....TOUR DU MONDE 2008 / 2010 A la rencontre d'une page de notre histoire....

Argentine A.J.L.J.1

Mercredi 3 décembre

 

Pour la première fois,

La mer est agacée, grandement agacée, les lames forciront tout au long de la journée pour former des trous allant jusqu’à sept mètres. Elle est classée à 8/12 sur l’échelle de Beaufort, mais le bateau est gros et cela se vit très bien. C’est superbe, il brise les lames, soulevant des tonnes d’eau qui s’effondrent lourdement sur ses côtés, faisant remonter un bleu glacis qui disparaît presque aussitôt dans l’écume. Je ne me lasse pas. Et ce vent qui nous masse les vertèbres, c’est tellement agréable de lui tenir tête accroché fermement à la balustrade. Bien sûr pour les enfants c’est Walt Disney à la cabine. Pas question de sortir, d’ailleurs même nous, le soir, nous serons interdit de pont : trop dangereux !

 

Jeudi 4 décembre

 

 

Ouf, la mer n’a pas dormi et moi non plus du coup. Le bateau a craqué toute la nuit, nous pouvions sentir la tôle souffrir sous les masses d’eau toujours aussi fracassantes. Les enfants n’ont que très peu effleuré le pays des songes, également, ce qui promet une drôle de journée. J’ai eu froid toute la nuit et il me sera impossible de me réchauffer de toute la journée. Lorsque je sors prendre l’air c’est avec le duvet, plus la fatigue et le remue ménage de madame la grande bleue – un peu verte aujourd’hui -, ce n’est pas l’osmose. Tout cela se dissipe ce soir sous une voûte céleste majestueuse et des fous rires avec Peter et Danielle, à m’en faire travailler les abdos plus qu’ils ne peuvent en supporter. Quant à la mer, elle est redevenue ce drap bien repassé si reposant qui laisse présager une bonne nuit de récupération.

 

Vendredi 5 décembre

 

Nous sommes à Montevidéo en Uruguay. Nous pouvons descendre, chouette ! La ville est juste derrière le port, nous pouvons y aller à pied.

Michel, Danielle et Jacques partent un peu devant. Pour nous, toujours le même premier objectif : trouver de l’argent.

Partir avec des dollars est une bonne option. Des travellers, pas vraiment quand nous avons si peu de temps, les banques sont toujours pleines à craquer. Trouver un distributeur de billet prenant la visa premier n’est pas évident.  Bref, c’est bon à savoir, mais cela n’altère pas notre bonne humeur. Nous nous retrouvons tous pour partager une bonne bière et des jus de fruit frais.

La balade en ville est vraiment très agréable. La sortie de la mairie est un défilé de jeunes mariés ( trois en une heure). Selon Joël ( qui a vécu ici) : «  ils se marient comme nous allons à la boulangerie et divorcent aussi vite ».   il fait beau et bon, c’est aéré, il n’y a pas quantité de monde.

Peter me porte un peu Emilie qui n’en peu plus. J’apprécie vraiment  car le « donkey » que je suis porte Chogan sur les épaules, l’ordinateur et la bouteille d’eau sur le dos et Emilie dans les bras qui tient son frère pour ne pas qu’il tombe…

Une pause s’impose, Hary propose qu’elle soit culinaire, soit, c’est une bonne idée. Une partie du groupe préfère une sortie culturelle, nous nous retrouverons sur el republica del Brasil.

Une fois l’estomac de nouveau d’attaque, Hary, Bruni et Emilie rentrent en taxi, Chogan, Peter et moi, à pied, nous avons perdu un quart de doudou ( j’avais coupé la robe doudou en quatre).

 Nous tombons sur une manifestation d’homosexuels et de lesbiennes - semble t’il -. Ils sont tous déguisés en clown et nous affublent tous les trois d’un nez rouge, no problema !

Nous recroisons un vrai clown de rue avec qui nous avions échangé un sourire en début d’après- midi, plus proche de lui du coup, nous sympathisons et nous donnons rendez-vous pour un de ces jours dans les semaines qui viennent, même ville, même rue…

            De retour au port, tout le monde est là pour prendre le dernier repas du soir sur le bateau.

