....TOUR DU MONDE 2008 / 2010 A la rencontre d'une page de notre histoire....

septembre 2009

Mardi 1° septembre

 

C’est la rentrée ! Pour nous du moins !

Nous nous étions offert un mois de vacances. Le froid, le manque d’énergie et un programme bouclé avaient eu raison de notre assiduité.

Elle se fait avec deux nouveaux élèves, bien plus enthousiastes que les trois autres :

Chogan et Kaéna qui ont, tous les deux, un grand cahier tout neuf et sont attablés dès le réveil réclamant l’école à la place du biberon ! On est bien parti !

 

Santiago, un des professeurs de sport du centre, souvent de garde, chouchoute la troupe avec des friandises, des laits chocolatés, des « matés cocidos » et des dessins animés.

Suzanna, une autre professeur prend des cours de français avec Émilie et Léïa.

Nelly vient prendre également sa leçon quand elle me trouve installée à l’ordinateur.

Et même le chat -Félix, pour la description – qui a bien senti que Didier était parti vient se faire une virée le soir dans le camion.

Peut-être que quinze jours au CENADE seront plus sereins qu’un séjour incertain… s’il faut se faire une raison.

 

Mardi 15 septembre

 

Neuf jours de pluie, à vivre en quasi-apnée sociale, les pieds dans l’eau, dans un camion atteignant un pourcentage d’humidité dépassant le taux recommandé. Ce fût le temps d’ôter le plâtre de chogan. Grand moment et petit dépit, il est sortit tordu et son extension est limitée.

Plus de peur que de mal, massages, magnétisme et cours accélérés de kiné par mail envoyé par Manue replacent tout ça en une petite semaine.

 

 

Le soleil revient enfin, séchant nos pensées morbides de prisonniers innocents.

L’accalmie fut de courte durée car il était revenu pour une bonne raison : me soutenir dans l’épreuve suivante. La lessive ! Et, quelle lessive !

 

Draps, sacs de couchages, enveloppes de mousse, mousse, tapis, vêtements subissent une violente attaque d’acide gastrique propulseur de matières fétides et abondantes distribuées par cinq tanks infestés durant quarante huit heures. La plus grosse bataille se déroulera évidemment de nuit, pendant neuf heures en tir continu. Lorsque le jour se lève, nous ne savons pas encore si nous l’avons gagné mais nous sommes sûr d’être épuisés et à cours de protection. Plus de poches plastiques pour contrer les assauts, plus aucun essuie tout ou quelconque élément permettant de réduire les dégâts lorsque la contre-attaque a échoué. Nous sommes livides et pourtant il faut remettre ce que l’on peut en état et ne pas flancher.

Lorsque le champ de bataille a retrouvé un aspect normal. Nous mettons au point une nouvelle stratégie : les planqués ! Nous nous calfeutrons sous les draps rescapés, tentant de se faire oublier et ne pouvant, de toutes manières, rien faire d’autre.

Le soir, nous changeons de plan. Il faut éliminer l’agresseur par la force mentale, réunion au sommet et connexion à l’énergie universelle, une dernière série de vomi et le lit aboutit notre tentative. Il y a 28 heures que nous n’avons rien avalé, mais cela nous importe peu, ce serait du gaspillage et l’impact des estocades n’en est que réduit.

Nous préparons l'offensive , chacun son sac plastique– j’ai demandé des renforts au cuisinier- ses lingettes et obligation de vigilance. Nous nous endormons….

…..7H30, la nuit fut divine, la porte s’ouvre, nous avons vaincu la maladie et la victoire est là, devant nous. Ah, non, c’est papa ! ah ! Mais c’est pareil !!!! Nous sommes trop heureux !

Tout ensommeillés que nous sommes, nous concentrons nos énergies émotionnelles pour éclairer nos visages blafards, seule marque de la nouvelle intoxication que nous venons d’essuyer.

