....TOUR DU MONDE 2008 / 2010 A la rencontre d'une page de notre histoire....

juillet-août 2009

La notoriété de la grippe A, le froid, le manque de financement pour les championnats d'Amérique, nous font modifier notre routine... Vamos al Brasil! Foz do Iguazù!

 

Jeudi

 

Nous prenons la route avec Sol et Luz, l’aventure continue et pourtant elle a une saveur ordinaire, étrange ! Nous n’arrivons même plus à nous rendre compte que notre quotidien n’est pas si banal. Bref, une pause chez Adrian pour récupérer les clés de son campo, ce qui nous permettra de couper la route. Mine de rien nous sommes à 1500 kilomètres de Itaïpu, le plus grand centre hydroélectrique du monde qui abrite également un bassin artificiel de canoë-kayak.

Nous arrivons tard, la maison est froide et est pourtant très chaleureuse. Nous nous hâtons de la rendre vivable avec un bon feu de bois, Didier faisant le bûcheron et nous préparant le repas, les enfants jouant sur le sol poussiéreux, on y est, à la petite maison dans la prairie.

 

 

Vendredi

 

Adrian nous rejoint avec Sebastian et Chiapo, son neveu. La nuit prend une couleur festive et s’étire en musique et en rire jusqu’à quatre heures. Que de bons souvenirs s’installent confortablement dans nos mémoires. Nous échangeons nos pipes, celle de « papi de Navailles » restera dans les murs du campo jusqu’à que nous repassions par là dans quelques années et celle d’Adrian embarque dans le camion pour quelques déroutes au pire et engranger des souvenirs au mieux.

 

Samedi

 

Avant de reprendre la route, nous passons chez les voisins. C’était la dernière heure d’une de leurs vaches hier, triste sort et grand banquet, quelle terrible composition !

 Une vie de ferme, le coq est superbe, les cochons sont gras à s’en trouver mal, les vaches terrorisées – tu m’étonnes-, les chiens affectueux et le chat ronronnant,… Mais nous ne sommes pas prêt pour la transformation de cet être vivant en étal de viande hachée, tranchée, triée… Seulement bons à la manger. Encore plus triste !

Il est temps de s’atteler à  ce que nous savons faire de mieux : enfiler des kilomètres. Jusqu’à quatre heure, nous tenons le bon rythme.

 

Dimanche 12 juillet

 

Nous aurions voulu nous faire une sortie « Chutes Argentines » avant de passer au Brésil, mais nous y sommes trop tard. Tant pis, au retour.

Le passage de frontière se fait sans problème. S’il en est un, c’est le changement de langue, nous passons à un mauvais espagnol à la tonalité allemande, on appelle ça du portugais. Nous allons nous y faire. En attendant, nous rencontrons un bus de français et perdons nos mots, Didier est « entraînateur » de kayak ! Le retour sera difficile !

À la frontière, les douaniers sont masqués, la grippe A a volé l’affiche de la fièvre jaune, le film se vend à grand renfort de publicité !!!

 

Brésil nous voilà ! Nous ne jouons pas aux grands aventuriers, l’hôtel nous attend, nous accueille, nous héberge, Dapigu est en sécurité. Nous allons passer là trois semaines.

 

Lundi

 

Au petit matin, il nous faut faire des accréditations. L’accès au site Itaïpu est hautement sécurisé.

Photos, passeports, fichiers, ça ne rigole pas. Une fois que tout cela est fait en ayant pris une bonne partie de la matinée qui s’en trouve devenir après-midi, on nous apprend qu’il est possible que les enfants n’est pas accès au site.

Cela ne va pas me plaire !

Impossible également de naviguer aujourd’hui, les bateaux doivent subir une désinfection.

Bien, nous allons donc profiter de l’après-midi quelque peu assombris par de lourds nuages gris pour se faire une sortie « Chutes brésiliennes »

Nettement plus accessibles financièrement que par le côté de nos compatriotes (oui, sur nos accréditations nous sommes argentins, ça le fait ! d’où l’intérêt du passeport !)