Ah, non ! Le commandant vient nous dire que nous passons par Zarate finalement et que nous ne serons à Buenos Aires que le 7 au matin. Ok !

 

Samedi 6 décembre

 

Fini l’océan Atlantique, les eaux marrons du « Rio de la plata » et son chenal nous font sentir la Terre, l’Argentine, le très proche débarquement. En tout début de soirée, nous pénétrons dans le « Rio Panana » splendide ! En voilà un endroit qui fait rêver !

Les nombreux feux témoignent de l’odeur alléchante de parillas qui nous chatouillent les narines et attirent nos regards sur ces berges paradisiaques. Elles sont habitées. De nombreux baraquements sur pilotis absolument charmant percent à peine la verdoyante et dense forêt artificielle. Pas d’installation électrique, seulement parfois un groupe électrogène, pas de voie d’acc&egra ve;s terrestre pour un des côtés. Le paradis en somme !

C’est très très beau.

 

Dimanche 7 décembre

 

Nous serons à Buenos Aires demain soir. Comme lundi est « el dìa de la concepcion Immaculada », nous ne pourrons débarquer que mardi matin. OK !

Nous pouvons sortir cette après-midi, mais je préfère rester sur le bateau. L’idée de faire la mule me décourage, j’ai un mal de dos assez fulgurant et rien que de m’imaginer traverser le port avec Emilie et Chogan déjà épuisés me ferait presque prendre un Propofan !

Chogan s’endort dans les minutes qui suivent le départ des autres passagers, bien m’en a pris !

Il a fait vraiment chaud aujourd’hui, 36°c, le pont est brûlant, mes pieds y fondent…

Danielle a ramené un petit père noël en peluche pour les enfants. Un des machinistes leur a acheté des stickers, c’est adorable !

 

Lundi 8 décembre

 

Nous quittons Zarate dans l’après-midi et reprenons le rio panana dans le sens inverse, direction finale : Buenos Aires.

38°c, nous larvons à la seule ombre du canot de sauvetage. Les enfants restent dedans, il y a la climatisation, c’est bien plus agréable pour eux, qui se fichent du paysage. Les berges grouillent d’une population, en maillot de bain, venue se rafraîchir, en ce jour férié. C’est très exotique.

Le pilote qui mange avec moi ce soir n’est pas des plus rassurant, mais bon nous verrons bien. Il ajoute en plus : « En Argentine, il y a deux personnes qui parlent français, une tout au nord, une tout au sud ! » Bien, espérons que nous les croiserons !

23 H00, nous y sommes ! Accueillis par un orage

 Nous sommes tous fébriles, c’est la fin, c’est le début, c’est la fin du commencement. Mais, il est tard et grand temps d’aller passer notre dernière nuit à bord.

Nous aurons vécu une chouette aventure. Difficile de penser que demain tout cela sera terminé et que nos routes vont se séparer peut-être pour toujours…

C’est drôle comme dans des conditions d’isolement nous arrivons à nous recréer un univers familier, en très peu de temps finalement…

A nous l’Argentine, bonne nuit.

 

Mardi 9 décembre

 

Tic, tic, tic,…Tic, tic, tic,… tic, tic, tic, mais qu’est ce donc ?

Quelqu’un « cliquète » à la porte. Je regarde le réveil, je ne comprends pas l’emplacement des aiguilles !

Il est trois heures et quart, il faut sortir les véhicules ??? Joël explique fermement que ce n’est pas possible. Il obtient de les laisser sur la rampe… Du coup, je ne me rendors que sur le coup de 6 h 30, sympa ! D’autant qu’on nous les avait fait bougé il y a deux jours.

Bref, 9 h 30,  réunion avec l’immigration. Les passeports sont dans les mains du commandant depuis l’embarquement. Je ne trouve pas la carte grise mais je suis sûre qu’elle ait dans le passeport… Et bien non !! Misère, c’est le seul document que je n’ai pas en photocopie, elle est introuvable. Et pourtant, je suis sûr qu’elle était là.

C’est affreux, j’imagine déjà le mélodrame…

Le second fini par revenir avec les carnets de vaccination qui en avait également disparu et, elle est là ! Ouf, sauvé !