Papa ramène dans ses sacs des dizaines de morceaux d’affections transformés en artisanats « Mauriniens », en jeux, jouets, livres, petits mots, pâtés fait maisons, biscuits et bonbons sacrés, un nouveau disque dur rempli de dessins animés.

Merci papi, mamies, tontons, taties, cousins et amis. Nous sommes à cet instant plus de 20 cœurs rassemblés en celui de Dapigu, l’émotion est palpable.

Et puis, il y a les vins français et les foies gras que nous avions commandé pour offrir à ceux que nous quitterons, ici, dans quelques mois.

 

Papa nous raconte également ses quinze jours

 

Samedi 29 août

C’est parti !

Je quitte Flo et les enfants pour être de cette équipe argentine, mais, où est donc Gaston?

Parti avec son papa pour faire des travellers, nous passons la douane, Adrian attendant après lui…ça commence bien !

Finalement, alors qu’il ne reste qu’une poignée de personnes à la douane, nos deux compères apparaissent. Au complet, la délégation Argentine embarque à chaque extrémité de l’avion, et oui, billet pas cher à 4 jours du départ, mais bon, on y est.

Après une première nuit peu reposante, nous arrivons à l’aéroport de Madrid où nous aurons 7 heures d’attente avant d’enchaîner vers Barcelone. Petit repas à la pizzéria, puis recherche de wifi gratuit, totalement inexistant sur les aéroports de Madrid et Barcelone, finalement, maté :

 Nous nous installons proche des toilettes et d’une prise électrique. Nous remplissons le thermo au verre au robinet des toilettes, intervention du « calentador » ( simple résistance) branchée, rien ne saute et l’eau chauffe…industria argentina…

 

Départ vers Barcelone, où l’organisation du mondial  viendra nous chercher. Nous récupérons tous les bagages, sauf, mon sac et les pagaies de canoë qui étaient fixées à lui. Bref, après réclamation et une longue attente, il ne reste plus qu’à attendre que les aéroports retrouvent ce sac. On charge les camionnettes, petit sandwich au snack et nous voilà parti vers la Seu d’Urgell.

Tony notre chauffeur, prend la tête du convoi. S’il ne nous avait pas dit le contraire, on aurait pu croire qu’il ne connaissait pas la route. Par chance, son mauvais choix nous porte en direction d’une station service. Et oui, nous sommes sur la réserve et sur la route prévue il n’y avait pas de station. Nous sommes au milieu de la nuit et Tony semble un peu accusé le coup, je lui propose de le remplacer au volant si besoin, il refuse. Mais la pression monte un peu, car il commence par ôter ses lunettes pour se frotter les yeux, puis il oriente les bouches d’aération vers lui, puis il met la ventilation. On arrive à 4 heures du matin à l’auberge, on nous y donne un plan de la Seu sur lequel nous constatons que nous sommes à l’opposé du parc Del Segre, site de compétition. On verra demain, au lit.

 

Dimanche 30 août

 

Réveil tardif, nous allons voir si nous pouvons manger, raté. Les repas n’ont pas été confirmé, direction la « cuitat » ( en Catalan ) pour trouver un petit restaurant. Enfin, on arrive au bassin, bien que l'auberge ne soit pas si loin. On récupère les bateaux et les « chicos » partent s’échauffer. Finalement, nous apprenons que nous ne pouvons pas naviguer sur le bassin, aujourd’hui c’est encore payant, 800 euro pour une heure : un peu d’eau plate fera l’affaire.

 

Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi 4 septembre

 

Nos journées sont rythmées par les horaires de navigation. Les athlètes ont reçu leurs nouveaux bateaux, dont le canoë de Séba, pour lequel il faudra deux jours pour faire les calages. Malgré une seule séance par jour, les petites blessures apparaissent, contractures et tendinites.

 

Samedi 5 septembre

 

Ce matin, la famille de Poey arrivent. J’ai estimé leur heure d’arrivée à 10 heures 30. Nous arrivons au bassin avec Adrian, quand au détour d’un chemin ils apparaissent, accompagnant un cri de joie de Myriam qui se jette dans mes bras. Nous passerons la journée ensemble, et ils dormiront à l’auberge avec nous.

