....TOUR DU MONDE 2008 / 2010 A la rencontre d'une page de notre histoire....

Au jour le jour

 

A chaque jour suffit sa peine, à chaque jour c'est une nouvelle vie qui s'écrit...

souvent trop long pour celui qui ne l'a pas vécu, souvent très riche d'information, souvent rempli d'émotions, le carnet de bord est indispensable au voyageur. Il n'est que lui, plus que les souvenirs, plus que les photos ( et c'est moi qui dit ça) pour nous replonger instantanément dans cette histoire, notre Histoire....


Mercredi 17 septembre 2008

Dernier jour à Navailles, dans notre maison, qui hésite entre Beyrouth et Shangaï. Mais qui finalement serait plutôt voisine du souk de Fès.

14 h 30, nous donnons les clés comme prévu à la société Eiffage, la maison est presque entièrement vide. L'idée de rentrer un jour dans une maison dépourvu de tout objet nous met l'eau à la bouche....

      

   

 

Alors qui dit mieux?

Bref, 18 h, le camion est chargé, pas rangé mais chargé, et nous pouvons décoller!

   

Premier faux départ, pause à Poey!

  

21h 30, nous arrivons à Briscous, chez Jean et Bernadette, un peu par surprise, finalement!

 

Jeudi 18 septembre 2008

Oui, finalement nous sommes encore chez Jean et Bernadette, nous calons les quelques agencements de la fin de notre périple, c ' est eux qui promèneront Dapigu jusqu'à Kiev en avril 2010.... affaire à suivre!

Il y a aussi Myriam et Luke que nous retrouverons dans le Michigan aux Etats- unis à l'automne 2009...

AAAH, il est 13 H45, la piqûre de Didier ( rappelez- vous, que le jeudi, à Bayonne, de 14h 30 à 15h 30...), vite, vite, bye, à plus, même pas de photos, mais bien là, avec les autres, dans nos coeurs, sur les routes du monde.... Nous nous retrouverons en avril 2010 à Kiev ou par là.... Et peut-être Marie- Laure à Pékin pour nous accompagner sur le transsibérien....

Bayonne, hôpital St Léon, piqûre Didier pour la fièvre jaune... "Ah ! Ben tiens, Sandrine et Xavier que faites- vous là?", "fièvre jaune, pour l'équateur!!" (...) " Ok, rendez-vous, en novembre 2009 sur la côte Est des Etats-unis." Pour la petite histoire, Sandrine est la cousine de Didier que nous n'avions pas vu depuis trois ans car partie vivre aux Etats-unis avec son copain Xavier. Ils sont rentrés en France, à Pau pour deux semaines et viennent se faire vacciner aujourd'hui!!!! C'est dingue!

Donc, pour ne pas modfier notre rythme.... nous passons faire un coucou à Bébert, Sara, Evan et Antoine à Ondres ( ce n'est pas la bonne route, mais c'est juste à côté...) Nous arrivons pour la sortie de classe et de crêche, parfait!

Bébert est un grand sportif....

Sur, demain, nous quittons la France!

 

Vendredi 19 septembre 2008

Premier jour d’école routière ! Pas complètement car pour une première, nous faisons dans la douceur : sur la table de la salle à manger de Bébert et Sara !


Premier cliché scolaire :
-     «  C’est fini pour aujourd’hui, on range et vous pourrez aller jouer »
-    « ouais, super ! » LéÏa part en courant dehors et revient presque instantanément :
-    « c’est la récréation ? »,
-    «  Oui, si tu veux. »
-    «  Ah ? Mais tu viens pas nous surveiller ? »
11h , c’est fini pour ce qui est du concret, nous plions bagages pour quitter la France  et se donner l’impression de partir….
Tiens !? Quelqu’un sur le perron ??? Frédérique ?? Frédérique que je n’ai pas vu depuis pas loin de 6 ans !
Incroyable, l’histoire vaut le détour.
Alors, détour !
Hier, Cécile (une collègue avs, tout comme Frédérique, et pas vu depuis des lustres également) a fait suivre notre site -certainement qu’elle en avait pris connaissance par le biais du journal de la République-. Du coup, Frédérique s’y interresse, fait suivre et reste perplexe par ce « Bébert et Sara » cité. Ce matin, elle emmène sa fille à l’école et croise son amie depuis peu qui lui raconte qu’ils se sont couchés tard la veille, des copains, qui partent pour un tour du monde,…. Florence et Didier,….
« Non ? » C’est les mêmes, on est les mêmes, c’est incroyable !
Finalement, Frédérique qui avait quitté Pau il y a quelques années est venue s’installer à Ondres. Et, depuis quelques mois par le biais de connaissances interposées et de rencontres à l’école est devenue amie avec Bébert et Sara !
Du coup, Sara, l’informe que nous encore certainement chez eux, et voilà comment nous partirons un peu plus tard que prévu mais trop contents de cette nouvelle coïncidence. Si ça continu, sûr, nous ferons un livre !
Bref, s’en suit une après-midi sport sur la plage d’Hendaye avec au programme, foot, course à pied et surf. Les enfants sont séchés mais heureux et nous pareil !