Nous avions souvent entendu parler des chutes comme de tant d’autres choses. Nous avions fait une croix sur le côté spectaculaire. C’est ainsi ! il est très difficile d’apprécier quelque chose préalablement décrit par une autre personne. Nos représentations sont toujours différentes de la réalité et la déception est souvent le clou du spectacle.

Il fait gris, il fait frais et l’air est humide. Un bus nous mène aux chutes,nous sommes les premiers à monter, places à l’étage au premier rang. Il s’engouffre dans cette végétation luxuriante, cela dure quelques mètres, la route s’élargit, la magie s’éloigne…Impossible de perdre notre regard dans la forêt, bien trop dense, notre vision se fait remballer au premier plan déjà d’une richesse incroyable.

Au troisième arrêt, nous descendons et s’engageons sur les sentiers balisés notifiant la masse humaine qui peut se trouver là. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, quelle chance !

 

Elles sont là, elles sont immenses, le temps maussade leur donne une dimension grave et mystérieuse. Les eaux marronnâtes, la puissance avec lesquelles elles se présentent au sommet, la bruine, le bruit sourd lorsqu’elles s’écrasent des centaines de mètres plus bas,… Le monde s’est effondré en ce lieu, aspiré par les profondeurs de la Terre. Les pluies et les rivières  comblent le gouffre et il déborde avec fureur.

Si ce n’est ça, ça y ressemble !

Fantastique et contents de les avoir vue.

 

 

 

 

Retour à l’hôtel, un mail, c’est maintenant sûr, il nous sera interdit d’accéder au bassin pour des raisons de sécurité ! Pour des enfants qui passent leur vie au bord de l’eau, la nouvelle est un peu dure.

 

Mardi, mercredi, nous passons nos journées à l’hôtel, pendant que Didier, Sol et luz les passent au bassin. L’eau vive après six mois d’entraînement en piscine, dur pour les filles, dur pour les bateaux et les pagaies…

Le reste de l’équipe nous rejoint ce soir, la pluie avec. Il pleuvra 18 heures d’affilées sans interruption d’une lourde pluie décourageant notre hublot qui laissera céder ses joints, et notre lit s’en trouver… flottant.

Nous sommes dans l’obligation de prendre une habitation. Ce sont de petites maisons de bois absolument charmantes, d’une grande propreté, respirant l’humidité, histoire de se croire en forêt tropicale. Tout notre matériel électrique au 220 v fonctionne sur le 110 v, parfait ! Le chauffage se met au travail deux jours durant pour éviter aux mousses de notre lit de terminer en bouillon de culture!

 

Au niveau du kayak et de l’organisation, il semble que les brésiliens -bien que les moyens matériels soient plus important - soient aussi efficace que les argentins. Je n’entrerai pas dans les détails car je ne suis pas sur le bassin pour vivre ces moments. Cependant, Adrian et Didier rentrent bien souvent dépités. Histoires d’argent, n’importe où dans le monde, elles s’écrivent avec la même mesquinerie et les mêmes revers.

Dapigu obtient une accréditation en milieu de deuxième semaine, toujours pas d’autorisation pour les enfants. Excepté Océane, qui, plus de huit ans, est autorisée à rentrer, d’autant qu’elle va courir pour l’Argentine. Le comble ? c’est qu’ils ont perdu sa photo au centre d’accréditation. Elle a donc un passe avec la photo de … Kaéna et le prénom de Kaéna !

