....TOUR DU MONDE 2008 / 2010 A la rencontre d'une page de notre histoire....

AJLJ Chili

Nous traversons Valparaiso, ennuagé par les entrées maritimes. Nous nous en chassons nous-même agacés par ces brigands de gitans à l’affût du touriste rescapé de l’été qui s’éteint.

La côte paraît splendide, mais nous n’en verrons rien. Jusqu’à la merveilleuse Zapallar, où nous dormirons face à l’océan.

Perdue de grâce et de verdures, les fleurs s’y jettent à la mer…

Qui a lu la prophétie des Andes, se croirait dans les jardins mystiques du Pérou, que James Redfield  y décrit.

Première nuit, depuis longtemps, dans un silence absolu, hormis celui des lourdes et puissantes vagues qui s’écrasent sur le rivage.

 

Viernes 13 de marzo

 

Au petit matin, nous sommes toujours seuls sur cette plage, la richesse humaine en a fait un paradis.

Nous sommes chez les très riches, la promenade qui longe l’océan est une harmonie de nature et de savoir-faire humain, l’Harmonie, une ressource inespérée.

 

Bien sûr, nous subissons encore l’effet d’épaisses entrées maritimes, mais sans elles, cette nature luxuriante n’existerait pas et cela donne un côté mystérieux des plus authentique.

Après une longue balade, quelques rencontres avec de vieux riches sympathiques et une sœur, passionnés par cette petite jeunesse joyeuse et dévergondée, nous repartons sur les routes, direction le parc national de Fray Georges, oasis au cœur du désert semi-aride qui débute à cent vingt kilomètres de La Sérena.

Nous tentons une pause au lieu dit « minéral de Talca », spot surf extraordinaire… vague de 500 mètres, Didier en rêve depuis plusieurs semaines.

 Une heure et demie plus tard, après avoir tester toutes les pistes qui se présentent et se terminent au point de départ ou effondrées, nous abandonnons les recherches. Dépit !

Nous dormons dans un petit village, où les clôtures feraient frémir notre Pyrène.

 

Sabado 14 de marzo

 

La route ! La piste ! 27 kilomètres d’une affreuse piste tortueuse, pentue et défoncée, quand le Lonely Planet annonce « un sentier de bonne qualité ». Nous trouvons dur ! Pour une sortie qui ne sera pas à la hauteur de nous la faire oublier ou mieux de nous réjouir de l’avoir conquise. Bien sûr le phénomène est extraordinaire, mais presque le centre d’information particulièrement bien fait, pédagogique et surtout  12 km de piste en moins suffirait.

Bien, après avoir parcouru pas loin de 15 km en première, nous rejoignons l’autoroute. Que cet asphalte est bon !

AAAH ! Qu’est ce que c’est que cet énorme bruit. Coup d’œil dans le rétro,  juste le temps d’apercevoir une pièce grosse comme une galette s’enfuir précipitamment de la  chaussée. On s’arrête, il y a de l’huile plein le moteur. J’inaugure mes Tennis pendant que Didier roule jusqu’au poste de contrôle policier 1 km 500 plus loin, pour mettre le camion et les enfants à l’abri.

J’explore de long en large les bas-côtés, le terre plein central, rien. Aucune trace de ce qui vient de marquer un gros blanc dans nos esprits.

Nous savons depuis notre passage à Firestone, que Dapigu est unique ici, ce qui signifie pas de pièce de rechange. Notre rendez-vous à Lima se rapproche, nous sommes encore à 90 kilomètres de la seule ville des environs… et à 1200 de la frontière. De gros doutes viennent plonger notre journée dans une nuit prématurée.

Les terribles questions resurgissent combien ? De temps, d’argent ?

 

Nous sommes là en pause au bord de l’autoroute avec l’équivalent de quinze euros en poche. Didier est parti avec un remorqueur, demander l’avis d’un mécanicien. Savoir si nous pouvons rouler sans risquer de perdre ou abîmer autre chose.

Un mécanicien arrive, se penche sous le camion, ressort :

« C’est le cardan, y’a de l’huile partout, mais vous pouvez rouler sans problème jusqu’à La Serena.

-      Mais, il ne manque pas une pièce ?

-      Non, non !

-      Mais nous avons vu une pièce s’échapper !

-      AH ??? »

Bien, nous sommes d’accord, il est vraiment gentil de s’être déplacé, mais question compétence… On le croit quand même sur le fait que nous puissions rouler, car cela nous arrange bien. Et, nous reprenons la route.

La Serena, station-service, bonne nuit !