Il faudrait tout de même que nous quittions la France.
Nous arriverons à dormir en Espagne après Bilbao, quelque part dans la montagne.

Samedi 20 septembre 2008

Cet endroit absolument charmant où nous avons dormi, c’est le parc national de Gorbeia. C’est une très belle forêt de résineux. Sa biodiversité est la plus riche du pays Basques.
Autant dire un cadre idéal pour la classe des enfants. Et chogan et Kaéna peuvent se balader avec papa. D’autant que malgré l’humidité du site il fait extrêmement beau.

   
Et nous reprenons la route, direction le Portugal.
3 courses, un petit repas de midi vers 17 h et … nous n’avançons pas : 500 km en 4 jours.
Nous avions décidé d’apprendre à prendre le temps, j’ai l’impression que ce ne sera pas si compliqué, finalement. Reste que l’Espagne que ce soit en long ou en large, c’est toujous et encore d’immenses étendues désertiques. Nous décidons donc, de se mettre un coup de boost…. Résultat à minuit -23 h au Portugal-, nous nous posons à la frontière dans une « aera » d’autoroute.

dimanche 21 septembre 2008

Petit réveil sous la pluie, sur le parking de la station service de l’autoroute…. « Dites les enfants, si nous allions plutôt faire l’école au bord de la mer ? »
Traverser le Portugal n’est cependant pas une mince affaire, les paysages restent monotones et désertiques et la route n’est pas des meilleurs. Nous imaginons la déception qui pourrait nous prendre à l’arrivée….
Et cette « praia de Vieira » est introuvable ou à l’autre bout du monde, nous ne savons plus trop…
Juste avant – car nous y sommes arrivés finalement- nous nous posons à Pro…. Et nous y passons le reste de l’après-midi. Les enfants profitent un maximum et notre balade sur la plage nous emmène à rencontrer Olivia, une très gentille mamie, qui partagera des instants de cœurs que nous n’oublierons pas. Elle finie par fouiller dans son sac pour trouver quelques dragées pour les enfants.

  


Nous partons dormir sur Péniche. Longer la côte est nettement plus agréable visuellement et même routièrement parlant.
Finalement le Portugal, c’est joli sur la côte, les portugais ont un art décoratif très personnel et pouvant être discutable. Mais tout est impeccable et les petits jardins sont tous très bien arrangés. C’est …pittoresque ! Nous dormirons  à l’extérieur de Péniche, car c’est finalement une grande ville, Péniche !

Lundi 22 septembre

Superbe, cet endroit, les falaises déchiquetées sont splendides ! La seule note qui pourrait avoir rompue cette harmonie, c’est cette satanée alarme digne d’un appel à la mise sous abris en période de guerre ou d’attaque nucléaire qui a jappé toute la nuit.
 Bref, la classe se déroule dans un cadre des plus agréables et après un brin de lessive, nous emmenons les filles sur une plage à quelques kilomètres de là.

          


 Balade, baignade et douche sont au programme.
Puis, nous enchaînons quelques kilomètres, pour manger à Sesimbra ( nous avons lutté pour trouver, notre carte routière date de 2006 et pourtant les villages et routes indiquées ne correspondent que très rarement à la réalité).
- Sûr, si un jour je gagne à la loterie, je me paye un bateau pour venir passer une semaine dans cette merveilleuse petite ville encaissée et plongeant sur la mer! Le pavé, spécialité portugaise et absolument maîtrisée, est des plus beau que nous ayons vu, écru un peu nacré, dessinant toutes les rues et trottoirs du centre. Un réel plaisir pour les yeux et … les pieds ! Les miens ne ce sont même pas posés la question, mais Didier n’a plus de chaussures et il attend d’être au Maroc pour investir !-
Et puis, comme nous avons beaucoup tourné et pas vraiment avancé, nous couchons les enfants pour enchaîner….
Résultat, deux heures pour … 80 km. On ne ri pas, les nerfs nous prennent, le port de Setubal restera dans nos mémoires : lumineux, interminable, bardé de fausses indications et d’impasses.
Nous dormirons enfoncé dans une ruelle d’Alcacèr, ville ou nous constaterons pour la première fois les limites de ma chère Golden card ! Non, non, je ne l’ai pas perdu – c’est Didier qui la garde – Seulement, ils n’en veulent pas, tout simplement. Le plus difficile est de comprendre où retirer de l’argent quand on ne parle pas un brin de portugais et que le plein est déjà fait mais pas payé.