Vite, les autres attendent après moi pour pouvoir quitter le port. Chargée comme je ne le répèterai jamais assez, je descends en quatrième vitesse ( enfin tout est relatif quand il faut traîner Chogan et son doudou)

Pas le temps de ranger, les bateaux sont toujours dans la cellule car au dernier moment, ils n’ont plus voulu que je les charge. Nous n’avons accès qu’à l’avant.

Tout s’enchaîne, nous n’avons pas eu le temps de nous concerter ce matin, avec cette nuit perturbée, nous nous sommes levés à la dernière minute. Ma priorité est l’essence ! Je n’aurai dit au revoir à personne, j’ai une légère boule dans la gorge…

Il y a du monde partout, je n’ai pas de carte, je file à l’aveuglette et récupère l’autopista qui mène à l’aéroport, nous verrons bien. Kilomètre 8, 5 un « Parque commercial ». Super ! Exactement ce qu’il me faut, il doit être 13 h, les enfants ont faim, je vais pouvoir appeler Mario ( l’assureur que Didier a contacté) pour lui donner rendez-vous.

Avant je vais sur Internet, mais les enfants courent partout, il y a beaucoup de monde, cela me met la pression en imaginant qu’ils pourraient disparaître. Tant pis, je voulais me faire un « mappy » pour me situer dans Buenos Aires, mais je verrais plus tard.

Impossible de trouver une carte dans ce méga super center !

J’appelle ensuite Mario, qui me dit qu’il arrive d’ici une heure ou deux.

En attendant, j’aurai bien mis les bateaux sur le toit, mais il y a une barre de hauteur et si je les mets je ne sors plus. Nous verrons plus tard.

17 h, toujours pas de Mario, … Il est injoignable, j’attends encore jusqu’à 18h, ensuite, il faut que je me mette en quête d’un endroit pour dormir.

Personne, tant pis, je laisse un message sur le répondeur et …. Plus rien au contact !!!

En arrivant ici, le coupleur séparateur s’était emballé ( il faisait « tic, tic tic, tic,tic », c’est la journée tic !) Pour ne pas que cela prenne feu pendant que nous étions à l’intérieur de la grande surface, j’avais enlevé les causses… Dans le doute ! Et bien, plus rien, même pas une petite lumière au tableau de bord.

Il y a heureusement un Norauto juste à côté. Je ferme les enfants à clés ( ils sont épuisés ) et m’en vais chercher du secours avec mes « ZZZippp, criick, beup, … qui marchaient si bien avec Peter). Ça marche aussi, mais dans mon malheur, je suis quand même tombée sur la personne du nord qui parle français ! Et pour accentuer le morceau de chance, elle s’appelle Florencia, c’est dingue ! Ils font une exception à la règle et le directeur accorde que deux mécaniciens viennent me dépanner.

Trop gentils, ils font ça gratuitement et m’indiquent la direction d’un camping ( à 120 km, car ils pensent que retourner sur Buenos Aires à cette heure est trop risquée). Je leur offre deux pots de confiture, et décolle pas vraiment convaincue pour le camping, mais nous verrons bien.

La nuit va tombée, je m’arrête à un péage pour charger les bateaux, je ne veux pas le faire de nuit. Mes derniers nerfs cèdent. Je ne sais pas comment Didier les montent sur le toit, ils pèsent un âne mort. La grille ça va, le c1 ça va, le petit bateau,…. Un routier s’arrête me filer un coup de main ! Du coup il me fait passer le wave ski aussi. Muchas gracias et reprend sa route. Et juste là ! Un orage éclate emmené par un vent de dingue qui vient de se lever !!!!

Je m’assois sur le c1 tout en essayant d’attacher au plus  vite les deux autres…. Les galeries.. s’arrachent !

Je suis trempe et je n’ai même plus l’idée de me révolter. J’attache le wave ski pour le redescendre à la corde, un violent coup de vent le fait voler, il s’écrase au sol, je n’ouvre pas la housse, je ne veux pas savoir. Je redescend également l’âne mort. Je remonte chercher la grille, je la fait glisser sur le côté du camion, le temps que je descende, le vent l’a fait tomber, elle se déssoude littéralement !