 

Dimanche

 

Nous sommes dimanche !

Première heure, nous changeons de parking, pour celui d’en face. Il ne fait pas bien beau, il y a du vent, ce sera une journée parking !

Mais pas si dramatique finalement, nous prenons le temps et c’est presque agréable.

 

Lundi 16 mars

 

Nous avons trouvé un hôtel, pas question de zoner encore une fois dans la graisse, le cambouis et toute cette odeur qui finit par nous donner la nausée. Nous nous sommes fait à l’idée de devoir passer peut-être une semaine ici.

Mercedes, nous avons tout mis en ordre,…

Ils jettent un œil sous le camion, c’est le respirateur de la boîte à vitesse. Les ouvriers de Firestone ont mis trop d’huile, la pression a fait sauter la pièce.

La pièce en question est disponible à Santiago, elle peut-être là demain ; eux, ne peuvent pas nous prendre avant jeudi.

Par contre, il y a une pièce à Cocuipo, c’est à 300 km au nord !

Bien, cela nous va ! Le mécanicien explique à Didier comment la remonter, … Et, voilà pas plus de cinq minutes, nous  sommes libres !

Extra !

 

Du coup, pas le temps de faire la vallée de l’Elqui, dommage.

 

Nous prenons quand même le temps d’aller nous jeter dans les bras du Pacifique à Punta Choros. Quarante kilomètres de pistes dont les vingt derniers de très bonne qualité nous remonte le moral. Et l’arrivée dans ce petit port de pêche déserté de touristes nous fait fondre.

La plage blanche qui se perd dans cette eau magistrale accueille une colonie de pélican aussi peu effarouchée que celle des mouettes rieuses qui n’en peuvent plus de se moquer du monde insolite qui les entoure.

Les bateaux colorés sont déjà tout ensommeillés, le dernier père nous indique que demain nous pourrons faire un tour à « l’isla, muy bonita ».

 

Nous restons là, des heures à se balader, à ramasser tant d’énormes coquillages que cela fait encore rire les gardiennes de notre prochaine nuit. Bonheur instantané.

 

Mardi 17 mars

 

La vie appartient à ceux qui se lèvent tôt, le pêcheur le sait bien et les voraces aussi. Le port s’anime très tôt de ses voix lourdes qui en disent long sur leur vécu et de ces pies jacasses qui se donnent l’air de tout contrôler. C’est un véritable paradis, nous sommes illusionnés dans une histoire absolument délicieuse.

La balade en mer pour voir pingouins, oiseaux marins, phoques et dauphins coûtent 70.000 pesos. Trop cher, c’est exactement ce qu’il nous reste. Impossible, je retourne voir notre « guide du routard », il parle de barque pour huit à 50.000. On discute. Ils insistent sur ce fatal coût de la vie qui augmente tous les ans… « Oui, mais c’est le guide 2008/2009, nous ne sommes tout de même pas déjà en 2010 ? 

-Ok ! va pour 50.000 . »

Nous embarquons dans une barque en bois craquant le poids des années mais restant sûr d’elle. Les gilets de sauvetage que nous avons enfilés ne feront qu’ajouter un peu de poids à notre descente dans les fonds marins si par cas nous en arrivions là.

Une heure d’admiration sans limite sur cette faune extraordinaire, l’île Choros est couverte d’oiseaux marins dont les noms espagnols ont fui avec le vent. Il ne me reste plus que pélican, fous de bassan, pingouins de Magellan et Cormoran.

Les lions de mer et même les loutres viennent nous saluer. Nous nous croirions dans un zoo pour tant de familiarité. Nous sommes pourtant en liberté.

Pas de dauphins, notre marin se sent d’attaque pour braver le large.

Une caissette de luxe bardée de touristes venus d’ailleurs lui fait signe de faire demi-tour, son collègue, guetteur à l’avant de la coque semble du même avis.

Elevé par l’océan, sûrement, il ne croit quand lui-même et a décidé de nous emmener voir les dauphins !

La houle se précipite pour nous accueillir ! Un peu violemment tout de même, elle atteint trois mètres et nous ne rions plus du tout, excepté les enfants qui adorent que notre frêle embarcation s’écrase dans le creux de ces puissantes mâchoires.

« Ok, c’est pas grave si on ne voit pas les dauphins !

-      y’en a, y’en a toujours !

-      -Oh, un, là ! Super merci on rentre.

-      Vingt minutes ! »

Il a décidé de nous faire disparaître où quoi ? Soudain nous envions les gilets orange fluo et rutilants dont était munie la brochette de touristes croisé une heure plus tôt.