Mardi 23 septembre

Un peu de route, pour se trouver à faire la classe sur une aire sous les pins jouxtant la plage, nous y passerons une grande partie de la journée. C’est très venté, mais il fait bon et nous sommes vraiment heureux de commencer à trouver la saveur de la liberté dont nous jouissons.


Nous effectuons un petit réglage de phare avant de prendre la route. Il est vrai que depuis de nombreux mois nous sommes de diurnes nuisibles. Et si nous ne l’avions pas fait jusqu’à maintenant, c’est que l’entreprise était au delà d’un simple réglage de boutons : phare désaxer, démontage intégral du bloc, mais il fait nuit, alors c’est facile !


Du coup, nous roulons un peu – cela permet d’avancer sans que les enfants en pâtissent- Nous excellons encore une fois dans le choix des itinéraires à rallonge sur des routes peu recommandables. Claqués, nous arrêtons les frais à deux heures du matin après avoir parcouru 150 km !!! Qui dit mieux ?
En plus, certains persistent à croire que nous avons laissé notre phare en extérieur gauche, dingue !

Mercredi 24 septembre

Objectif : École au Maroc ! Et bien ma foi avec un peu de bonne volonté et seulement 100 kilomètres qui nous en séparaient, c’est chose faite. Nous débarquons à trois heures, trois heures et quart nous quittons le port !

Aaah ! Fifi et Bruno, si vous pouviez apprécier le plaisir que sont les douanes marocaines à cette époque de l’année !


Nous faisons camp à Larrache, une douche s’impose et se poser un peu aussi. C’est aussi très appréciable de pouvoir se poser dans un endroit pas vraiment joli mais pratique sans se dire que nous n’aurons pas le temps. Nous avons tout le temps !



Jeudi 25 septembre 2008

Réveil à 11 h. On pourrait croire que nous sommes de grosses larves mais ce n’est pas tout à fait vrai. Déjà au Maroc, il est 10h et puis c’est le Ramadan ce mois-ci. Ce qui signifie que les marocains font la fête la nuit !!!! Et, au cas où, la musique ne soit pas suffisante, Kaéna depuis hier soir avait décidé d’être fiévreuse pour la nuit !
Ce midi donc, opération nettoyage des carcasses humaines, celle du camion nous verrons plus tard, la tâche est trop grande : La route d’hier accompagnée d’une petite pluie fine était légèrement boueuse.
Nous tentons d’arriver à Dar Bouazza pour enfin passer voir les copains virtuels de Didier, ratés l’an passé. Les données sont : Il est 14 h
                                                          Il nous faut du pain, une carte du Maroc ( perdue la nôtre)
                                                         Il doit rester entre 150 et 200 kilomètres ( nous espérons)
                                                          Nous sommes au Maroc….

Le Maroc  est toujours aussi révélateur de notre petite société française bien tranquille, où bien emmaillotés dans nos lois et normes de sécurités, nous n'imaginons même plus la réalité de certains. Pour citer, hormis le fait que Chogan à failli perdre un oeil sur une aire de jeux aux normes marocaines, les enfants rentrent chez eux tout seul après l'école.... Ce qui nous a impressionné ce n'est pas leur jeune âge, 6 ans, 8 ans, pas plus. Mais c'est que nous les avons croisé sur l'autoroute de l'entrée de Casanblaca à heure de pointe, à pied. L'école d'un côté, la maison de l'autre! Circuler dans le bon sens en voiture était déjà une épreuve en soi!!!

Finalement, nous nous en sommes bien sortis, sans carte, car nous n’en avons pas trouvé, aucune perte de carburant inutile à déclarer. Une arrivée à destination parfaite, même s’il n’y a personne !
Bon ,nous allons dormir dans la rue et attendre de voir demain si Hugues n’est qu’un personnage virtuel ou s’il a une identité réelle. En tout cas sa maison et son wave-ski sont bien là, nous avons bon espoir !
Finalement, il est là ! Nous faisons donc connaissance avec Hugues et sa grande maison marocaine de quatre étages très typique : le grand salon au gigantesque canapé bardé de splendide cousins en velours de couleurs chaudes. Au premier étage deux grandes chambres, une sale de bain. La même pour le deuxième étage. Et au rez-de-chaussée une superbe cuisine et un garage.
Autant dire que l’école de demain se fera dans le grand luxe !