 

Lundi 20

 

Les athlètes nous quittent pour aller s’installer dans le gymnase d’une école. La fédération brésilienne leur offrent le gîte et le couvert pour une semaine. Il n’y a juste pas assez de matelas. Dapigu se déleste volontiers – rassurez-vous, ils ont eu le temps de sécher !-

Il devient également « véhicule officiel de l’équipe argentine »  et nous nous retrouvons facilement et régulièrement à 16 ou 18 pour lui tasser les amortisseurs. Que de bons moments :  « les argentins tous unis dans leur développement du canoë-kayak!!! »

Les enfants et moi profitons de nos journées pour participer à celui du tourisme, le parc des oiseaux, magnifique, le zoo tristement gratuit, la réserve biologique pathétique, le temple boudhiste…drôle de place, la centrale hydroélectrique … quand la machine humaine se met en route ! Il ne nous manque plus que l’écomusée, mais demain, vendredi, nous serons autorisés au bassin, alors fini les balades et la discrimination ! Pour la course, les enfants ont le droit d’entrer ! On se noie moins facilement les grands jours !!!

Après les entraînements, nous nous retrouvons tous ensemble à l’école pour manger.

 

Normalement, Didier et quatre athlètes devraient s’envoler lundi pour le Canada et participer au championnat d’Amérique le 1° et 2 août, mais au jour d’aujourd’hui, ils n’ont toujours pas de nouvelles sur les financements…Argentine, Argentine…

 

Samedi 25 juillet 2009

 

Coupe d’Amérique du sud.

Nous avons toutes nos accréditations, nous sommes bien sages et je reste du côté visiteurs avec les enfants.

Le vigil passera sa matinée à me faire des remontrances pour les enfants qui sont assis trop près du bassin… quelle misère.

En fin d’après –midi, la dernière compétitrice argentine fait sa course, bruyamment soutenue par toute son équipe, ainsi que celle du Brésil et Hector du Vénézuela. Océane affronte sa première eau-vive toute seule, nous sommes certains qu’elle va nager, mais non, elle arrive sereinement en bas. La plus jeune, la seule fille, elle gagne une médaille d’or bien méritée.

 

Dimanche, je passe du « côté interdit » en tant que photographe officiel d’Argentine. Un autre monde ! Les enfants font partie du paysage, comme toujours ils bénéficient des attentions de tout le monde, c’est fantastique. Nous passons une journée gorgée d’émotion, et Didier, acclamé à la cérémonie de fermeture par les trois pays présents, en aura du mal à la contenir.

Incroyable, les enfants ne se rendent pas compte de ce qu’ils se passent, ils baignent simplement dans une quiétude absolue. Difficile d’imaginer que le monde puisse être dangereux…

 

L’Argentine fête ses médailles à la pizzéria.

 

Lundi 27 juillet

 

Dernier jour à Foz do Iguazù. Il était prévu d’y passer une semaine de plus avec ceux qui ne partaient pas au Canada, mais personne n’y part ce qui signifie qu’il n’y a pas non plus de financement pour une semaine supplémentaire de stage.

Aujourd’hui j’entre avec les enfants sur le site et l’on ne nous demande même pas les accréditations ???

 

Nous chargeons les huit bateaux entre la voiture d’Adrian et le camion ainsi que les cinq athlètes de Buenos Aires qui rentrent avec nous. Les autres sont partis en bus, 20 heures pour ceux de Necochea, 28 pour ceux d’Aluminé et San Martin…

 

Passage de frontière, les passeports des enfants sont contrôlés minutieusement -pour le cas où nous les aurions volé-

Deux heures du matin, Dapigu s’étouffe, le filtre à air depuis le tableau de bord nous envoie des signaux lumineux désespérés. Bien, nous allons dormir !

 

Mardi 28 juillet

 

BON ANNIVERSAIRE NOÉMIE

 

Au réveil, Didier s’occupe du filtre, il est effectivement devenu un cimetière surpeuplé. Papillons, guêpes et tant d’autres bichos s’y sont donnés la mort, pobres.

Tout devrait rentrer dans l’ordre. Les premiers kilomètres nous font bien comprendre qu’il n’en sera rien, enfin pas tout de suite. O.K, garage ? Il n’y a rien dans les environs ! Ah, si, un baraquement poisseux, là bas, au croisement, caché derrière un amoncellement de véhicules.

 Le filtre à air est dans un sale état, mais, il ne peut pas être changé… il n’y en a pas ici ! Ah tiens ?

