....TOUR DU MONDE 2008 / 2010 A la rencontre d'une page de notre histoire....

Argentine nous revoilà!

BOLIVIE/ ARGENTINE

 

Passage frontière assez rapide et sans problème, les douaniers sont super sympas.

Nous sommes en, Argentine !!! Ce n’est pas tant sa beauté, mais ici, on se sent bien.

Nous prenons un orage, à cette altitude (3000), il est de neige. Avec la nuit, il est incroyable.

Nous dormons à Humahuaca près d’un camping-car nantais, deux fois plus grand que nous.

Il est 22 heures, ils dorment déjà, nous en faisons de même, nous mangerons demain.

 

Lundi 27 avril

 

Mélodie, 9 ans, Willy, 3 ans et leurs parents, Gilbert et Florence sont en voyage pour autant de temps que leurs concerts leur rapporteront assez de sous pour vivre.

Gilbert joue de l’accordéon et Florence l’accompagne en chantant. Les enfants passent la matinée dans leur maison grand luxe.

Nous mangeons et nous baladons dans cette délicieuse petite ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les enfants profitent de leurs copains encore quelques heures et nous partons dormir aux salines quand la Pari-Paname’s family repart sur San Salvador de Jujuy pour dégoter de quoi bricoler leur hublot arraché par l’orage d’hier soir.

Osvaldo fait du stop, nous l’embarquons avec nous jusqu’aux « grandes salares ».

Quel spectacle ! Nous nous installons seul au milieu de ce désert blanc, c’est fantastique.

 

Mardi 28 avril

 

Didier et moi vivons une énième turista. Footing, jeux et leçon de conduite.

 

 Voilà une belle matinée qui commence, jusqu’à que nous réalisions que le mois d’avril ne compte que 30 jours… Bien, il nous reste donc deux jours pour parcourir les mille sept cent cinquante kilomètres qui nous séparent encore de Buenos Aires. Nous allons donc rouler un peu !

Nous sommes argentins pour les huit prochains mois, 1750 km en 2 jours, c’est un classique !

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Premières courses dans un vrai supermarché, avec du lait et du beurre sans sel, depuis bien longtemps, nous dévalisons le magasin !

Au menu : kilomètres et pauses obligées pour tenter de venir à bout de ce nouvel empoisonnement. Nous repensons douloureusement à cette délicieuse sauce avalée goulûment au restaurant alors que les enfants mangeaient leurs raviolis –heureusement.

Elle est sûrement la cause de nos maux.

Pensant rouler toute la nuit nous avons laissé notre lit aux enfants. Bien nous en a pris, à deux heures du matin, nous apprenons sur une connexion en station-service que le travail de Didier débute bien le prem avascri pt"> ier mai,… à Necochea, 500 kilomètres plus loin !

Les enfants s’endorment et nous, nous relayons toute la nuit pour avancer, en buvant du red bull qui nous tient éveiller en finissant de torpiller les tentatives de nos estomacs à aller mieux.

 

Mercredi

 

7h00, nous nous écroulons, notre dopage a atteint ses limites.

11h, nous reprenons la route.

 

Depuis toujours, revenir sur mes pas m’indispose. Quelque soit le domaine, je déteste faire marche arrière. Et là, il nous faut revenir. Ce n’était qu’une grande joie jusque là, mais depuis trois jours, n’est ce pas le contraire ? Que va t’on y trouver de mieux. – Quand le fruit est bon, n’en prends pas un deuxième, tu pourrais être déçu.-

Oh, non ! Sur les routes de la Pampa, ça sent bon l’automne et ses foins fraîchement coupés. Les derniers beaux jours parent les champs, les arbres et le ciel de couleurs dorées. Nous le prenons comme une grâce. Nous avions peur qu’un retour sur l’Argentine ne soit qu’une revue qui mette fin à cette découverte perpétuelle qu’est devenue notre vie.

A l’inverse, nous baignons dans une sorte de béatitude, elle est belle, elle sent bon et nous sert son plat délicieux d’hospitalité.