Vendredi 26 septembre

BON ANNIVERSAIRE VICTOR !
Hugues est parti travailler et nous a laissé les clés. L’aire de jeux de coussins des enfants leur vaut de grande partie de fous rires et de construction de cabanes. C’est la fête !

La plage est à deux pas, c’est parti !

Avant tout, il nous faut retirer de l'argent. Nous étions sûr que nous pouvions payer en euros à peu près partout, mais nous avons tout de même dû laisser notre passeport au guichet de l'autoroute. Cela, en même temps, maintenant, ça nous fait vaguement écho... Et puis, l'an dernier nous perdions 15 % sur le change au particulier (1€ pour 10 dh). Et bien, cette fois, on nous en a demandé 1€10, le dollar augmente, le dirham aussi!!!?

Ah, ces marocains, l'arnaque c'est leur septième sens!

Le notre serait plutôt celui de la dépense (à moins que ce ne soit des vices?), nous avons craqué le budget de plus de 500 euros! Finalement ce n'est pas le temps qui va nous apprendre à lever le pied! Le carburant nous dépouille même s'il est moitié prix quasiment ici!

Pour le moment, nous profitons de l'hospitalité généreuse de Hugues et nous passons de biens agréables moments.

 

samedi 27 septembre

nous sommes encore chez Hugues! C'est la première fois que nous nous posons de cette manière, et quelle manière! Hugues, comme apparement tous les gens qui vivent en maison a une femme de ménage. Il dit qu'il qu'il n'a d'ailleurs QU'UNE femme de ménage, beaucoup en ont plusieurs plus un gardien, un jardinier...

Et sincèrement, c'est terrible à dire, mais c'est les vacances Club-Med, pas de rangement, nettoyage ou cuisine à faire. Tout est fait et servi sur un plateau. Faudrait voir à ne pas y prendre goût!

Cet après- midi, les enfants, Hugues et Didier sont allés se promener à la plage -maman les suivait de loin, mais elle les a perdu alors elle est rentrée ranger le camion- Bref, il s'est déroulé une scène terrible. Emilie est rentrée meurtrie dans son âme. Et me raconte que Chogan était parti avec son bébé noir ( l'enfant chéri offert par mamie avant de partir) qu'il l'a laissé sur la plage et qu'un petit garçon l'a ramassé  et l'a donné à sa soeur! En plus, papa a hésité à aller le récupérer et elle en fut "mortifiée". Bien que papa ait fini par le récupérer!

Oh mais le drame n'est pas là! J'ai rangé le camion, ils sont rentrés, mimi a déposé son bébé noir dans le camion: "pour que plus personne n'y touche". Et là, moi, tranquille, entrain de faire ma pause ordinateur dans le salon de Hugues ( je me mets une petite overdose avant d'être de nouveau coupée du monde), j'ai cette douce odeur caractéristique de ces poupées corolle si bien faite qui vient chatouiller mes narines, ...depuis le fond de cette boîte de jouet juste à côté de moi..... AAAH! Le bébé noir, qu'est-ce qu'il fait là? ..... Vous imaginez ce que Didier vient de faire à cette petite fille marocaine ! L'horreur ! Quand il va savoir ça! ( oui, là tout de suite, ils sont repartis surfés les "grosses" vagues de Dar Bouazza.... avec les filles sur des sit on top, pour préciser la taille des "grosses vagues" ). Nous n'allons plus avoir qu'à arpenter la plage pour la retrouver! Peu d'espoir....

nous vous tiendrons au courant....

 20 h 30 : ( au fait, c'est deux heures de décalage qu'il y a ! D'habitude nous venons en Hiver après avoir changé d'heure.)

Et bien, nous sommes sauvés et pas des bourreaux! nous sommes apparement partis avec deux bébés noirs et Chogan avait bien emmené promener celui d'Emilie. Et... il n'y avait pas de petite fille sur la plage, ni de petit garçon. C'est un monsieur qui a ramené le bébé à Didier (???) Quand je dis qu'Émilie ne vit pas sur la même planète que nous, c'est parce que je vis avec!!!!