Le sympathique garagiste nous le nettoie comme il peut promettant qu’il pourra tenir jusqu’à Buenos Aires.

Dapigu s’efforce de nous faire croire qu’il va bien, il ne parvient pourtant pas à dissimuler son manque d’air évident.

Petite vérification sur le bas-côté, c’est bien ça ! il faut que l’on change le filtre à air mais ce qui fait défaut, là tout de suite, c’est encore cette fichue cosse. Le mécanicien a dû la bousculer et elle est très susceptible. Ouf, sauvé, un peu de bricolage et nous voilà de nouveau  en piste jusqu’au Campo pour une pause de trois jours.

 

Sol et Luz sont toujours avec nous, nous ne les citons plus, elles font partie intégrante de la tribu maintenant.

Mercredi après-midi, Adrian nous appelle. Il vient d’apprendre qu’un billet pour le Canada, pour UN athlète homme en canoë ou une fille de moins de 23 ans est offert dans le cadre de l’aide au développement. La course a lieu samedi, les moins de 21 ans n’ont pas le droit de quitter le pays sans un adulte responsable, le seul C1 c’est Seba qui a 16 ans et les filles n’ont pas encore 20 ans. ??? Impossible d’y envoyer qui que ce soit… et on le leur reproche. Il y aurait presque de quoi baisser les bras.

 Adrian et Carolina nous rejoignent jeudi et Océane rentrera avec eux vendredi après-midi.

Nous retrouvons le CENADE vendredi soir, demain l’entraînement reprend. Il faut préparer les mondiaux de la Séu d’Urgell, qui sait !

Ils gardent tous le moral et sont prêts à se payer le voyage, même Didier songe à se le payer… L’Argentine y croit et cela fait du bien !

 

SAMEDI 1 AOUT

 

BON ANNIVERSAIRE JEANNE ! BON ANNIVERSAIRE KAÉNA !

 

Une grande journée s’annonce ! Chogan vole cependant très rapidement la vedette à sa sœur en faisant un salto avant pour descendre du camion, réception sur bras tendu, le final est sans appel : hôpital, fracture de la tête de l’humérus ! Misère !

Le plâtre est en artisanat basique manquant de matériel, l’ordonance sur un quart de feuille A4 recyclé, nous rentrons perplexe ! Si le bras de Chogan tourne avant la fin de la semaine, il faudra opérer. Il nous reste une semaine ! Nous ne savons pas trop ce qu’il en est de notre sécurité sociale à l’étranger. Il est des points sur lesquels nous avions préféré ne pas trop nous pencher avant de partir pour garder le moral. Nous verrons bien, pour l’instant le bras est dans le plâtre et tout va bien, il est l’heure de faire le gâteau au yaourth des deux ans de madame princesse-sur-le-point-de-laisser-papa-et-maman-dormir-toute-la-nuit.

Nous soufflons les bougies avec Sol, Luz, le gardien Juan Carlos, Pepo, Juan, Christian et …, quatre jeunes qui passent la nuit au centre. Plus on est de fous, plus on a chaud. Tout ce monde bien sympathique s’engouffre dans le camion et nous passons une soirée bien agréable.

 MARDI 4 AOÛT

 

BON ANNIVERSAIRE MAËL !!!

 

Depuis quelques jours, nous avons l’impression d’être piégé. Piégés par le froid, nous faisons tout en courant pour tenter de percer sa résistance, aller à la douche, aux toilettes, à la vaisselle,… Piégés par notre propre histoire, piégés dans nos options sur les derniers mois de notre voyage…

Comme toujours pourtant, les choses compliquées qui pourraient se greffer sur nos péripéties, nous sont épargnées. Le bras de Chogan, notamment, qui ne nécessite pas d’intervention. Dapigu, dont les soins sont finalement accessibles, bien qu’il faille encore faire venir les pièces de France . Autant de mécaniciens rencontrés, autant de moments agréables ou drôles passés.