- Quand un fruit est bon, le second peut être tout aussi exquis !-

 

Jeudi 30 avril

 

BON ANNIVERSAIRE TONTON LOLO

 

Necochea ! « Les cascades »

A l’entrée des douze kilomètres de piste, un panneau ! Il n’existait pas il y a quatre mois.

Douze kilomètres, … que s’est-il passé ici ?

Le camping, l’aire d’asado sont entièrement réaménagés, c’est tout mignon, propre et bien rangé. En face, les brousailles qui servaient de berges au bassin, et sur lesquels étaient fixés les « câbles » des portes, ont disparu. Il y a désormais un parking et une amorce de vrai bassin. Incroyable ! depuis combien de temps sommes-nous partis ?

Six nouveaux bateaux ont été construits.

 

Le premier mai est aussi férié que chez nous et pour les mêmes raisons.

Le monde du kayak argentin (parents, jeunes et autres) se retrouve et le week-end commence par un travail de fourmi : le bassin !

 C’est à la main que cette équipe de tout âge construit les épis et  les îlots, édifices de leur centre d’entraînement officiel. Les adultes, au milieu de la rivière, maintiennent les lourds sacs accueillant les pierres qui arrivent en tyrolienne, accompagnées des seaux de ciment fait par les plus jeunes.

C'est extraordinaire de se trouver au milieu de cette frénésie, nous passons des moments inoubliables.

 

Samedi 2 mai

 

BON ANNIVERSAIRE RÉMY

 

Ah non ! Il n’y a pas de voleurs en Argentine ! Il n’y en a nulle part où l’esprit des choses se met en branle pour avancer positivement.

Que me vaut cette réflexion, j’y reviens.

 

Quelle journée, nous avons passé, tant de simplicité pour tant de plaisir.

Nous étions sur une course de kayak française, il y a peut-être vingt ou trente ans. Je n’en ai jamais vécu, mais cela se laisse imaginer.

Adrian est le Henry E. argentin. Rempli de fougue et de passion, il mène comme un chef d’orchestre cet univers qui prend forme petit à petit. Ses acteurs prennent place sans place, dans ce brouhaha et cette excitation que seuls la hardiesse et le fait d’y croire peuvent faire vivre.

 

Le parcours se monte, une fiche par porte, pas toujours la bonne couleur et parfois ce n’est qu’un roseau, peu importe.

Des listes de départ griffonnées à la vite, pendant l’asado, toutes catégories confondues. La course a été décidée à midi « por la tarde », il est 14h, c’est l’heure !

Sur les 26 athlètes de la nation, il n’en manque que trois. Le traçage du parcours se fait dans un joyeux bazar. Et, pendant le déroulement de la course, quelque uns travaillent encore sur cet épi qui permettra bientôt un nouveau stop.

Sur les berges, il règne cette douce ambiance de petites courses. Les parents jugent et s’étonnent des progrès de ce dernier, ils se fascinent sans toujours tout comprendre.

Les athlètes rient en se croisant et s’encouragent. Sur l’eau, ils remontent au départ, laissant cordialement passer celui qui fait sa manche.

Les mamans ont préparé des gâteaux et le maté circule de main en main.

Les grands font tremper les petits dans la rivière ! Misère, ils se traînent ensuite, dégoulinant, dans ce bac à sable -qui sert au ciment- pour sécher plus vite… sans doute !

Cependant, tout cela n’empêche pas le plus grand sérieux et les résultats sont attendus avec impatience.

 

La journée s’achève avec la nuit, évidemment ! Il est encore temps d’aller récupérer le linge, c’est là que survient l'inconcevable.

A l’arrière du siège passager, face à cette porte qui est restée ouverte toute la journée car,… il le fallait bien, car, je me refuse à croire que nous pouvons attirer les mauvaises situations, ne pend plus que la bandoulière de notre sacoche contenant sous et carte bleue !

Je ne l’avais même pas encore perdue. C’est elle qui me manquerait le plus, s’il fallait se résoudre à la disparition de nos sociétés modernes.

Nous fouillons tout le camion, plus de sous, pas de linge et demain c’est dimanche. Et, on nous a volé.