Soirée dessins animés ( c'est fête), foie gras ( merci papi) et couscous à la piperade de mamie! Et oui,  c'est le 27 ème jour du ramadan et donc la nuit de la prière ( prière au mégaphone toutes les heures! Bonne nuit!). Nous participons!

 

Dimanche 28 septembre

 

Il me manque un jour??? Dingue! Et introuvable en plus... La journée d'hier est bien celle d'hier, mais n'est pas samedi alors que nous étions samedi. Et jeudi est bien jeudi et vendredi qui est bien là, n'est pas vraiment lui-même !? C'est bon signe, en même temps nous sommes sur la bonne voie pour attaquer les décalages horaires!

Bon, c'est peut-être aussi parce que nous profitons largement de ne rien faire et que cela nous plaît bien. Je sais c'est moche pour ceux qui travaillent. Mais ça ne nous était jamais arrivé aussi longtemps!

En plus, avec le soutien de Didier et Hugues j'ai retrouvé tout les bons jours et tout rectifié! Donc les 5 lignes précédentes ne riment à rien et nous ne sommes pas si atteint par la létargie finalement!

Aujourd'hui, journée tranquille donc, petites courses le matin. Puis, Richard ( auteur du blog de rencontres....wave-ski) et Paul, américain résidant au Maroc mais plus pour très longtemps ( en transit pour le Gabon) sont venus pour surfer, mais ils se contenteront de manger avec nous, vu la rentrée de houle... inexistante!

Les filles et Chogan profitent de la villa et de la présence d'Hermann et Simone: mangeurs de fleurs d'eucalyptus et accessoirement les animaux de compagnie de Hugues, ce sont des tortues!

C'est une très belle journée. Il faisait très chaud ce matin et puis un orage bref mais non moins magistral a remis les choses au clair: La chaleur d'accord mais pas plus de 30°c merci.

Lundi 29 septembre

Il a plu toute la nuit, une bonne partie de la matinée, le sweat oublié au fil hier soir a bien du mal à sécher !!!

Ecole, remise en état de la maison : ce n’est pas l’apocalypse mais tout de même ! Nous sommes arrivés à sept dans une immense maison de célibataire, pendant quatre jours, il en résulte de toute évidence une légère modification de style (…)

Bref, nous prenons la route pour Essaouira, environ 300 kilomètres sous une météo qui serait digne d’un classement orange vif en France. Autant dire que nous ne sommes pas arrivés !

Front de mer sur cent kilomètres, le plein d’essence fait une descente radicale alors que nous avoisinons tout juste les 70 km/h. 18 h 40, nous sommes arrivés au siège : Sidi Kaouki ! Vu le temps, il fait déjà nuit depuis une bonne demi-heure. À ce propos, rouler de nuit au Maroc est une véritable mise en danger de la vie d’autrui et de sa propre vie. Cependant, en période de Ramadan, prendre la route de 18 h à 20 h procure une délicieuse sensation d’être seul au monde. C’est pour eux le moment du petit-déjeuner après le jeûne de la journée. Instantanément les rues se désertifient, les boutiques et maisons se ferment, les routes paraissent deux fois plus larges, l’aiguille du compteur kilométrique bascule vers la droite….

Il semble que la nuit va être houleuse… Pour le camion.

 

Mardi 30 septembre

 

Dernier jour du Ramadan, aujourd’hui doit être férié, il nous semble que c’est l’aïd. Plus de lait, mais nous sommes obligés d’attendre demain. Journée paisible à Sidi Kaouki, mis à part le vent qui n’a pas faibli d’un iota et qui nous cantonne dans le camion (le sable est cinglant, la balade désagréable). Et puis, en négociant un Dromi pour la journée de jeudi, je comprends que l’aïd c’est demain, ce qui signifie pas de lait avant jeudi ! Les enfants ça vous va ? Chogan se décompose, il réclame un bibi qui lui est refusé, depuis plus de cinq heure, pensez-vous !

Une petite sortie à la medina s’impose. Papa en est tout joyeux, il va enfin avoir des chaussures. Sa plante droite commençait à le chatouiller….

Nous y entrons par le port, c’est la première fois et cela vaut vraiment le coup. Certes, c’est le côté le plus touristique, mais peu importe à cette époque, ils sont peu nombreux.

Le tour sera rapide car l’heure H (18h) est proche, nous reviendrons jeudi.

Retour au camp ou les pyrènes et la meute de chiens nous gardent la place. Cette année, nous avons pris l’option gendarmerie Royale et non camping, cela nous permet quelques maigres économies. Et nous ne sommes pas plus mal lotis - en dehors de l’absence de toilettes-

 

Mercredi 1er octobre 2008

 

BON ANNIVERSAIRE MAURINE !