Je recharge tout ( sauf le c1, ses galeries tiennent), vous imaginez bien ce que cela veut dire : Une semaine avec les bateaux et la grille dans la cellule ! Un véritable enfer !

Très bien, nous repartons. Après cinquante kilomètres, je réalise que demain, il faut que je revienne sur Buenos Aires pour l’assurance ! Avec la chance qui semble m’accompagner, je vais en plus me faire arrêter. Demi-tour, je vais tenter de trouver un endroit pour dormir là-bas.

00h 10, je suis laminée, je demande à de braves gars une dernière fois ma route. A la grimace qu’ils font, je comprends que je ne trouverai jamais. «  Puedo dormir aquì por favor ? »

«  Si es possible séniora, es séguro » ou quelque chose comme ça. Nous verrons demain !

Bonne courte nuit, je dois quitter les lieux à 7 h, si je ne veux pas être ennuyé par la police.

 

Miércoles 10 diciembre

 

BON ANNIVERSAIRE MAMAN !

 

7 h 15, je prends le volant, les enfants dorment. J’espère trouver un endroit pour donner rendez-vous à Mario. Le problème étant de se garer !

Je trouve un jardin publique vraiment très joli, avenue « infanta Isabel », Mario devrait arriver d’ici une heure. Emilie et Chogan déjeunent. En dehors de leurs «  bibis », nous avons un peu oublié de manger depuis que nous avons débarqué…

 Ici, il y a de la place pour se garer, mais rien pour se restaurer….

11 h, Mario arrive, il m’explique qu’il n’a pas les papiers, … ce soir,… Où est-ce que je dors ?

Je n’en sais rien !

Très bien, il revient ici avant 6 heures avec les papiers. Bien, nous allons attendre.

Pour passer le temps intelligemment je vais à l’A.C.A, riche source d’information touristique. J’en ressors dépitée, le bonhomme qui m’a reçu a été incapable de me renseigner et je me suis fait dépouiller de 20 pesos par le type qui garde la rue où je suis garée. Cela fait cher les vingt minutes !

 

17 h 30, ça y est, nous sommes en règle, pour 500 pesos ( environ 150 euros) je peux me faire arrêter, j’ai le papier de l’assurance.

Cela n’attend pas, je repars sur Tigre (28 kilomètres), tenter à nouveau de trouver ce camping, coup de sifflet, rétroviseur, c’est la police.

Ici, personne ne respecte les feux, c’est l’heure de pointe,… il me dit que je suis passer au rouge ( encore !). Je n’en sais rien, je ne sais même plus si j’ai vu un feu, je suis fatiguée, je déborde ! Je lui explique dans mon misérable espagnol, la pénibilité de ces deux derniers jours. Quand il comprend que je suis seule et visiblement très fatiguée, j’ai droit à : « Tigre, todo derecho ! Buena suerte ! »

Pffou ! Je m’en sors bien ! Heureusement, j’ai donné tout mon liquide à Mario.

Bon, Tigre !

 Personne ne connaît le camping de Tigre. Heureusement, Jacques m’avait noté quelques informations. Je finis par trouver la rue Santa Maria. Camping à droite. Je m’engage, comme indiqué, sur la piste. Ce n’est pas rassurant, des épaves de voitures brûlées gisent tous les cent mètres, de pauvres habitations émergent d’amas de détritus… Je vais jusqu’au bout !

Il est là, au bout de la piste face au rio Lujan ! Beatrice et Angel, un couple de personnes agées, nous accueillent, adorables, ils sont des sauveurs à mes yeux. Alléluia, je vais pouvoir décompresser tranquille. C’est très rudimentaire, mais très mignon. Tout n’est que bricolage et fabrication maison. Les jeux pour les enfants, le système de pompe qui alimente les sanitaires, les tables, les barbecues, les barrières, l’installation électrique…

Bref, nous verrons demain, ce soir dodo !

 

Jueves 11 diciembre

 

10 h30, nous émergeons, j’ai dormi !!! Les bateaux, eux, ont dormi dehors… et, sont toujours là. Du coup, j’ose regarder l’état du ski… il va bien semble t’il !

