....TOUR DU MONDE 2008 / 2010 A la rencontre d'une page de notre histoire....

PAUSE OBLIGEE

Sortie Argentine

 

 Arrivés à la frontière, l’asphalte se paie ! Son passage nous coûte trois mille trois cents pesos chiliens (deux mille cinq cents en semaine), il nous en restait trois milles trois cent quarante. Si ça c’est pas un morceau de chance. Nous sommes donc dépouillés, plus rien !

Nous suons à grosses gouttes en voyant les véhicules chiliens se faire entièrement fouillés.

Dans la longue file d’attente, il y a une affiche notifiant qu’il en coûte 11.889. 456 pesos en cas de passages frauduleux animaux ou végétaux. Nous avons toujours le miel, des haricots de Brigitte, les confitures de France.

Comme pour nous faire durer le plaisir. Lorsque nous arrivons à hauteur de la fouille, un papier manque… s’en suit pour Didier de longues minutes s’effilochant de postes en poste…

Et puis 18h, deux douaniers montent dans le camion, discutent du voyage, regardent vite fait les placards et puis… rien, c’est fait nous sommes au Chili ! Descente directe sur une route fantastique, un intestin à ciel ouvert, et ce soir nous apprenons à 100 km de Santiago que Joëlle a eu un changement de vol et est arrivée aujourd’hui à 12 h55 !

DECEPTION !!!

Dapigu mugit sa douleur! Nous lui demandons un dernier effort, nous emmener à Santiago où, promis, nous lui trouverons un docteur de la haute et même un chirurgien s'il le faut! Tout est possible nous venons d'apprendre via Internet que Didier va pouvoir travailler au Pérou avant l'arrivée de papi et mamie, ça paiera les frais d'hôpitaux!

Nous sommes maintenant à vingt kilomètres de Santiago, Vingt kilomètres de la place des armes où nous avons décidé de nous retrouver avec Joëlle, à l'instant, via facebook après un échec téléphonique. Super, la déception s'efface un peu et il est maintenant une heure du matin et temps de prendre place au royaume des songes.

Lundi 9 mars

 

Le temps de se mettre en route, il est 10h, le gars de la station-service nous a indiqué un garagiste… que nous ne trouvons pas.

Bien, Joëlle.

Par contre, c’est sans mal que nous nous garons à quelques « cuadras » de la place, sur un parking payant certes, mais à l’accueil très chaleureux. Ils en profitent même pour nous laver le camion pour 5 euros, ça marche !

13h pétantes, les retrouvailles sont effectives ! C’est à peu près l’heure à laquelle nous aurions dû nous trouver à l’aéroport, le cadre est juste plus sympathique. Nous échangeons des bribes de voyage. Cécile et Joëlle ont parcouru déjà une grande partie du monde, ça fait rêver. Aujourd’hui, elles sont chez un ami français Corentin qui vit ici pour ses études. Romain, le frère de Joëlle, vit en Argentine et les a rejoints. Onze français réunis au cœur de Santiago !

Nous passons un bon moment entre routard. A bientôt, sur le reste des chemins qui s’ouvriront à nous.

Il fait vraiment chaud, glaces et bon jus naturels sont de mises.

Je m’achète également une paire de tennis. Le manque d’activité physique me « lourde »… physiquement. J’ai décidé de courir devant le camion !!!

Et maintenant, Dapigu ! Les carabineros (la police chilienne) nous ont indiqué un garage.

Nous trouvons un boui-boui mal famé. Etonnant que la police nous ait envoyé là ! On se couche sous le malade, un, puis deux, puis trois et quatre. Conclusion : « c’est le roulement ! Demain, 9h, il y en a pour deux heures ! Ne dormez pas ici, le quartier n’est pas sûr, allez dormir à la station. »

Nous nous exécutons, ils paraissent magouilleurs mais pas plus malsains que … d’autres … peut-être.

Nous ratons la station et tombons sur Firestone, rempli de véhicule de carabineros. C’était donc là !

Nous hésitons et décidons de prendre un deuxième avis. Les roulements ont déjà été démontés.

Et là ! Aïe, douleur, ça parle pignons, boîte à vitesse,…

«  Non, impossible, il n’a que 150.000 kilomètres, il est robuste ! » devant mon emportement, le patron venu aux nouvelles, fait intervenir d’autres ouvriers pour des avis différents. On se couche sous le camion, un, deux, trois, quatre,… Ils finissent à sept sur le diagnostique, au Chili on ne lésine pas sur la main-d’œuvre.

Unanime : Il faut tomber la boîte à vitesse, impossible de dire ce qui ne va pas, en plus des pignons.