 

C’est donc, l’aïd !

Cinq ânes et quatre chiens ont décidé de rejoindre les bancs  de la classe, ou plutôt le tapis ! Ce phénomène attire forcément les regards et nous vaut quelques discussions qui vont du marocain local aux surfeurs, en passant par le touriste en promenade…

Papa part surfer et finalement comme ce jour n’est pas si férié que ça, nous en profitons pour faire notre tour en Dromi. Le « dromalier » insiste pour que je monte avec les enfants, c’est chose faite. Kaéna aura fait son baptême de dromadaire ; en tétant évidemment pour pallier à tout éventuel stress ! Pour Chogan ce n’est pas la même chanson. Placé à l’avant du premier dromadaire (rappelons que la montée et la descente pour un si petit personnage ressemblent  à un tour rapide en montagnes russes ! ), il obligera papa à sortir de l’eau après les premiers 100 m…. Impossible pour lui de surmonter ses premières frayeurs.

À son retour au camion, Didier se fait interpeller par la gendarmerie Royale !

Le gendarme tient à nous faire partager son repas de l’aïd ! Nous sommes pourtant garés assez loin mais certainement que les enfants font leur petit effet…

Didier lui explique que nous faisons un tour en dromadaire, qu’il y en a pour un certain temps. Ses élans ne sont pas stoppés pour autant, il nous prépare un plateau avec du beurre de dromadaire, du miel « pur », de l’huile d’argan, des pâtisseries marocaines dignes de ce nom. Un vrai délice !

Pour le remercier nous lui offrons un pot de confiture de pêche, provenance directe du jardin et du savoir-faire de mamireille. Il est ravi, mais ne sait pas ce que c’est qu’une pêche.

 

Cours de musique, séance d’écriture et balade sur la plage prolongeront cette bien agréable journée. Le vent s’il est toujours présent s’est un peu calmé. Nous pouvons relever des bribes de conversation au cours des jeux des enfants : «  (…) Nous nous sommes des enfants libres (…) » C’est un peu ça, oui !

 

Cependant, nous avons quelques soucis avec notre tableau électrique. Nous n’avions pas changé la batterie. Mais le problème semble plus grave, le circuit imprimé se dessoude du boîtier, les fiches électriques ne sont pas au plus haut de leur forme… Le plus gros problème est celui du frigo…. Nous restons vigilant et Didier bricole.

 

Jeudi 2  octobre

 

Notre meute  - de chiens- n’a pas été très sage cette nuit et ce matin, 7 h 30, ça « toc » fermement à la porte du camion, sur les côtés, derrière, … Ce sont nos amis… Les ânes venus dire bonjour ! Ha ! Sympa, mais un peu tôt !

              

Re-bricole sur le tableau électrique de bon matin pour Didier.

Ecole sur le tapis, toujours bien entouré de nos chères Pyrènes.

Nous irons passer l’après-midi à Essaouira, un peu de carburant, deux paires de babouches, trois grammes de courses et un petit restaurant prévu ce soir à Sidi Kaouki et le budget s’envole…. Il faut que nous nous repenchions sur nos comptes sérieusement…

Les enfants attirent le regard et cela leur vaut de multiples attentions allant d’une caresse sur les cheveux, à la bise et même au petit cadeau (des colliers, des cartes postales, des petits gâteaux…). A chaque fois, ils donnent pour chacune des filles.

Au retour, nous nous délectons d’un petit tajine au  restaurant, bien qu’il soit légèrement trop cuit., que Chogan mange avec 6 chiens et 7 chats autour de lui pendant que Léïa tente de réduire l’invasion d’une autre équipe assiégeant son assiette par le flan opposé Nous n’avons ni à le faire ni à faire de vaisselle et pour 100 dh (10 €), c’est très bien.

 

 

Vendredi 3 octobre

 

Hier soir nous avons appris que depuis notre départ de Dar Bouazza (chez Hugues), sur une erreur de manipulation de ma part (j’imagine), nous ne vivions pas à la bonne heure - nous trouvions aussi que les journées étaient courtes -

Bref, nous décidons de partir tôt pour aller sur Agadir et faire une tournée  dans les terres en attendant que le vent se calme sur les côtes.

10 h, l’école est finie, le camion est prêt, ce qui est un exploit !

Nous prenons la route d’Agadir. Le soleil tape déjà fort, nous dépassons un autostoppeur.