Pourtant, il est parfois difficile d’assumer la situation que nous nous sommes créés. Nous n’avions pas imaginé cette vie sédentaire en camion. Barouder à sept, Dapigu est parfait. Une maison pour l’hiver? Il s’applique à ce rôle, mais ce n’est pas le sien.

 

Presque négatif, nous direz-vous ? presque, répondrions-nous.

 

Les choses vont cependant s’accélérer. Didier part en Europe, à la Seu D’Urgell pour les championnats du monde de Kayak le 31 août pour 15 jours.

Avec les enfants, j’irai voir les baleines en Patagonie. Et puis, mamie viendra en octobre et nous irons à Aluminé pour un mois de stage kayak, autre lieu, autre ambiance.

Ce CENADE devient pesant. Voilà un lieu où nous vivons et qui fait partie des rares où nous ne nous sentons pas chez nous.

En novembre, Didier ira en Colombie, nous croiserons sans doute également, Sandrine L.

Puis, nous repartirons dans les Andes pour quinze jours. Notre retour sur Buenos Aires sera pour accueillir Stef, Andréa et Vincent venant passer quinze jours avec nous.

 

Ensuite 2010 rimera avec Liberté ! A nous le Brésil, la traversée de L’Amazonie, la route qui se déroule…

 

Samedi 8 août

 

Deux jours moroses à ne pas oser se poser de questions, mais à envier que ces moments passés sur Internet avec la famille ne soient enfin plus virtuels.

Et puis, nous nous reprenons ! Nous savons bien que l’histoire s’écrit pour nous et que nous ne faisons que la recopier . Notre place, aujourd’hui, dans le grand univers, est ici. Nous serons bien à temps de reprendre la route. Pas question de perdre une miette de ce qu'il nous est donner de vivre, ne l’oublions pas ! c’est l’une de nos devises.

Alors le CENADE reprend son rôle d’hébergeur,  évidemment que ce n’est pas chez nous.

 Le froid n’est pas si terrible et courir est bon pour la santé.

Didier éprouve sûrement pour la première fois le sentiment qu’un travail c’est, dans l’absolu, l’accomplissement de soi apportant fierté, reconnaissance, avancement et plaisir.

Les enfants grandissement entourés de gens volontaires, solidaires et de bonnes âmes, c’est ce dont nous rêvions.

Et moi, j’ai le temps de les regarder vivre, le temps de regarder Didier heureux, le temps de prendre conscience de tout ça, même si jamais cela ne quitte mon esprit.

 

Nous avons officiellement trouvé une route qui nous emmènera jusqu’au Vénézuela, nos ailes s’agitent, elles ne resteront pas endormies, c’est sûr !

 LUNDI 10 AOÛT

 

BON ANNIVERSAIRE TATIE MARIE !

 

MARDI 11 AOÛT

 

Nous terminons la remise en état de Dapigu, deux pneus neufs qui seront installés…plus tard. Il a subi une révision complète et hormis son filtre à air, il va très bien.

Parfait ! Nous prenons la route pour Necochea.

150 kilomètres, BAOUM ! « Qu’est ce que c’est que ça ? » « une roue ! »

Bien, nous sentions bien que nous étions sur la fin !!!

C’est une roue intérieure du train arrière, cela limite les dégâts. Quoique, la garniture piégée en a profité pour arracher les câbles électriques des feux arrières et faire sauter une valve du circuit de liquide de frein.

Didier remonte tout ça avec les cosses du poste radio et un peu de scotch.

Les pneus neufs sont restés chez Adrian, la roue de secours est à quelque chose près dans le même état que celle qui vient d’exploser, espérons qu’elle tiendra le coup jusqu’à samedi, jour où Adrian nous rejoint.

Océane et Léïa restent chez papi Pierre et mamie Inès à Mar del Plata, nous passerons sur le retour puisque de toutes manières –comme à l’allée- nous ramènerons Matias, Luciano et leurs bateaux. Ils s’en occupent à merveille, les balade, rachètent des chaussures, jouent à la bataille naval, aux derniers jeux sur internet,… Un « papi et mamie » d’album pour enfant.