Il n’y a pas vraiment d’eau dans les sanitaires et nous n’en avons pas non plus puisque nous n’avons pas d’électricité. De toute façon, je crois que les cuves sont vides. Misère ! Nous nous lavons et faisons la vaisselle à l’eau de source !

Cette après-midi, nous ferons des réserves au Carrefour qui a ouvert ses portes il y a dix jours et nous resterons là je pense jusqu’au 15 ou 16 décembre. Au moins, je n’ai pas à réfléchir à la sécurité des enfants et cela vaut tout le confort du monde.

  


  

Viernes 12 diciembre

 

J’ai récupéré nerveusement et physiquement. Tout me paraît moins compliqué et Angel a même réparé la pompe des sanitaires. Nous pouvons donc nous doucher… à l’eau de la rivière et tirer la chasse d’eau ! Cette après-midi nous irons à Tigre en « Lancha » ( le taxi du rio Lujan). J’espère y téléphoner à Didier et mettre le site à jour.

Hier après-midi, j’ai trouvé une cartouche de silicone dans les outils, j’ai pu recoller les galeries, réparer la grille à la résine Sader. J’espère pouvoir attacher tout le monde sans difficulté.

J’avoue que je compte les jours qui nous séparent encore. Heureusement, les doigts d’une seule main suffisent. Tout va bien, mais ce serait plus facile à deux…

Se détacher de nos habitudes si bien entretenues en France est un peu délicat même lorsque l’on part convaincu !

Nous avons pu appeler Didier, les sœurs et mamie, ça fait vraiment du bien. De plus, bonne nouvelle, j’étais sûr qu’ils arrivaient le 17 et en fait, c’est le 16.

Avec tout ça, je n’ai même pas apprécié le dépaysement, comme quoi, on s’habitue à tout. Je ne me sens pas vraiment étrangère, seulement dépossédée de mon petit confort. L’hygiène est ma principale préoccupation. Chogan a fait une légère réaction au B.C.G (qui remonte à trois mois maintenant), depuis une semaine et demie, la plaie est purulente. Alors nous désinfectons évidemment, mais les vaches crevées qui descendent le Lujan et les conditions sanitaires me rendent extrêmement vigilante. Le camping, où nous sommes, pour l’instant, les seuls clients, est lui, impeccable. Haute concentration de moustiques cependant, et nombreux chiens qui en sont , les pauvres, de véritable repère.

Les chiens ! Il y en a des tonnes ici, bien plus encore qu’au Maroc. Dans Buenos Aires, il est commun de croiser des hordes jusqu’à douze tenues en laisse par un seul maître. Certains parcs sont désertés par les humains tant les chiens errants en ont fait leur territoire...

 

Sabado  y domingo

 

Nous passons un très agréable week-end, dans ce qui est devenu notre petit paradis. Certains portenos (habitants de Buenos Aires) viennent passer la journée ici. Chacun allume  son barbecue et attend que le repas morde à l’hameçon. C’est exactement ce que j’enviais il y a une semaine sur le cargo.

La bouteille de deux litres de soda orange vif ou marron, c’est selon, est de rigueur. Les bambins hauts comme trois pommes se la trimbalent sur l’épaule comme on porte sa veste…

 

 Domingo 14 diciembre

 

BON ANNIVERSAIRE LUCAS !

 

C’est aussi l’anniversaire de Nuel, 2 ans, le petit frère de Nicolas, 8 ans, les petits enfants de Béatrice. Il y a beaucoup d’enfants et Emilie et Chogan se fondent parmi eux. Nous sommes invités au repas…. De la journée…. Hamburgers, sodas, hot-dog, sodas, bière, Gâteau au chocolat à la crème…

En dehors de cette nourriture qui finit par me donner la nausée, nous nous sentons vraiment bien. Deux des familles venues passer l’après-midi, viennent me dire au revoir, je n’avais échangé que quelques mots, les enfants ont dû créer des liens…

 

Nous sommes ravagés par les moustiques, mais heureux !!!

 

22 h 30, Au revoir toute la famille de Béatrice et Angel.  Au revoir également Angel et Béatrice, ils partent très tôt demain pour l’hôpital. Angel a un cancer de la prostate, à ce que j’ai pu comprendre, et doit passer des examens.