 Aller, je m’arrête. Il s’installe, ne parle pas un mot de français et nous demande un morceau de pain, « Maken mouchkil ! » (y’ a pas de problème !)

3OO mètres plus loin, une femme attend le taxi semble t’il. Le marocain déjà bien installé nous fait comprendre de nous arrêter… « Maken mouchkil ! » La femme monte s’installe discrètement après avoir dit bonjour à chacun individuellement comme l’avait fait l’homme. Il lui sert un bout de pain « comme à la maison  ». Et, descendra en premier, prenant avec lui une de nos bouteilles vides de 5 litres et nous demande d’en laisser une à la femme lorsque nous la déposerons deux kilomètres plus loin. « Maken mouchkil ! »

S’en suit un vieillard, arpentant le bord de route d’un pas lent et boiteux, a idé de sa canne de touilla, il ose timidement un geste de la main.

 Aller, c’est notre journée, il fait chaud et de ce que nous avons pu observer, ils marchent parfois très longtemps, le vieillard est ravi et à droit à son bout de pain : nous avons adopté ce qui est peut-être d’usage commun ! Il descendra avant la femme. Elle se rapproche de nous et se présente : Zaïna. Elle semble très touchée par notre attitude, mais ne parle pas du tout français. Finalement nous comprenons qu’elle nous invite à manger le couscous dans sa famille. Ok, pourquoi pas ! Tout le monde est d’accord ? «  Ouara ! » (c’est bon !)

-         « Garez-vous là, après c’est de la piste ! » (traduction faite d’après ses gestes !)

-          « AH ! » L’endroit n’est pas des plus rassurants.

Deux ou trois bâtiments dans la longueur, abritant des commerces sombres et délabrés, surplombent la route. Les hommes y font le pied de guerre, appuyés sur les arcades…

-         «  Tu es sûre Zaïna que nous pouvons laisser le camion ???? »

-          «  Ouara ! Ouara ! »

  ( C’est d’elle que nous avons appris ce nouveau mot !)

 Elle monte aux bâtiments, chercher un peu plus de nourriture et demander à ce que le camion soit surveillé.

 Finalement, il vaut mieux que nous l’avancions un peu…

Bon, très bien.

-         «  Tu es sûr Zaïna ? »

-         «  Ouara ! »

Il nous semble bien que Dapigu aurait pu affronter les chaos de la piste.

D’autant qu’après avoir parcouru quelques centaines de mètres. Zaïna court au-devant d’Émilie et Léïa (qui bien évidemment papillonnent loin en amont) pour les écarter de la route d’un chien errant.

Bienveillante Zaïna !

 Quand le chien passera à notre hauteur, nous subissons un vent froid dans l’échine : il a la rage !

Le camion, tout seul, le chien, cette piste qui finalement se transforme en sentier se perdant dans la montagne…. Heureusement, le regard doux  et bienveillant de Zaïna nous fait garder confiance. Après deux kilomètres (estimation « escarpienne ») de simples échanges de regards et de sourires, nous arrivons à une bâtisse d’une blancheur Basque. Elle est entourée de mur de pierre qui la camoufle presque, dans ces montagnes désertiques. Il y en a pourtant quelques autres éparses, distantes de centaines de mètres chacune.

 Effectivement Dapigu n’aurait jamais pu arriver jusque-là !

Ce qui n’est pas pour nous rassurer car du coup, il est loin…

 

Une des lourdes portes à l’encadrement finement travaillé s’ouvre. Un homme en sourire, un peu plus âgé que nous, nous fait entrer, cachant sa surprise derrière un «  soyez les bienvenus » enthousiaste. Assurément, nous ne sommes pas très à l’aise. Nous pénétrons dans l’antre d’un mur. Il y a là cinq moutons et trois chèvres retenus par une  guirlande de branches…(Les nôtres n’en auraient même pas tenu cas).

Nous arrivons sur la cour, carrefour des autres pièces, avec son îlot central servant de jardin. Comme chez Mo Barrak, l’an passé, c’est très épuré et très propre quoique légèrement plus petit. Une femme vient nous accueillir. Difficile pour Zaïna de nous annoncer avant d’être vus (les enfants se sont de suite sentis chez eux…) Pas de problème, c’est la maîtresse de maison, elle fait tout de suite abstraction de l’effet de surprise et agit comme si l’invitation tenait de longue date. Nous sommes conviés dans la pièce centrale. Elle débarrasse rapidement ce qui est son lieu de travail et balaie les coques de noix d’arganiers.