Nous l’avons amer, nous avons trop roulé avec ce bruit sûrement. Pauvre camion, pauvre porte-monnaie. Nous sommes dépités, la douche est froide. Nous étions convaincu qu’il n’y avait rien !

 

Maintenant, le film repasse, le même qu’il y a une vingtaine d’année lors de notre voyage en Islande. La boîte à vitesse de Krafla, notre trafic, avait cédé en Allemagne. Il fallait faire venir la pièce de France, cela devait prendre une semaine (ce qui nous faisait raté le bateau pour l’Islande réservé depuis des mois). Le patron, nous avait prêté sa voiture, laissé l’accès aux toilettes du garage et offert l’entrée de la piscine pour la semaine afin d’occuper ces cinq marmots que maman se trimbalait seule sur les routes du monde lors des vacances scolaire d’été.

Sortir l’argent de France était beaucoup plus difficile que maintenant ( La magie d’Internet n’était pas dans nos mains) ; La banquière, sans nous connaître avait avancé 2000 euros à maman. Et pour que tout soit plus facile dans ce pays où nous ne connaissions pas un mot de la langue. Ils avaient dégoté une traductrice pour faciliter les démarches.

Cette petite ville de Tosted se trouvait justement être jumelé avec Morlàas, à 8 kilomètres de notre maison.

 

Un des ouvriers nous propose de venir habiter chez lui, personne ne peut dire combien de temps prendra la réparation et notamment la réception de la ou des pièces. Il a déjà imaginé que deux des enfants pourront dormir avec son fils de 4 ans et deux autres avec sa fille de deux ans, nous sur le tapis avec la dernière. Le patron nous offre de rester à l’intérieur du garage avec l’accès aux toilettes et au téléphone s’il y a une urgence.

Il va sûrement falloir sortir de l’argent de France.

Pour ce soir, nous décidons de dormir dans la rue, il faut qu’on décompresse de cette nouvelle, les enfants sont fatigués de la journée et nous espérons vivement qu’il n’y en ait pas pour huit jours ! Demain sera un autre jour, la nuit risque d’être douce, il ne doit pas y avoir moins de 35 véhicules qui passent à la minute dans cette rue.

 

Mardi 10 mars

 

Levés à huit heures après une sale nuit à compter les voitures. Le camion est pris en main à 9 h15. Nous portons le linge à la laverie, discutons un petit quart d’heure et partons à l’assaut de la ville  à pied.

A 13 h, nous avons des nouvelles du camion par téléphone, c’est le roulement de la boîte, ce sera moins cher que prévu, il sera prêt demain.

18 h 45, nous sommes de retour, huit heures de marche dans les guiboles des enfants, pas une plainte, nous avons pris notre premier repas à 16 h, ils ne bronchent pas, trottent et sont contents ! Belle troupe.

Alors que Didier va aux nouvelles du camion, je vais chercher le linge. Alberto, le propriétaire de la laverie, qui s’est pris d’affection pour nous, nous invite à dormir chez lui. La proposition est étudiée car effectivement, le garage ferme à 19h, d’ici quelques minutes nous serons de nouveau en prison, sans clés, cette fois.

Le camion sera prêt demain midi, nous allons mieux, la pression est retombée.

OK, va pour une nuit chez Alberto, Carola et leur fille Xaviera de 12 ans. Il termine à 21 h. Il nous propose de manger chilien : thé et pain. Pas de problème, nous achetons ce qu’il faut, chargeons les sacs de couchages des enfants et entrons par je ne sais quel miracle dans cette minuscule voiture rutilante. Nous sommes crasseux, graisseux et honteux.

Alberto est adorable, il doit avoir 35 ans, il est patron depuis deux ans, aime son travail et en a fait sa vie. Tous les jours, de sept heures et demie à vingt et une heure. Une vie de dingue, il a pris trois jours de vacances depuis deux ans. Carola travaille avec lui, douce compensation…

 

Une douche offerte nous fais le plus grand bien et achève les enfants qui partent au lit sans manger.

Quelques discussions s’effilochent sur ce repas bien agréable et nous nous lovons dans une pièce aussi grande que le camion. C’est la première fois que nous ne dormons pas dedans, c’est drôle, mais nous sommes trop fatigués pour que nous en pensions plus.

 

Mercredi 11 mars

 

Alberto se lève à six heures, il était prévu que nous nous levions en même temps, seulement il n’y a pas assez de place dans la voiture, il emmène sa fille à l’école et sa femme. Nous lui proposons de prendre le bus, mais il insiste.