« C’est encore loin ? 

-      On contourne l’autre île là-bas et ensuite on rentre. »

Soudain le guetteur s’agite, là-bas ! Pleine mer !

Un dauphin nous appelle, notre intrépide met les gaz et nous bravons ces grosses lames, le vent froid nous saisi, nous tenons les enfants et soudain nous sommes noyés dans une nuée de dauphins, ils sont là, si l’on tend la main, on les touche. Une trentaine qui nous sort du cauchemar dans lequel nous nous étions plongés. Fantastique ! Et bien mon ami, je ne sais pas si nous avons réellement pris des risques, bien que nous soyons les seuls si loin de la côte et que ton visage crispé pourrait nous le confirmer, mais rescapés que nous sommes, cela valait le coup.

Finalement, on ne contournera pas l’autre île, il est temps de rentrer, repasser dans des eaux plus calmes, retrouver une atmosphère moins morbide. Car dans ce tableau agité, le ciel est sombre, chargé de brume et pesant lourd sur nos mines terrifiées, pas tant, mais tout de même.

Passée la barre, le retour annoncé, la houle se calme, voilà trois heures que nous naviguons… « Là-bas ! »

Les gaz, pour intercepter cette nouvelle vague de magie.

Incroyable, des sauts, des passages à fleur de coque, ils sont si nombreux qu’on ne peut tous les voir, superbe. Toutes nos angoisses sont littéralement soufflées, nous sommes conquis, attrapés en plein cœur par l’irréel pourtant tellement vrai. Et que serait-ce de nager avec eux ???

Heureux de nous avoir procuré tant de joie, notre homme retrouve le sourire laisse retomber la pression, elle existait bien finalement.

Nous rentrons au port, les enfants viennent de vivre des moments inoubliables, et nous aussi !

Retour à la réalité, Copiapo nous attend. Adieu très cher paradis, (uniquement  hors saison j’imagine).

La route est longue et monotone nous pénétrons l’Atacama, il fait très chaud, nous n’avons encore rien mangé. A 16h, nous tournons vraiment à vide et faisons une pause à Villenar. Oasis au cœur du désert, les berges du rio moelleuses et grasses à souhait nous accueillent pour une pause bien mérité. Nous enfilons nos éternels sandwichs au fromage avec une rondelle de tomate et une feuille de salade, (quand il y en a).

Didier est fiévreux.

Nous repartons téméraires, pour arriver avant la fermeture. Echec, il est 19 h 15, la pièce ce sera pour demain. Nous dormons dans une station-service bruyante et peu accueillante. Didier et son 39,5°c s’engouffrent sous la couette avant l’heure . Demain sera un autre jour.

 

Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit,

7h 15, Emilie se réveille en douleur, elle est brûlante et se vide complètement.

Didier et sa fièvre sont inséparables, voilà une journée qui commence bien.

Après une bonne première manche, nous enchaînons sur la deuxième, Mercedes-benz : avec les références que je leur donne, ils me sortent un tout petit capuchon en plastique. Je leur explique que c’est une grosse pièce que nous avons perdu…

Interminables explications qui n’aboutissent à rien. Ils ne peuvent pas nous prendre avant vendredi. Cela laissera le temps à nos deux mourants de se rétablir.

14h, je tourne en rond dans cette ville où il est impossible de se garer. Entre vomis et diarrhée qui finissent par se répandre sur tout ce qui traîne dans le camion, les nerfs sont à vifs. Gérer n’est plus possible, direction l’hôpital, surtout que mimi ne va vraiment pas bien.

Didier est en nage et n’atterrit pas de ses 39,9°c.

Titubants, ils affrontent l’hôpital, escortés par la police pour les démarches administratives et jusqu’à la salle d’attente, où, comateux, ils se plongent dans une pauvre série américaine, en espagnol … de toute façon même en français ils n’auraient rien compris. prise de sang et analyse de selles : résultats au bout de six longues heures, c’est une intoxication ! Emilie est sous antibiotique dont les effets secondaires sont entre-autre : diarrhée. Super.

Nous retournons passer la nuit dans notre horrible station service. Léïa en profite pour se jeter dans la course et bas des records de températures avec un 40° ! qui dit mieux !

La nuit qui s’en suit sera des plus horribles. 6h, j’abandonne et passe le flambeau à Didier. Nous sommes à ramasser à la petite cuillère.

Cette ville nous sort par les yeux. Nous prenons le large en filant dans le désert pour tomber sur Bahia Iglesia. Divine plage digne de photo de carte postale et pourtant nous n’en apprécions pas grand chose. Nous rencontrons Thomas un ami de Thierry M. et Isabelle.