Je m’endors sereine avant d’affronter la jungle de  Buenos Aires demain !

 

 

Lunès 15 diciembre

 

Nous, prenons une bonne douche, faisons le ménage et nos adieux à Liliana  ( elle vit sur le site) et Amaya ( sa fille de trois ans qui ne va pas sans nous rappeler un de nos elfes d’Ogeu !!!)

Nous passons trois heures et demie sur la route, pour je pense 60 kilomètres normalement ! Mais, j’ai de l’essence, des sous, le moral et bientôt la quille, alors tout va bien.

Après avoir traîné dans un super mercado pour trois courses et s’être de nouveau un peu perdu. Nous allons nous poser à l’aéroport. Il y avait bien un camping indiqué, mais les trois ou quatre kilomètres de pistes n’aboutissant nulle part (et de la piste à 10 km/h c’est long !) ainsi qu’une aire sur le bord d’autoroute qui semblait sympa et que j’ai raté me  font jouer la carte de la sécurité : Au moins je serai à l’heure !

Je n’arrive pas à réaliser que je retrouve les pièces manquantes demain. Sont-ils dans l’avion ?

C’est la première fois que je réalise que si ce n’est pas le cas, cela peut, tout de suite, être moins drôle.

Bonne dernière nuit en solitaire !

Martès 16 diciembre

Levés 7 heures et quart, nous nous précipitons dans le hall avec les bibis!

8 heures 30, les voilà!!! Trop bien, ils n'ont même pas raté l'avion ! Kaéna est la plus perplexe et je pense qu'elle se demande si elle est vraiment réveillée!!!

Adrian est là aussi avec son neveu et une pagaie!

Il nous invite chez lui, ce n'est pas de refus. En partant, l'hôtesse m'intercepte pour me dire à quel point Didier et les enfants ont été adorables. Je ne comprends pas tout, mais il semble qu'elle ne tarrisse pas d'éloge à leur égard!

Adrian nous accueille dans sa grande maison et nous faisons connaissance de sa femme, ses deux enfants et un autre de ses neveus. Grande tablée, piscine, nous sommes comme des rois. Les haricots verts de Papi, le bateau, les pagaies et les jupes font leur effet. Ils sont ravis! Jusque là, ils avaient 5 pagaies C1 pour... toute l'Argentine. Grâce à Tony et Eric, le chiffre est doublé! Merci, merci, Sébastian est très heureux!

Les enfants sont dans l'eau depuis notre arrivée, il faut dire qu'il doit faire plus de 35 °c. Dur pour les petits francais qui ont laissé la neige à Madrid!

Hasta Pronto!

 Viernes 19 diciembre

 

BIENVENUE SUR TERRE TRISTAN

 

Domingo 21 diciembre

 

Nous avons passé 3 jours d’adaptation seine et reposante, servis comme des rois chez Adrian. Il s’est occupé de nous trouver du gaz  et de recharger la batterie, nous avons fait le plein d’eau, à nous, l’Argentine !

Aujourd’hui, nous sommes basés 500 kilomètres de vastes prairies plus loin, à Necochea.

Didier commence ici son travail de coach. Prise de contact avec les athlètes et constat du peu de matériel existant. C’est l’armée qui construit les bateaux avec les chutes de la construction des navires. Ils font des copies car il n’y a pas de constructeur et pas de moyens.

Cependant, tout le monde est  très enthousiaste.

 Nous sommes … bien.

En pause constructive !

 

Séance, tous les jours à quinze heure. Nous profitons de cette situation pour explorer les nombreuses possibilités de campement. Soixante-quatorze kilomètres de plage déserte. Ou encore, les berges du Rio Quéquen accessible sur des kilomètres de pistes menant la vie dure aux aménagements du camion. Mais Dapigu encaisse et cela vaut vraiment le coup. Grands espaces, liberté, des oiseaux par milliers qui nous content leur vie jusqu’au bout de la nuit, lorsque, au petit matin, les vaches prennent le relais pour accompagner notre déjeuner.