 

Dimanche 6 septembre

 

Nous profiterons pleinement de cette journée en famille, Mathilde et Maurine feront même un tour de kayak. Il est l’heure pour eux de repartir vers la France. Les filles ne veulent pas rentrer. Drôle de sensation, c’est un peu comme si j’étais parti hier de France, et que j’y revenais après les courses.

 

Lundi, mardi  8 septembre

 

Nous reprenons le rythme des séances, les courses approchent.

 

Mercredi 9 septembre

 

Dernière séance avant la course. En plein milieu de celle-ci, j’aperçois dans mon champ de vision, trois silhouettes sur le bord. Concentré sur les athlètes mon inconscient me souffle qu’elles ne sont pas quelconques. Je me retourne. C’est Yey, Julie et Zia qui marchent tranquille dans ma direction. Je ne m’y attendais pas du tout à celle-là ! Ouf !

 Ils ont prévu de dormir à la Seu. Nous passons un moment ensemble, avant que la délégation se réunisse pour avoir les détails de la réunion de chef d’équipe, et que l’on aille se préparer. Ce soir, c’est le défilé de la cérémonie d’ouverture. Nous prévoyons de nous retrouver après pour aller manger. Je récupère le téléphone de Julie pour se retrouver plus facilement.

9h30, la cérémonie est terminée, coup de fil à Yey, ils sont à l’auberge, prêt à partir. Impossible de les convaincre qu’ils peuvent rester. Ils ont trop peur de déranger. Bô !

Bref, ils prennent la route, et je retrouve Joël pour aller manger.

 

Jeudi 10 septembre

 

C’est le grand jour. Ce matin, démonstration du parcours. Analyse. Préparation de la course des kayaks filles et C2.

La course des filles est une triste démonstration d’un manque cruel d’eau vive. Le C2 s’en sort pas trop mal pour une troisième séance ensemble. Avec un peu de travail, ça pourrait donner quelque chose.

Au cours de la compétition, appel d’Adrian qui me fait part que quelqu’un  de ma famille est au portail de la zone équipe, et qu’ils ne peuvent pas rentrer sans accréditation. Bien, en pleine analyse avec les kayaks, je termine et cours jusqu’à l’entrée équipe. J’ai un athlète au départ dans 7 minutes. C’est papi Jeannot et mamireille. Salutations rapide, on se donne rendez-vous à l’auberge après la course. Je repars en courant au départ de course pour suivre mes athlètes.

Nous nous retrouvons plus tard à l’auberge, petite douche et direction le chinois pour manger. Papi et mamie dormiront dans leur camion à côté de l’auberge. A demain, si on est réveillé, car avec l’équipe ce sera réveil à 6h30.

 

Vendredi 11 septembre

 

On part vers le bassin, papi et mamie dorment encore. Les athlètes partent à l’échauffement. Je fais un aller-retour à l’auberge, j’ai oublié le talkie-walkie. 8h, papi et mamie dorment encore.

Aujourd’hui, ce sont les C1 hommes et dames et les kayaks hommes qui entrent en jeu.

Séba réalise une première manche correcte et sans pénalité. Bien, ça permet de pouvoir réfléchir à l’avenir. Pour les autres, on en attendait mieux.

Ce soir j’accompagne Adrian à la réception-dîner des 50 ans de la fédération espagnole, après laquelle il nous a fallu aller manger, accompagné de Guto, Pierrick et sa copine.

En rentrant, 2 heures du matin, la réception m’intercepte me disant qu’une famille Argentine s’est installée dans notre chambre. En fait d’Argentin, c’est Poey qui n’a pu résister à l’envie de revenir et me faire une surprise. C’est excellent.

 

Samedi 12 septembre

 

C’est le tour des équipes, nous n’avons que les kayaks homme.

L’autre partie des représentants est rentrée au pays avec Martin.