 

Fin d’après midi retour sur Copiapo pour continuer le désastre tripier de Léïa, récupérer le linge et en redonner. Passer une nuit affreuse dans une nouvelle station dont la centaine de camion viendra pourrir notre sommeil, alors que Léïa va un peu mieux.

 

Vendredi 20 mars

 

9h pétante nous sommes chez Mercedes, Lèïa vomit son saoul toute la journée, bleu, vert, plus rien, diarrhée……nous attendons, fermé dans le camion, lui même fermé dans l’atelier(prison haute sécurité).

10h30, on nous fait signer des papiers.

11h30, ils regardent le camion : il faut tomber la boîte ! elle a été mal montée, elle finira par céder.

« Combien de temps ? combien d’argent ? 

-      Il est midi, c’est la pause ! on vous dit à 15h ! »

 

15h ! vomis et diarrhée nous occupe toujours autant.

C’est 350 000 pesos pour démonter remonter, ensuite faut voir.

On ne vous prendra pas avant mardi et c’est 15h de travail.

 

OK ! Y’a moyen de prendre de l’avance et de se faire soigner à Antofagasta ?

Il reste trois mille kilomètres jusqu’à Lima. Depuis dix jours que nous remontons, nous en avons fait huit cents. A ce rythme-là, nous n’y serons jamais.

Nous doutons aujourd’hui, nous doutons de beaucoup de chose…

Nous pensons au vol intérieur pour papi et mamie, afin qu’ils nous rejoignent à Santiago…

Bref, ils appellent Antofagasta et le rendez-vous y est pris pour lundi, 8h30. C’est 400 kilomètres de gagné sur le week-end et ça c’est positif !

Nous payons quand même 25.000 pesos notre capuchon et sa pose (que Kaéna aurait pu faire !)

Quittons cette ville, nous étouffons.

Léïa récupère un peu en fin d’après-midi, à l’heure où océane prend le relais.

Dans notre misère, Dieu nous épargne et nous les mijote un par un. Le service est certes, plus long mais moins difficile à gérer. Heureusement, cela signerait brutalement notre fin physique et morale.

Nos filles sont, par chance, devenues expertes en visée de poches.

 

Didier se lèvera toutes les demi-heures pour soutenir Océane, alors que je finis par céder à la tentation de la maladie.

C’est dommage, nous dormions au bord de l’océan, loin de toutes stations bruyantes et puantes…nous aurions enfin pu dormir…

 

Samedi 21 mars

 

Chanaral, ce petit village est absolument ravissant. Mille aires de jeux, à ravir les enfants. Une église qui ferait aller un athée à la messe et des habitants absolument charmants. L’un d’eux nous aborde et nous enjoint de passer le week-end près de là (à deux, trois heures de route vers l’est), il y part avec sa famille. Nous déclinons l’offre et prenons la route de la côte dont il nous assure la bonne qualité.

Didier rêve de trouver enfin l’opportunité de surfer ce Pacifique.

Le parc national à la sortie de Chanaral est superbe. Des fennecs nous accostent sans aucune crainte. Trop habitués aux flots de touristes… Mais, la saison s’achève et avec elle cette nourriture facile, ils restent là, civilisés et  se mourant  de faim !

 

Le bitume s’achève avec la tombée de la nuit. Il reste deux cent trente kilomètres. C’est une route défoncée, détruite tous les cinq cents mètres par des ravines de plusieurs mètres de haut et refaite à la hâte pour rallier au monde, ces quelques baraquements posés ça et là. A leurs abords gisent des carcasses de véhicules. Un vélo rose posé sur le flan d’une grosse pierre, quel enfant encore là, le laisserait mourir dans sa rouille ?

Les chiens nous signalent ( au cas où nous ne l’aurions pas bien compris) que nous ne sommes pas les bienvenus.

Le terrain est ahurissant, d’énormes pierres jusqu’à grosses comme le camion jalonnent la route, quelle route ? Tout semble avoir été dynamité par une armée de géants. De nuit, c’est effrayant ! De jour, nous ne saurons jamais.

Si nous n’en avions pas déjà, elle nous donnerai de la fièvre.

Les rares panneaux de signalisation rongés par les sels et le temps ne donnent d’autres indications que celle de leur propre sort.

Chogan pris dans cette angoissante situation rassure sa sœur : «  T’inquiète pas Océane, on va retrouver la route. »

Il doit être 3 h du matin (le réveil ne fonctionne plus, il a cessé de se battre avec les cahots) quand Didier coupe le moteur sur la route en bord de devers d’avalanche.