Nous offrons une brique de lait et du pain, pris au dépourvu, nous n’avions pas grand chose dans le camion.

Le thé est préparé par un autre homme au prénom difficile à retenir, le frère de Mohammed (qui nous a ouvert). Ce sont les fils de la maîtresse de maison. Zaïna est leur tante et habite à l’oued de Sidi Kaouki. Mohammed est le seul à aligner quelques mots en français, ce n’est pas facile.

Mais nous sommes très bien servis, des pâtisseries marocaines, de l’huile d’argan, de la graisse de vache, une sorte de cacahuète (nous n’avons pas su déterminer ni nous faire expliquer).

Puis, nous sommes officiellement invités à manger le couscous. Les femmes partent en cuisine et refusent gentiment mon aide. Nous sommes un peu désarmés, les garçons ont déserté en ayant mis un concert marocain à la télévision pour les filles     (oui, oui, il y a la télé, la chaîne-hifi, l’électricité… forcément, la plancha,…) Le côté apparemment vétuste cache bon nombre de commodités. Il y a même des toilettes turques mais sans eau courante. Les mouches sont les maîtresses de ce petit royaume. Et, tellement nombreuses, qu’elles empêcheront notre vaillante Émilie de faire pipi.

Un autre frère rejoint la pièce principale en ne nous accordant qu’un regard furtif, il paraît être en décalage…

Nous passons un long moment de solitude (un couscous, ça ne se fait pas en cinq minutes), seuls dans la cour, se demandant dans quelle histoire nous nous sommes embarqués et comment elle va se finir !? Bien sûr, nous avons toute confiance en Zaïna et donc en sa famille, mais, quand même, c’est très drôle. Emilie, Léïa et Chogan sont chez eux, Océane ressent notre interrogation et du coup reste très observatrice, quant à Kaéna, pendue au sein de maman, tout va bien, «  ouara maman ! ».

Zaïna nous présente la grand-mère, cent un an. Et même si elle perd un peu la tête et qu’il lui reste autant de dents que Kaéna (qui n’en a toujours que quatre malgré sa fièvre de trois jours) elle est encore très dynamique. Elle s’embarque Didier pour le promener en dehors de la maison….

Au bout de quelques minutes, je sors également. Didier a disparu avec la mamie… Zaïna arrive derrière moi et me montre qu’ils se trouvent derrière une autre lourde porte en bois donnant sur un espace clos mais sans véritable pièce. Hormis, l’atelier du frère-au-nom-compliqué qui fabrique là, les nombreux petits objets en racine de touilla présent en très grande quantité dans la medina d’Essaouira. En quelques minutes, il  donnera vie à une petite boîte sur son tour fabriqué d’une façon toute aussi artisanale. Il l’offrira à Émilie et en sortira trois autres pour Océane, Léïa et Kaéna. Dans cet univers, nous faisons également connaissance du papa) qui a bâtit tous ces murs. De retour dans la maison, Mohammed apparemment chercheur de pierres précieuses, nous montre ses différents « diamants », « pépites d’or », « onyx », … Il y croit. Convaincu, il prépare des petits sachets numérotés :

-         «  Emmènes ça dans les laboratoires français et après fifty-fifty »

-         « Si tu veux, c’est promis,   je demanderai à Jacques ! »

L’atmosphère se détend, des éclats de rires fusent. Et nous sentons bien qu’en dehors de Mohammed, il n’y a pas grand monde qui pense que la montagne puisse leur offrir beaucoup plus que quelques arganiers, de la terre et des pierres pour bâtir leurs maisons, cela sous un soleil de plomb adouci par un vent incessant.

Les trois frères  s’installent avec nous dans une des chambres pour que nous échangions nos adresses mail et postales. La discussion tourne à la religion musulmane, ils nous montrent le coran.... tout cela dans une joyeuse ambiance qui aurait pu être digne d’une bonne partie de tarot.

Le couscous est prêt, la maîtresse de maison vient nous chercher. Nous nous attablons… À la marocaine, assis par terre autour de deux énormes couscous. On nous offre des cuillères à soupe, ce qui n’est pas de refus pour les enfants notamment ( la semoule, c’est digne des raviolis !)

Au cours du repas, ils nous expliquent qu’aujourd’hui il y a un mariage dans la famille. À la fin, nous y sommes conviés. Soit, juste pour voir, nous voulons bien y faire un tour ...

l'âme en paix, l'esprit libre, le coeur joyeux sur les routes du monde....en avant pour l'école de la vie...
×