L’équipe malgré quelques fautes aurait pu accéder à la 15°place s’ils étaient bien arrivé dans l’intervalle des 15 secondes réglementaires.

Nous passerons la journée en famille. Ils repartiront le soir. Cette fois, ça fait plus départ, l’émotion est différente.

 

Dimanche 13 septembre

 

Aujourd’hui ce sont les demi-finales et finales. Nous n’avons pas d’athlètes en liste, nous profiterons du spectacle. Fin des courses, nous préparons les affaires pour partir le lendemain.

 

Ce séjour a été très sympa, retrouver la famille et les amis furent vraiment de super moments.

 

Lundi 14 septembre

 

Départ de la Seu, 7 heures du matin.

A Barcelone, nous saluons les autres pays présents dans le bus.

Nous avons 5 heures à attendre, et devons trouver Marc qui arrive avec les bateaux. Les argentins se sont équipés, le canoë-kayak va pouvoir prendre une autre allure…

Le voyage s’est passé tranquillement. Heureux de retrouver Flo et les enfants encore ensommeillés au lever du jour. Je pensais me glisser sous les draps, mais l’ouverture de la porte fait instantanément émerger la tête de Chogan et un large sourire silencieux me signifie que la journée a commencé.

 

 

Et Dapigu !!!

 

Heureux de retrouver son compagnon d’infortune, au moins autant que nous.

Il sait que les pièces sont là également, occupant la plus grande partie du sac.

 Comme il va être beau avec son nouveau filtre à air, que si nous avions une tête assez grosse, nous nous brosserions les cheveux avec.

Le produit magique pour camoufler sa fuite de liquide de refroidissement.

Et, surtout, son « depresor » !

 

Après un coma de régénération de quelques heures. Didier affronte le décalage horaire pour le mettre en place.

 

C’est peine perdue, Dapigu est un animal complexe, ses organes ont une telle configuration qu’il faut des mains professionnelles pour espérer accéder à certains d’entre eux et notamment à cette fameuse assistance de freinage.

Bien, rendez-vous est pris pour jeudi chez Mercedes.

 

 

JEUDI 17 Septembre

Après quatre heures d'attente. Dapigu ne peut pas être réparé. Ils n'avaient pas vu que la pièce de derrière avait aussi lâchée!!!

Il faut, elle aussi, la faire venir!!!!

Bien nous rentrons et appelons Myriam et Fred ( ils nous auront sorti de tant de problèmes que l'on ne sait pas si nous aurons un jour l'occasion de les remercier à la hauteur de ce qu'ils font pour nous).

Ils remuent ciel et terre pour faire venir la pièce le plus rapidement possible pour ne pas perdre trop de temps lorsque Mamireille arrivera. mais, au final, elle paraît être le moyen le plus rapide.

La nouvelle pièce arrivera donc par avion le 27 avec Mamie.

Lorsque nous sommes sûr que la pièce est dans le sac, nous prenons à nouveau rendez-vous... Lundi 28, Dapigu devrait enfin être opérationnel.

 

 

  

 

Samedi 19 septembre

 

BON ANNIVERSAIRE PIERRE !

 

Les jours s’écoulent avec une lenteur exceptionnelle. Notre sédentarisme pèse chaque jour un peu plus. Je perdrai presque ma bonne humeur.

Lorsque nous tentons de nous ressaisir en repartant à notre quête de bateau pour traverser ce fichu canal de Panama, nous perdons une énergie précieuse pour des échecs cuisants.

 Nous ne savons plus si les projets s’écroulent par manque de moyens ou si ce sont les moyens qui se perdent quand les projets s’écroulent… A défaut, nous perdrions presque la foi.

Bref, nous sommes léthargiques, nous perdons nos âmes d’aventuriers…

Du coup, nous n’osons pas prendre de décision. Et si on fait la réservation trop tôt ? Et si on arrive pas à temps au cargo (Baltimore-Anvers) ?Et si on se trouve coincé en Amérique du sud? Et si notre tour du monde ne se trouve être qu’un aller-retour en Amérique du sud ? Et si on a pas assez de sous ? Honduras, Equateur, les alertes infos santé voyageurs que nous recevons sont des plus désagréables.