Je ne me lasse pas d’être subjuguée par cette histoire.

 

Nécochéa

C’est le dernier week-end de stage avant le départ pour les championnats du monde. Ils partent à la fin du mois, mais il n’y a toujours pas de financement, tous ne peuvent pas se payer le billet. Aussi, c’est un bazar incroyable, impossible d’organiser ni le départ, ni l’hébergement une fois là-bas… faut être argentin pour croire que c’est normal.

 

Bref, j’ignore le problème, c’est plus simple, ils s’épuisent à trouver des solutions alors qu’il n’y en pas.

 

Chogan se sort le plâtre, il est si bien fait ! on ne sait toujours pas vraiment ce qu’il en est de son bras. Nous devions prendre rendez-vous par téléphone il y a une semaine.

Les heures d’appel sont de neuf heures à onze heures, évidemment ce fut une semaine de peine perdue…

Nous finirons par y aller au culot trois semaines plus tard. Tout va bien, nous pourrons lui ôter dans une semaine.

Je me suis souvent demandée ce que coûterait un plâtre à l’étranger avant de partir. Et bien, en Argentine, cela ne coûte rien, seulement un peu de temps, quand une visite chez le dentiste, pour une carie, s’offre à  20 euros.

 

Lundi 25 août

 

C’est un grand jour, les billets d’avion sont enfin réservés ! L’équipe s’envolera samedi 29, mais peut-être pas tous ensemble.

 

Mardi 26 août

 

BON ANNIVERSAIRE MATHILDE

 

Le financement pour le déplacement aux championnats est débloqué en milieu d’après-midi, c’est incroyable !

 

Mercredi 27 août

 

BON ANNIVERSAIRE ZIA


Il fait une chaleur incroyable depuis trois jours, pas moins de vingt huit degrés, escortés par une armée de moustiques affamés !!! Nous en souffrions presque, mais c’est certainement pour que les organismes des athlètes s’adaptent à l’été européen. Que le grand tout pense à tout !

 

Samedi 29 août

 

C’est le grand départ pour les kayakistes et pour nous.

Tout le monde se retrouve entre Dapigu et son compagnon d’emplacement (l’élu d’Eric et Manu qui n’a pas de nom, tiens d’ailleurs ?)

On fait ses sacs, on les refait, on résine les bateaux à 4 heures de l’après-midi, avant de les enfiler dans des sacs plastiques, … ils seront bien secs en arrivant !? On mange, on « organise », on se hâte et on se retrouve à l’aéroport… on fait les sacs, on refait les sacs, on re-scotch les bateaux, c’est un drôle de méli-mélo.

Et puis, la file diminue, nous leur laissons faire les derniers mètres sans nous, j’ai aimé l’idée de me retrouver seule avec les enfants et là,… je n’avais pas lu la dernière page, celle qui commence par  « Mais,… »

Plus vite nous serons sur la route, plus vite tout cela s’envolera !

Il est 19 h 15 et nous serons vers 1h à San Clémen, car demain nous nous offrons une sortie au « mondo marino », spectacle d’orques et de dauphins, ratés la semaine dernière.

 

Et puis, sur un feu rouge nous manquons d’emboutir la voiture qui nous devance, je n’ai plus de frein, la pédale pourrait me servir d’appui pour me hisser de 20 centimètres.

« M… ! » Il est 20 h, demain sera dimanche, je ne trouverai pas de garage, le plus raisonnable est de retourner au CENADE. Cela nous prend un certain temps.

Nous arrivons au moment où passe l’avion de papa, maigre consolation.

 

Il fait une chaleur de dingue, on transpire, on se lamente sur notre triste sort. et l’impression que notre liberté s’échappe avec la pauvre brise, qui fait ce qu’elle peut pour nous rafraîchir, nous envahit jusqu’à pénétrer nos songes.

Dimanche est une journée sous un soleil à migraine, nous sommes seuls, on lit, on traîne, on fait du macramé et de bonnes salades fraîches.