Il revient nous chercher à 9 h 30, nous avons pu dormir un peu plus, c’est bien, surtout pour les enfants.

10 h 15, nous sommes au garage, ils remontent la boîte, nous serons bientôt sur les routes…

Le patron nous invite au café. Hier, il avait prévu que nous dormirions là et avait installé une télévision pour les enfants, adorable.

Une heure plus tard, tout est remonté, essai.

Le bruit, le bruit est toujours là ! Nous sommes aussi étranglés que les mécanos et les patrons.

Mais qu’est-ce que c’est ? S’en suit de longues heures de démontage, roulement centrale, cardan, barre de direction,…

Les mines s’assombrissent, les deux patrons font tête basse, fini les sourires et petites attentions. Comme souvent dans ce genre de situation, il semble moins dur d’occulter le problème en ignorant sa présence.

Ils pensent peut-être que nous allons perdre patience. De toute façon, nous ne pouvons pas repartir, et nous n’aurions pas su réparer nous-même, erreur de diagnostique, et alors ? nous restons zen et souriant et cela permet de faire rapidement retomber la pression. Mais, pas de trouver le problème…

Quant au coût, nous nous sommes fait une raison, si du travail attend Didier au Pérou, ce n’est visiblement pas pour nous enrichir !

14 h 30, voilà 4 heures que nous attendons un verdict dans la petite salle d’accueil, toujours rien. Le calme et la discrétion des enfants leur vaut une grande admiration.

18h, tout a été démonter, nettoyer et le patron nous propose une sortie en pick-up pour nous changer les idées en attendant que tout soit remonté et testeé. Si rien n’a changé, il ne reste plus que le différentiel, et là…

Pas de solution, il n’existe pas de Dapigu au Chili, donc pas de pièce, donc importation, donc beaucoup de plus de temps et donc, beaucoup plus d’argent !!!

En lubrifiant, ça roulera jusqu’à temps que ça casse. In shallah, nous prendrons, quoiqu’il en soit, cette option !

Après ce petit tour à prendre l’air, à 6 sur la banquette arrière,…

Tous les ouvriers se sont relayés les uns après les autres, à un, à deux, à s’arracher les cheveux… Ultime essai pas convaincu car si tout  a été démonté, rien d’anormal n’a été trouvé.

 

SILENCE, ÇA TOURNE ! … EN SILENCE !

YAHOO !

Victoire ! Nous allons pouvoir repartir tranquille. pas ce soir, il faut quand même changer l’huile de l’essieu arrière.

Un des ouvriers conclu : « una mierda en el rolamiente ! »

 

Dapi manquait d’attention ! Et nous nous avions besoin de rencontrer des gens absolument charmants et d’écouler le peu d’argent que nous avions réussi à mettre de côté !

Pas de problème, ce soir, nous apprenons que Didier sera apparemment, le premier entraîneur national argentin !

YIPPI, à nous la grande vie !

Pour l’instant, nous dormons,… en prison !

 

Jueves 12 de Marzo

 

8h, nous avons mis le réveil, aujourd’hui, c’est la sortie, la liberté !

Le patron arrive à huit heure et quart, nous lui demandons la facture. Il nous divise le prix par six. Nous n’en revenons pas ! Ils ont passé deux jours et demi dessus non-stop, à trois ouvriers en moyenne, remplacé deux roulements et s’en vont faire la vidange de l’essieu arrière. En France, pour une après-midi et une pièce à vingt euros, nous avions payé le même prix.

Je vais sortir l’argent à la banque, dans la rue je croise Alberto, nous discutons alors que le vigil de la banque attend après moi en me tenant la porte (comment sait-il que je viens là ?)

Sur le retour, un gars avec qui j’ai discuté trois minutes hier, vient me faire la bise et me présente sa femme et sa fille, un autre suit, puis, le vigil du supermarché. Tous s’inquiètent de notre sort… tout le monde est au courant, c’est incroyable.

Si nous devons revenir un jour sur Santiago, nous savons dans quel quartier !

Au garage, Juan, le patron couvre les enfants de petits cadeaux publicitaires.

Nous échangeons nos adresses, des milliers de bonnes pensées pour la suite de nos vies respectives et « vamos ». Avant de quitter la rue Vivaceta, nous passons voir Alberto et Carola. Le banquier est là aussi. Le camion reçoit !

Il est temps de quitter ses nouveaux amis…

« Muchas gracias Santiago ! Que bueno recuerdo ! »

Encore une fois l’argent n’a aucun poids face à la relation humaine.

SUITE...

l'âme en paix, l'esprit libre, le coeur joyeux sur les routes du monde....en avant pour l'école de la vie...

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