Difficile d’imaginer cette main extérieure, et il y en avait tant venu prendre le bon air en ce week-end rallongé, qui se serait fourvoyé, sectionnant en un quart de seconde, cette pauvre bandoulière trop emmêlée ! oui, pas si dur finalement.

Je passe  nos derniers pesos avec ce bien agréable interlocuteur de la banque de France.

 

Pour le moral des troupes, nous proposons un dessins animés aux enfants. J’attrape le disque dur externe, hors d’atteinte de ces mains de destructeurs qu’ils ont parfois. La mienne farfouille et trouve quelque chose de doux et rectangulaire… la sacoche !

Léïa, LEÏA ! Dans un acte compulsif, elle a effectué des tests ciseaux au cours de l’après-midi et a caché ses méfaits pour éviter les représailles, bien senties. J’aurai fait de même. D’ailleurs, pour être honnête et comme j’ai bonne mémoire, j’ai eu fait la même !

Le problème est entier, l’opposition n’est pas réversible et si par cas c’était possible, nous n’avons plus un centime. Donc, plus de carte ! Mais, l’honneur des argentins est sauf !

Pas de voleur en Argentine, pas plus qu’ailleurs. Désolée !

Nos doutes affreux nous vaudront dix jours sans carte.

 

Lundi 3 Mai

 

Nous ramenons Luciano, un des kayakistes, à Mar del Plata. Nous avons prévu de faire une surprise à Pierre et Inès (rappel), ils ne savent pas que nous sommes de retour !

Chez eux, c’est comme chez jean et Bernadette, le sens de l’accueil : dès notre arrivée impromptue, ils cessent  toutes activités en cours pour s’installer autour de la table et partager un goûter. C’est une chose que j’admire, savoir s’offrir de cette manière en faisant abstraction totale de son état d’esprit du moment.

Ils nous gardent à dîner, les enfants sont ravis et réinvestissent les lieux comme s’ils étaient de retour à la maison.

Il est 22h, il faut que nous reprenions la route. Demain, nous devons être à Buenos Aires et il reste 400 kilomètres.

Les kilomètres et les heures défilent, je reste seule au volant. Deux heures du matin, le camion ne répond plus et vient se caler sur le bas-côté.

« Didier ! Il y a un problème. »

;Ni une, ni deux, il réagit au quart de tour et change le filtre à air ( toujours pas changé depuis le départ). Rien !

« On était sur réserve depuis longtemps ? »

« Ah ! Possible, je ne sais pas,… je …dormais !? »

 

Nous sommes donc en panne d’essence, sur l’autoroute à deux heures du matin. Didier part courageusement, son bidon à la main, … et revient penaud, une demi-heure plus tard. Trop loin, la prochaine ville.

Nous dormons là, bercés par le passage de ces lourds camions faisant trembler la carcasse de Dapigu asséché.

 

Aux aurores, Didier ( je suis assez peu efficace dans ce genre de situation, ça fait encore plus mal de l’écrire !) attrape un bus jusqu’à la première station ; et fait son retour à l’arrière d’un pick up, frigorifié ! Elle se trouvait à quinze kilomètres.

Le camion ne démarre plus qu’aux câbles depuis cinq ou six jours -pas encore eu le temps de se pencher sur le problème- Aujourd’hui est le premier jour de temps couvert que nous ayons depuis  un mois ou deux. Alors, évidemment quand il s’agit de tirer un peu sur la batterie pour réamorcer la pompe, le panneau solaire n’est pas à la hauteur. Plus aucune source d’énergie et voilà déjà deux heures que la police que nous avions interceptée nous a dit qu’elle nous envoyait de l’aide.

Moi qui ai roulé si tard pour éviter aux enfants de passer la journée dans le camion.

Heureusement, Inès nous a préparé un délicieux repas pour midi.

 

13 h30, le dépanneur est là ! tracter sur deux cents mètres, Dapigu repart mais à une allure réduite. La mise en place du filtre à air de nuit et sans lumière à entraîner une bousculade au niveau de l’alimentation du turbo. Les fils peinent à se raccorder depuis que nous l’avons, il leur faudrait une bonne soudure ! C’est à 70 Km/h que nous arrivons au CENADE, centre national du sport.

