque de liquide de frein. Il alimente le piston d’embrayage !
Génial, ce n’est rien, un petit quart d’heure de pompage et c’est reparti. Sur une pédale un peu molle, mais… ça fonctionne. La première preuve en est que sur notre marche arrière enthousiaste…. SCCCRRRACCK ! Oups, que es ? Nous avons oublié de recharger les coffres. La boîte à outils a fait un roulé-boulé sous le camion et la pagaie neuve de Didier s’est fait repasser par le double train arrière.
Aïe ! Didier est un peu malheureux mais Dapigu n’a rien !
De toute façon, avec son pied, il ne peut pas naviguer…(«  si, si » dit-il !)

Aller, « lavanderia » ( « lavadero » ici). Elle n’ouvre qu’à 15 h, nous avons raté le créneau du matin. Puis, glacier Porito Moreno. Mais il pleut ! En espérant que le temps se lève demain.
Nous débouchons sur l’av. Libertador. Qu’on se le dise, les villes d’Argentine ont toutes la même configuration et les mêmes noms de rues.
Quelqu’un se précipite vers le camion : C’est Peter !
Fantastique ! j’ai imaginé cette rencontre des dizaines de fois, j’avais hâte que Didier le connaisse. La magie de la connexion immédiate !
La panne fictive, la laverie fermée… c’était pour ça.
Ces coïncidences qui nous dépassent, les sentiments qu’elles mettent à jour. L’unité se crée malgré nous, les éléments se rassemblent, comme aimantés et nous ne pouvons en être que spectateur… J’adore ces moments-là ! Ils ont d’autant plus de valeur au cours du voyage à cause des distances géographiques qui s’effacent soudain.
Bref, « cerbeza » pour fêter ça.
Peter a rencontré presque tous les autres passagers (Hary et Bruni en Uruguay, Jacques, Danielle et Michel quatre fois depuis Ushuaïa, manque Joël !)

Nous décidons de manger ensemble ce soir, dans le camion (sur la moto, ce serait plus compliqué…avec les enfants).
Donc, le glacier… Demain, il ne cesse de pleuvoir, il doit neiger là-haut !
Confit de canard et … Raphaël… Il s’ajoute à notre tablée car nous l’avons surpris entrain de prendre le camion en photo et comme il parle français, c’est plus facile de l’inviter à manger.
C’est un parisien, il voyage en bus et a passé deux ans à Bayonne pour ses études.
C’est une excellente soirée, même le soleil nous fait honneur de ses quelques derniers rayons, relevant les superbes couleurs du lac où nous sommes installés.
La nature est grandiose, certes. Mais, la relation humaine fait vibrer des émotions dont la résonance est toute aussi puissante.
Fin de soirée, bye Raphaël. Et Peter… à un de ces jours sur la route… peut-être au Canada, chez Vickie ?
Dur de se quitter, en même temps nous savons que ce n’est que pour ça, que cette histoire a tant valeur.

Viernes 16 enero

10h30, vrombissement de moto, toc, toc à la carrosserie. Ce doit être Peter qui part au glacier…
Ah ! non ! C’est un quad qui nous dit que nous n’avons pas le droit de dormir là. Ok ! Nous allons nous lever alors ! Bonne journée !
Porito Moreno, nous arrivons… avec Adrian et Javier, deux colombiens que nous prenons en stop. Emilie et Léïa se chargent de l’animation pendant la route ( nous sommes à 80 kilomètres).
Ils sont supers sympas et nous avons deux nouveaux contacts pour la Colombie. A un de ces quatre !
Sur le site nous trouvons la moto de Peter, il y a peu de chance que nous le croisions… c’est aussi bien, se redire au revoir n’aurait aucun intérêt !
Le glacier est majestueux, c’est énorme ! La fine neige qui tombe pour nous rappeler que c’est elle qui en est à l’origine ne fait qu’augmenter cette impression de gigantisme.
Le bruit assourdissant des morceaux de glace qui s’effondrent sans se laisser voir fait frémir.
 Contents d’avoir vu ! Il fait froid, le vent est toujours aussi cinglant
( dans n’importe quel coin du monde !), les enfants ont bien galopé sur les sentiers très bien aménagés… ce n’est pas la peine de s’éterniser.

Nous reprenons la route. La mythique ruta 40. Après les premiers 150 kilomètres, elle devient piste. Elle est superbe ! Nous tombons amoureux. Cependant à 1 h du matin, elle commence à devenir hostile, pas moyen de se poser, la tôle ondulée tasse nos dernières énergies…
Elle nous écoute et… redevient bitumée ! Alléluia ! Nous poussons jusqu’à la première ville indiquée. Trois bâtisses, pas de lumières, elle paraît fantomatique, une voiture y est garée, tous feux éteints, deux types dedans… Nous allons rouler un peu plus !
Deux heures, nous sommes usés, nous nous enfilons dans un morceau de piste. Bonne nuit !

 

 

l'âme en paix, l'esprit libre, le coeur joyeux sur les routes du monde....en avant pour l'école de la vie...

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