Cessons de se poser des questions, nous sommes de toute façon incapables de se poser les bonnes et quand nous nous les posons, elles nous agacent. Nous iront au culot, confiant en cette aventure qu’est la nôtre !

 Il faut absolument que nous retrouvions notre état d’esprit d’origine.

Il s’est engourdit, mais le printemps est là et il va faire comme le reste se réveiller et fleurir !

 

 

Samedi 26 septembre

 

Il fait un temps splendide. Nous flirtons avec un bon 25°c et dans l’après-midi, nos transitaires Jean et Bernadette nous confirme que Mamie est bien montée dans son premier avion – San Sebastian/Madrid-

L’excitation monte et pourtant elle reste à peine perceptible car quatre des enfants ne savent toujours rien sur la surprise qui les attend. D’ailleurs, ils ont fini par se résoudre : « le plus important c’est pas la surprise, c’est que Dapigu ait sa pièce et des freins qui marchent ». Ils satureraient donc autant que nous ?

 

Dimanche 27 septembre

 

6 h 15, le réveil sonne. Le vent nous aurait presque réveillé avant. Il pleut, il fait un froid de canard.

Océane est aussitôt sur pattes, et les autres sont encore dans leur nuit.

Nous arrivons à l’aéroport et épluchons les tableaux de vols des différents terminaux. Mais, le vol 1135 en provenance de Madrid n’apparaît sur aucun, alors que d’autres arrivés plus tôt sont encore affichés ???

Nous patientons… 7H30, il n’y a plus personne à la sortie de cet avion pour lequel nous attendons, espérant que ce soit le bon. Entre temps les enfants se sont réveillés.

Nous sommes venus chercher la pièce du camion qui doit arriver par avion avec un monsieur. « C’est ça la surprise maman ? demande Chogan.

-             Oui, tu es content ? 

-             Oui, trop ! »

 

Et puis,

 « Vous reconnaissez la pièce les enfants ? »

 Tout ensommeillés, ils se précipitent sur cette mamie sans bagage.

Que fait-elle sans même un bagage à main ? La pièce ?

Ses bagages ont été réquisitionnés, la pièce découverte au scanner est sujet de discorde. Il est interdit d’importer des pièces de l’industrie automobile. Il reste conciliant et nous laisse repartir moyennent une petite participation de 160 euros pour le dérangement.

 

Le problème ne s’était pas posé avec Didier. Ils étaient arrivés tous en même temps avec les bateaux et avaient effrayé les douaniers, du coup ils étaient passés outre les scanners.

 

Bref, Mamie est là, les enfants y croient à peine et puis, très vite, cela devient normal.

« J’ai les cahiers, les fichiers, du saucisson, les parfums, la confiture de Mumu et tes chaussures Didier. J’étais à deux doigts de ne pas te les emmener…

-             Quelles chaussures ?

-             Les deux paires que tu as commandé !

-             …. ? »

Un œil sur les fameuses chaussures. Du 45 et cette forme-là, c’est sûr, c’est à Olivier !

Bien, elles vont passer un mois et demi en Argentine.

Le déjeuner du café nous tend les bras. Didier va décharger les sacs et nous reprenons nos bonnes habitudes : parler, parler, parler…

Arrive le temps, bien que le météorologique n’ait fait qu’empirer, de rentrer à la maison.

 

Nous nous ravissons devant cette nouvelle vague de gentillesse traduite en multiples attentions. Merci encore, nous avons presque honte d’être parti.

Mais où sont les biscuits de YEY ?

Dans le petit sac blanc !

Le petit sac blanc ? Aucun souvenir de l’avoir chargé celui-là ?

Il est resté dans le chariot !

Mes biscuits préférés !