Il n’y a qu’une personne qui est au courant de notre arrivée et elle n’est pas là. On nous fait entrer.

La pelouse rase où se côtoient, pins, terrains de foot, de volley, piscine olympique, asado,… est une aire de jeux extraordinaires pour les enfants.

Les bâtiments, à l’image de l’Argentine, sont un peu délabrés, mais en cours de réhabilitation. Il y a un vaste « comedor » pouvant accueillir deux cents têtes, au bas mot. Des dortoirs, des sanitaires et même Internet.

C’est particulier meis nous devrions finir par nous y plaire et nous sentir un peu comme à la maison.

Nous vivrons dans le camion et lorsque l’hôtel du centre aura des chambres disponibles, nous pourrons en disposer.

Nous installons le 220 v au camion et disposons d’une cuisine, c’est parfait !

Les moustiques font partis du contrat et se réjouissent de trouver là, des peaux étrangères n’ayant pas encore le réflexe de se « carapacer » sous ces produits tous aussi toxiques les uns que les autres. Ils sont discrets mais virulents, nous nous retrouvons vite cloqués comme des brûlés et adoptons, malgré nous, la « bombe Off ! », patrimoine national !

 

Mercredi 5 mai

BON ANNIVERSAIRE TITOUAN

Nous prenons nos marque, Didier celle du bassin d'entraînement: la piscine!

Nous allons jouer aux gitans durant les huit prochains mois en commençant par observer les habitudes du centre.

Hier ils nous ont invités à manger et nous avons partager notre premier repas avec une cinquantaine de collégiens arrivés là à 20 h30 et une équipe de volley. Aujourd'hui, c'est toute la population du troisième âge qui se retrouve pour une après-midi de bridge et de danse effrénée sur le dos de ce brave Charles Aznavour!

Les filles font du kayak, l'école reprend un déroulement très officiel, assises à une vraie table sur des vraies chaises et avec une vraie motivation. Une vie comme une autre, pleine de tranquilité et de sérénité. Dapigu est au coeur de notre attention et chaque jour lui vaut une réparation, un nettoyage approfondit de la cuisine ou bien du canapé ou encore du garage...

 

Et le soleil est toujours là même si la fraîcheur de cet automne avancé nous amène à nous lover plus tôt dans nos lits douillets.

 

 

 

 

Fragments de vie au C.E.N.A.R et dans le Monte Grande

 

6 heures 30. Nous ne commençons pas nos journées si tôt, évidemment. C’est l’heure où notre ration de pain de la journée nous est livrée. Elle nous attend dans la cahute du gardien jusque vers neuf heures, parfois dix …

Roméro assure son gardiennage toute la semaine, le volume du poste de radio réglé à son maximum, une chaise de plastique blanc pour une table en bois, il est très sympathique. Et, laisse croire à ses deux braves bêtes qu’elles sont de vrais chiens de combat. Leur peur les tient en vie ou les fera mourir, nous ne savons pas trop. Toujours est-il qu’elles ont fini par nous adopter. Pas question de se mettre à courir à leur hauteur cependant, prises de panique, elles pourraient nous attraper les mollets.

Il n’y a qu’Emilie qui ne risque vraiment rien, elle devait être chien dans une autre vie ou en tout cas, en parler le langage.

Nous émergeons enfin sur cette matinée bien avancée !

Kaéna a définitivement (ou presque) vaincue sa dépendance – au lait de maman- en travaillant son mental : puissante la petite dernière ! Les nuits ne sont pas pour autant devenues sources de sommeil réparateur. Elles restent ponctuées par d’innombrables réveils en faveur de l’un ou l’autre : couverture, moustiques, chauffage, pipi, chute, cauchemar… des nuits de parents, en somme … sans sommeil!

Bref, comme nous pouvons profiter, nous profitons ! A partir de 10 h30 Didier enchaîne les séances sur le bord de la piscine, emmitouflé dans son poncho et sous son bonnet, tenant son chrono à la main.

Les athlètes se relaient au cours de la semaine, jonglant avec les cours tenus au lycée pour certains, à la faculté pour les autres.

Durant les trois premiers jours, ils s’acharnent à monter un parcours.