 

BON ANNIVERSAIRE ANAÏS ET ROMANE.

 

C’est l’été tant attendu et trop précipité, les insectes perturbés ne savent plus où donner de la tête et celle de Chogan ressemble à un champ de mines. Les fourmis le dévorent par les pieds, il passe et repasse en hurlant et terminant chaque fois par un « je veux me moucher !» qui me ferait presque rire.

 

Et puis, l’orage violent mais salvateur vient rafraîchir l’air pour la nuit, il essorera ses écueils jusqu’au verdict sur Dapigu à 14 heures.

 

BON ANNIVERSAIRE ANDRÉA !!!

 

Après avoir jouer les matinaux pour se balader de garage en garage et finir par tomber sur une équipe adorable à 25 kilomètres de chez nous.

 Après avoir passé trois heures dans le camion à attendre et regarder les chirurgiens mécaniques démonter et  remonter notre cher et tendre. Nous sommes assurés que nos « vacances » sont perdues, adieu baleines franches, il y a peu de chance que nous vous croisions un jour.

Le « dépresor » est mort, hormis le fait qu’ici il coûterait dans les six cents dollars, il est inexistant et il faut le faire importer de France ou d’Allemagne, ce qui prendra au mieux douze jours.

Je suis dépitée ! Pourquoi les connexions se font de cette manière, quelle est la raison d’un tel changement de programme. Je rêve de ce vent de liberté depuis plus de six mois et bien plus depuis que je vis le CENADE comme un enfermement.

Mercedes m’offre leur temps et leur prise de tête, ils ont trouvé que les enfants avaient assez payé de leur sagesse. Je leur en suis bien reconnaissante, mais le retour au CENADE est amer.

À part, la petite boutique hors de prix où l’on trouve du légume et de la viande fraîchement avariés, rien n’est à moins de 15 kilomètres sur une route bardée de feux rouges et de dos d’ânes, un enfer déjà avec des freins opérationnels ! Je profile bien les quinze jours à venir.

Le sol est détrempé, Dapigu s’embourbe pour reprendre sa place,… tant pis, qu’il reste là, après tout, il n’est bon à rien sur la route et le sol va finir par sécher.

Les enfants sont au moins aussi déçus que moi, mais ils sont plus réactifs et reprennent aussitôt leurs jeux et occupations dans cet univers qui a au moins l’avantage qu’ils y sont en sécurité.

On m’a coupé les ailes, j’aurai presque du mal à m’en remettre.

Celles de Didier et du reste de l’équipe ont mis vingt huit heures à les mener à bon port.

Le sac de Didier, contenant toutes les pagaies de canoë a été égaré à Madrid. Ils finissent par le récupérer trois jours plus tard. C’était histoire, que, fatigués, ils ne récupèrent pas tout de suite.

 

Mardi 1° septembre

 

C’est la rentrée ! Pour nous du moins !

Nous nous étions offert un mois de vacances. Le froid, le manque d’énergie et un programme bouclé avaient eu raison de notre assiduité.

Elle se fait avec deux nouveaux élèves, bien plus enthousiastes que les trois autres :

Chogan et Kaéna qui ont, tous les deux, un grand cahier tout neuf et sont attablés dès le réveil réclamant l’école à la place du biberon ! On est bien parti !

 

Santiago, un des professeurs de sport du centre, souvent de garde, chouchoute la troupe avec des friandises, des laits chocolatés, des « matés cocidos » et des dessins animés.

Suzanna, une autre professeur prend des cours de français avec Émilie et Léïa.

Nelly vient prendre également sa leçon quand elle me trouve installée à l’ordinateur.

Et même le chat -Félix, pour la description – qui a bien senti que Didier était parti vient se faire une virée le soir dans le camion.

Peut-être que quinze jours au CENADE seront plus sereins qu’un séjour incertain… s’il faut vraiment se faire une raison.

 

 

 

 

 

 

l'âme en paix, l'esprit libre, le coeur joyeux sur les routes du monde....en avant pour l'école de la vie...

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