4 heures,… peut-être… un caillou tombe sur le toit du camion, un second !!?? L’endroit ne paraît pas tellement sûr. Didier reprend courageusement sa très très lente ascension. Il en sera récompensé au lever du jour en surplombant une mer de nuage magnifique. La route n’en est pas meilleure pour autant. Et, ce n’est que vers huit heure que le bitume s’offre à nous avec une aire de repos. Alleluia, bonne nuit !

 

Dimanche 22 mars

 

Nous sommes à 40 km d’Antofagasta, ce qui signifie que nous avons fait 200 km en 19 heures !

Record battu ! Nous serions allés plus vite à pied !

Antofagasta : nous prenons la décision de ne pas perdre une journée à faire réparer Dapigu, nous verrons plus tard.

Petite balade à la « Portada » bien agréable avant d’enchaîner la route côtière, asphaltée, cette fois, en quête d’une vague.

Désert, désert, tout n’est que terre et pierres couleurs de ce que nous vivons depuis quatre jours. Le monde est sombre ! les cimetières, perdus dans cet espace, sont de la même couleur. La seule chose qu’ils peuvent offrir à leurs morts, c’est une vue plongeante sur l’océan dont les vagues leur rappellent que c’est elles qui ont gagné.

 

Nous roulons en terre hostile jusqu’à un poste de douane… Que fait-il là ? Nous nous posons. Nous n’en pouvons plus de manger riz et carottes, nous craquons sur un bon sandwich américain, œuf, viande, fromage, oignon. Pour mimi et moi, ce sera faal, mais tellement bon !

Musique à fond et « incommodations intestinales » violentes, une nuit de plus qui vient fléchir notre niveau d’energie vitale.

 

Lundi 23 mars

 

BON ANNIVERSAIRE TONTON YEY !

Iquique. Iquique, c’est adorable. Depuis Copiapò, les villes nous donnaient la nausée, l’entre-deux villes désertiques entretenait le desespoir… Et ici, c’est vert, fleuri, propre et jolie avec une côte délicieusement aménagée. Douceur de l’oasis, nous y goûtons, nous le savourons. A la santé de Dapigu que nous avons pas soigné, nous nous offrons le restaurant. Il est grand temps d’avaler quelque chose qui nous remettra d’aplomb. Didier rêve d’un steak argentin, et la Bavaria sera presque à la hauteur.

 

A la station-service, « Bonjour, en voyage ? »

Ce camping-car américain qui avait happé notre regard à l’aller, ce sont des français.

Lydie, Stéphane, Axel, Jérémy, Liam et Jullian font un périple à suivre sur www.milesofhope.com, avec comme fil conducteur, la lutte contre le cancer contre lequel Liam, 9 ans, s’est battu de longues années.

Ils vivent aux Etats-Unis depuis plus de dix ans, nous décidons de rester avec eux ce soir. Quel bonheur de parler français, d’échanger nos histoires et de cueillir des informations sur ce Pérou dont nous ne savons rien.

Echanges d’adresses, de bons plans et, on se verra à Buenos Aires en juin. A plus, bonne route, au petit matin nous bifurquons chacun dans l’univers que l’autre vient de quitter.

Nous parcourons la ville de long en large, au grés de nos informateurs peu compétents. Nous cherchons désespérément un cordon d’alimentation, kaéna a mangé le notre, nous n’avons plus d’ordinateur et Iquique semblait notre dernière chance.

 

Mamina, 2800 mètres d’altitude, 130 kilomètres à l’est pour un bain de boue purificateur… ils ne prennent pas les enfants l’après-midi, le vent est trop frais. Pas le temps d’attendre demain matin, un coup pour rien.

 

Arica, nous y passons trois nuits, la laverie, la quête du saint cordon…

Nous rencontrons Francis et Maryse en balade avec un couple d’amis, rendez-vous est pris pour juin 2010 à Canejan.

Puis, Dapigu ! son jumeau ! il se gare à côté de nous pour la nuit, dans cette station qui nous expédiera à 8 h le lendemain.

Marianne et Stéfan voyagent depuis huit ans avec « …. », quel plaisir nous avons de partager les qualités de nos excellences.

 

Au musée des nativos, nous nous retrouvons, photos obligent, Dapigu rencontrant son sosie c’est aussi rare que la comète Haley.

 SUITE...

 

l'âme en paix, l'esprit libre, le coeur joyeux sur les routes du monde....en avant pour l'école de la vie...

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