Au troisième jour, un des poteaux centraux se rompt et tout le travail coule avec les câbles supportant les fiches des portes.

Les joueurs de kayak polo se plaindront, il faudra tout démonter !

Schéma classique et international de l’inter discipline.

Océane pratique intensément et détient désormais une licence afin de faire sa première course de kayak, quand Émilie et Léïa se sont mises à l’escalade… de tous les arbres du parc.

Chogan et Kaéna passent de grands moments dans cet immense bac à sable qu’est le terrain de beach volley. Et, nous faisons la classe selon l’humeur et le temps dans le camion, dehors ou dans l’une des grandes salles aux mobiliers vieillots et délabrés.

J’ai entrepris d’user mes tennis et me suis mise à la course à pied, histoire de fuir une heure de temps, ces mangeurs d’énergie. 24h /24, même Didier en a perdu une partie de sa légendaire patience ! Ils sont pourtant bien gentils, je n’ose pas imaginer si nous en avions des fournis avec cris, disputes et impatience, je les aurais clairement remballé et renvoyé au fournisseur.

 

Quand le soir tombe, avec sa nuit d’hiver en route, emportant la chaleur accumulée derrière les vitres de Dapigu, nous nous blottissons bien souvent pour la pause devenue presque officielle et journalière, depuis que nous détenons le 220v : le dessin animé sur l’écran de Macky ! Merci tatie Julie pour les 70 bonheurs réunis sur le disque dur externe. Maman a trouvé là une source de repos inépuisable.

J’avais oublié, comme cette fabuleuse invention humaine tant critiqué peut avoir comme effet radicale sur les enfants ; calme instantané, plus un bruit ! Moment de repos cérébral !

Wahou ! Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt. Depuis le début du voyage, ils n’avaient eu droit qu’à trois dessins-animés sur le lecteur dvd portable offert par les copains et seulement pendant les très longs trajets : nous sommes des parents durs !

Et, vous l’aurez bien compris, dans une période, où l’on se demande si cela valait vraiment la peine de faire tant d’enfants !

«  Claro que si ! »

Bref, le froid s’est emparé de nos latitudes, Adrian et les athlètes nous ont offert un chauffage électrique, quelle idée de génie et quel luxe !

Le très gentil directeur du centre nous avait proposé une chambre d’hôtel dont nous pourrions disposer dès lors qu’elle ne fut pas utilisée.

Pourtant, bien que nous puissions éveiller la pitié, Dapigu reste notre maison et nous ne nous résolvons pas à le laisser pour un confort qui somme toute… reste moindre !

Nous utilisons quand même la cuisine de la cantine pour l’eau chaude et l’espace légèrement plus grand,…

A l’heure de la toilette, nous passons comme dans tout bon centre de sport, à la douche collective, les canalisations souvent bouchées, nous avons une piscine à 39°c. Cela n’empêche pas que les lieux soient parfaitement propres. Ophélia y fait le ménage, pas loin, de 5 fois par jour. D’une extrême gentillesse, elle aussi, elle est pleine d’attention pour les enfants et pour moi. Elle se propose de nous laver le linge dans sa machine pour nous éviter d’aller à la laverie, en ville. Elle deviendra notre lavandière.

Lorsque nous manquons de nourriture, ce qui est de plus en plus rare, car nous sommes très régulièrement invité à manger au centre avec les différents groupes qui défilent nous allons nous ravitailler dans la ville de Monte grande, à quinze kilomètres.

Là, se côtoient, Falcon, tonus, mustang, pick-up des années 50 au calandres démesurées et tant d’autres merveilles.

Ces vieilles racées sont toisées par les nouvelles carrosseries rutilantes d’une banalité attristante.

 Elles ont pourtant la grande classe ! Nous aurions presque envie de nous asseoir à leurs côtés sur le bord du trottoir pour tailler une bavette sur ce bon vieux temps qu’elles ont connues et connaître les histoires de leurs dessous de capot.