La sérénité qui règne ici est un délice pour nos corps et nos esprits. Le sentiment d’insécurité de Buenos Aires s’est envolé avec les kilomètres. Les enfants sont à nouveau libres comme le vent. Celui-là même qui rend la chaleur beaucoup moins écrasante et les nuits, enfin, supportables.

Quelques incidents comme deux bols de chocolat au lait renversés coup sur coup dans le camion suivi le lendemain par celui de thé, ou encore des feutres laissés sans capuchons se vider de leurs sève sur notre lit, nous rappelle furtivement que nous sommes encore « agaçables ».  En dehors de cela, nous oublierions presque que notre vie a commencé ailleurs !

 

Pourtant, il n’y a pas grand chose ici. Ou plutôt, il y a encore de tout : Des voitures d’un autre temps dont la barre de direction subit dangereusement l’attraction terrestre et bourlinguant sur les pistes qui font parties du quotidien. Quelques charrettes, des aires de jeux dont la norme est celle du système-D, pneus, buses, chaînes, ferrailles recyclées…. (Et les enfants s’y amusent tout autant).

 Le sport local, c’est la luge sur les dunes de sable, un vrai régal !

 La pêche est le meilleur moyen de manger, tout le monde la pratique, du plus petit au plus âgé.

 A trois jours de Noël, les parking des grands « supermarcado » sont à peine occupé pour un quart… La vie est quatre fois moins chère qu’en France. Notre chariot vaut toujours 170 sur l’écran digitale de la caisse mais, ici, ce sont des pesos !

Les distributeurs automatiques, quand ils veulent bien fonctionner, ne délivrent pas plus de 500 pesos ( environ 120 €), à moins de retirer deux fois d’affiler avec 7% de commission à chaque coup. Les billets sont contrôlés à chaque changement de main. Les maisons sont grillagées et tout est protégé jusqu’aux containers qui sont absolument charmants : Un petit panier en ferraille bricolée et grillagé surplombe une barre métallique de plus d’un mètre vingt, afin, de protéger les poubelles de ces chers « perros » en surnombre.

 

L’autre matin, l’un d’entre eux âgé d’au moins un mois et demi, petite boule de duvet noir, avait adopté Didier à la sortie d’un taillis. Il a passé la matinée à jouer avec les enfants. A l’heure du départ, il a pourtant fallu s’en séparer et notre seul moyen fut de le remettre à un barman installé non loin de là, en bord de plage. Il l’accepta, un peu dépité.

 

                                                      ……

 

La vie est douce. Lundi 22 décembre, c’est notre premier jour de pêche. Officiellement, il faut un permis, mais Adrian nous a dit que c’était du même ordre que le port de la ceinture ou le respect de la signalisation et des limitations de vitesses. Bien… Il nous faut la matinée pour lancer les hostilités et finalement… nous nous délecterons… de fruits et légumes… c’est bon aussi !!!

 

Martes 23 diciembre

 

Nous passerons noël au camping, ce sera le cadeau des enfants, il y a une superbe piscine (l’océan est plutôt froid et un peu agité).

 

Après la séance, nous flânons dans le centre ville de Necocha, nous ne sommes toujours pas tombés sur la poste. Les timbres ne s’y trouvent que là ! Aussi, une bonne glace fera l’affaire !

 

Miercoles 24 diciembre

 

Au réveil, le sable est déjà brûlant et la sortie plage s’avère brève ! De toute façon, il est 10 h30 et il nous faut passer au camping pour savoir ce qu’il en est, acheter de quoi se faire un bon barbecue ce soir et récupérer notre linge qui a passé la nuit à la lavanderia. Il me faudrait ça à la maison : J’ai laissé deux gros sacs de linge sale et je vais le récupérer lavé, séché, repassé, plié pour moins de 6 euros. Il n’y a pas que moi que cela fait rêver !

 

La séance de l’après-midi se termine sous un orage virulent. Océane a intégré le groupe et progresse tranquillement et assurément. 

Le camping que nous envions nous reviendrais à 200 pesos pour deux nuits. Certes, il y a la piscine, mais tout de même ! Il n’y a même pas Internet.