Après réflexion, c’est aussi l’appareil photo qui se trouve désormais faire partie d’un bon début de journée pour un inconnu. Il ne fonctionnait plus très bien. L’aller-retour sera vain, les bonnes âmes restent une grande minorité.

 

La journée est longue. Froid vent et pluie continue nous confinent dans le camion avec Sol et Luz, puis Adrian et Séba. Dapigu est plein de chaleur et de bruits. Ce sont des moments magiques. Des jours, qui seraient « crêpes- cheminée » chez nous et qui sont ici « galletitas-maté-caloventor ».

 Mais, mamie finit par subir le décalage horaire et l’impossibilité depuis son arrivée de relâcher la pression et cette journée s’éternise jusqu’à 22h soit 3 h du matin pour elle.

 

Nous avons rendez-vous à huit heure demain matin. Sans freins, c’est à une bonne heure de stress.

Aussi mamie et les filles vont dormir dans le camion d’Éric et Manue pour ne pas être obligées de passer la journée au garage et souffler un peu.

Sol et Luz cèdent leur nid pour passer dans le nôtre.

Après une nuit glaciale, durant laquelle Chogan accusant le froid la fatigue et les émotions s’oubli sur son papa, nous nous levons aux aurores pour passer dix heures frigorifiés chez Mercedes.

L’heure de fermeture de l’atelier approche à grands coups d’aiguille et les organes de Dapigu jonchent toujours le sol, nous fendant l’âme et nos espoirs.

Bien sûr, le bon côté de la situation c’est qu’ils ont trouvé ce qui avait entraîné le carnage, un roulement qui aurait très prochainement vaincu la pompe à huile et anéanti nos chances de continuer le voyage. Un royaume dissous….

Bref 18h, notre palais ne démarre plus maintenant.

Nous faisons nos sacs, nous avons bien compris !

Un taxi nous ramène au CENADE où l’on nous offre une chambre.

Adrian est là, j’ai un peu perdu mon optimisme et lui, comme un frère qu’il est désormais pour nous, avait pressenti que nous avions besoin d’un  coup de pouce au moral.

Il lance un asado et nous passons une soirée divine. Mamie se fait son premier choripan et …. Se régale !!!!

Le camion d’Éric et Manue assume courageusement son rôle de cocon, malgré le nombre.

 

Mardi 29 septembre

 

Le camion devrait être prêt pour midi. Lorsque Didier appelle pour prendre des nouvelles du malade, on l’invite à rappeler vers 14h, pas de pronostic…. Nous ne partirons jamais.

Inès décalera encore une fois son repas, ils nous attendent depuis dimanche soir, à l’origine.

Bien, nous prenons cela comme… une expérience de plus.

 

Mamie s’enrhume.

15 heures.

Le camion marche. Nous appelons le « taxi-de-confiance » de mercedez. Alfonso nous invite à dîner chez lui à notre retour des Andes… drôle !

Chez Mercedes, ils sont ravis de nous retrouver le sourire. Il reste cependant le carter à nettoyer et le joint à changer car le roulement usé à l’origine de toute cette histoire a laissé traîner ses déchets, le bougre. Bref, nous ferons cela sur la route, nous sommes vraiment heureux. Jamais nous aurions pensé prendre autant de plaisir à appuyer sur une pédale de frein.

 

On rentre au centre ivre de joie à l’idée de prendre le large.

 Il nous faudra patienter jusqu’à demain pour avoir le temps de remettre le substitut parfaitement propre.

 

Mercredi 30 Septembre

 

Vent de liberté, appel du bitume qui n’attend que de se laisser dévorer, nous adorons cette sensation.

C’est un peu faussé car nous nous arrêtons très vite à Mar del Plata, chez Pierre et Inès qui nous attendent pour manger. Les grands-parents font connaissance. Il y a également Isabelle, une amie, c’est une douce soirée en famille.

 

 

 

l'âme en paix, l'esprit libre, le coeur joyeux sur les routes du monde....en avant pour l'école de la vie...

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