Les multiples ruelles à sens uniques –comme dans toutes les villes du pays- qui leur offre l’asile, nous font faire des dizaines de kilomètres supplémentaires à chaque passage : « contramano, ok, un cuadra de mas, y todavia, y todavia,… a la derecha… y donde somos ? » Heureusement, l’essence est toujours bon marché, l’euro a grimpé, ou le peso a chuté. Un euro vaut désormais 5 pesos. Nous sommes encore plus riches et en profitons pour dévaliser le magasin Nitces de kayak au très bon matériel à des prix très intéressants. Les enfants sont équipés et … moi aussi, je me mets à faire du sport, la sédentarisation a du bon.

 

En parlant de sport, cette fin de semaine aura lieu la première coupe Argentine de la saison, à Necochea.

 12 mai, BON ANNIVERSAIRE MAMIE POEY---------19 mai, BON ANNIVERSAIRE MATHIAS!

Une semaine de course…

 

La première coupe d’Argentine de la saison

 

 Préparation, ou plutôt dirai-je, fabrication des portes officielles : Les argentins, nous l’avons déjà dit, sont les rois de la bricole. Tant, qu’ils en oublient qu’il existe autre chose que le provisoire.

Achat massif de tuyau de canalisation blanc, baguette d’aluminium, peinture verte et rouge, attaches, cordes, petite scie à métaux, c’est partit pour les portes. Papier adhésif noir, plaquettes en bois, ce sera pour les plaquettes des juges.

 

La mise en place du parcours sera le plus folklorique.

À notre arrivée, les câbles qui devaient être tirés ne le sont pas et ne le seront pas, trop cher !

Après deux jours de batailles et d’espoirs, les câbles se transforment en liens en plastiques mis en tensions avec des branches trouvées ça et là… il faut sécurisé les alentours. Si quelqu’un touche quelque chose le jour de la course, toute la piste tombe à l’eau, c’est le cas de le dire.

De galères en situations burlesques, de réunions interminables en journées de montage d’un bassin branlant, le jour J arrive et tout va bien.

 

Nous sommes arrivés mercredi soir, après être passés par Mar del Plata pour déposer Émilie, qui voulait rester dormir chez son papi et sa mamie de cœur.

Combien seront ceux qui penseront que nous sommes absolument inconscient de laisser notre enfant chez des gens que nous connaissons à peine et comme nous sommes heureux d’être de ceux qui ont encore le privilège de se rendre compte que la matrice humaine fonctionne.

Impossible que nous nous soyons trompés avec Pierre et Inès. S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est que le cœur ne se trompe jamais, il existe un fil invisible qui garde connecté cette humanité qui avance comme elle peut dans le bon sens.

Et, pourtant, au bout de deux jours, nous nous sommes dit : « nous n’aurions jamais dû, nous n’avions pas le droit ! » ne sachant plus où était le raisonnable et le déraisonnable. Tout cela est tellement normal, des doutes ? Mais quels doutes ?

… La nuit passe et les questions, évidemment, s’envolent.

Samedi, Océane fait sa première course de kayak, elle arrive deuxième, grandement soutenue par les autres, elle est un peu la mascotte. Première course, premier interview par les collégiens qui ont un projet journalistique à mettre en œuvre.

 Pierre, Inès et Emilie arrivent en fin d’après-midi. Emilie est ravie, couverte de cadeaux, de nouveaux habits et d’affection, elle a passé quatre jours extraordinaires. Pierre et Inès aussi, nous fêtons ça avec un grand goûter.

Papi et mamie dormiront à l’hôtel, nous sur les berges du rio avec la troupe d’Aluminé que nous avons tant de plaisir à retrouver.

Les « chicos » nous livrent leurs histoires d’enfants du pays en guitare et chansons autour d’un bon gros feu de bois, l’émotion est à son comble.

Dimanche, Océane et tous les autres font leur finale. A peine arrivée, mamie Inès, qui jusqu’à hier ne connaissait pas la discipline, se précipite en avant première pour obtenir les résultats, Océane terminera troisième, sur sept.

 Pour une première, c’est presque prometteur.

Nous passons une journée divine dans ce monde parfait avec cette grande famille d’adoption mutuelle…. Tout simplement… indescriptible, car inconcevable.

 

 

l'âme en paix, l'esprit libre, le coeur joyeux sur les routes du monde....en avant pour l'école de la vie...

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