Nous en avions repéré un, à l’embouchure du Rio. Il est fantastique, la piscine est moins luxueuse d’apparence, mais à fleur du Rio, elle a un charme à tomber, une aire de jeu, l’électricité accessible à chaque emplacement. Il y a très peu de monde et le wifi, c’est propre et ombragé, c’est un petit paradis pour les enfants. Et, pour nous, un vrai confort. Et puis, c’est un peu moins cher.

Ce soir, c’est barbecue ! Nous essuyons un nouvel orage, mais sous l’auvent et à l’abri des arbres, cela n’entrave pas nos projets, d’autant qu’il sera de courte durée.

C’est un Noël comme je le rêve tous les ans, un de ces Noëls qui m’ont fait désirer tous ces enfants…

Nous fabriquons un petit sapin, un plat de crêpes et faisons griller des saucisses. Nous avons une bouteille de Coca, du ketchup et un gros ananas. C’est divin, seulement nous et l’immensité, dans un calme absolu. Nous terminons sur le tapis enroulé dans la couette à se conter de belles histoires de Noël et d’humanité, à la lueur des bougies, avec papa qui nous fait profiter d’un fond musical.

Nous savons bien qu’il est fort probable que le père Noël ne passe pas car il a sûrement décidé de laisser ses paquets à Navailles ( d’autant que Léïa lui a mangé la crêpe qui lui était réservée). Peu importe, la magie, elle, est bien là et nous la pénétrons de toute notre âme.

Depuis mon arrivée, je me demande comment le mythe de Noël tient la route. Il fait plus de 35°c et le père noël, ses rennes, ces sapins ornés de splendides décorations et recouverts de neige trônent à tous les coins de rues. Quel miracle peut-il faire croire que tout cela est réel ??? Je réalise seulement aujourd’hui, que c’est la magie de Noël et qu’elle passe au-dessus de bien des choses…

Minuit, des feux d’artifices éclatent de toutes parts, ils ne cesseront que vers deux heures moins le quart. Emilie craint pour le Père Noël : « Et s’il se fait brûler ? » Le sommeil nous gagne avant d’avoir trouver une solution….

 

jueves 25 diciembre

 

JOYEUX NOEL

 

C’est Noël, Océane, réveillée avant tout le monde se réjouit toute seule. En regardant par la fenêtre, elle a aperçu un sac au pied du sapin. Elle attend patiemment.

C’est bien vrai, le père noël est passé !!! Deux petites voitures, des ballons de baudruche, une petite poupée, des polly pocket, un gilet de sauvetage.

Le bonheur éclaire le visage de chacun.

 «  Ce n’est pas exactement ce que nous avions commandé, mais c’est exactement ce qu’il nous faut ! » souligne Océane.

« C’est le plus beau Noël qu’on ait eu ! » s’échappe de l’euphorie d’Emilie

«  Ce père Noël est trop gentil, il a dû voir qu’il y avait une piscine ici, il nous a apporté un gilet pour ne pas qu’on se noie ! » constate encore Emilie

«  Merci maman pour ce voyage. » me dit Chogan en se précipitant dans mes bras. Qu’est ce que cela représente dans sa tête ? Je n’en sais rien, mais la valeur que j’y accorde est inestimable…

 

Et pour nous, c’est le plus beau cadeau : nos enfants savent naturellement apprécier l’Instant présent et sachant trouver le bonheur là où il est…. Dans le grand tout de l’univers.

 

 C’est vrai, c’est un très beau Noël !

 

Viernes 26 diciembre

 

BON ANNIVERSAIRE JULIAN

 

Bien, il y avait le wifi au camping, seulement la connexion n’aura fonctionné que quelques minutes le soir du 24, le temps d’envoyer un mail…

Je ne sais pas si c’est le mac qui a un problème. Chez Adrian, il repérait les serveurs mais sans pouvoir se connecter : pas de signal ! Ici, c’est la même situation, bien que j’ai quand même eu une brève connexion…. ?

 

Bref, du coup, il faudra patienter un peu pour les nouvelles, le bassin est en dehors de la ville ( à 11 km dont 18 minutes de piste) et nous allons y  rester 3 jours…

 


....SUITE...






 

l'âme en paix, l'esprit libre, le coeur joyeux sur les routes du monde....en avant pour l'école de la vie...

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