....TOUR DU MONDE 2008 / 2010 A la rencontre d'une page de notre histoire....

Maroc décembre 2007

 

 

 

 Depuis début 2007 ( autant dire depuis que nous en sommes rentrés) Le Maroc manque à Didier, une grande envie d'y retourner le démange...

En juillet, la proposition est mise sur le tapis, Didier pourrait travailler en rafting durant ses congés d'août pour le financement...

...Il n'aura pas fallu longtemps pour convaincre tout le monde, aussi nous prévoyons de repartir au Maroc cet hiver pour aller d'Essaouira aux plages blanches !!!

                  "Au premier voyage on découvre, au second on s'enrichit."
                                                                        (proverbe touareg)

jeudi 20 décembre

Le camion était au garage depuis un mois... pour une vieille histoire de chauffage, nous l'avons récupéré hier soir... le chauffage est mort!! Bon, ben nous avons survécu l'an dernier avec -4°c, ça devrait le faire encore une fois.

Du coup, comme d'habitude, nous préparons tout au dernier moment: vidanger, remplir les réserves d'eau, charger, ranger la maison, faire les courses....

16h 25, nous sommes prêts à décoller mais il faut encore que nous passions poser l'espace au garage, débloquer des fonds à la banque, acheter des couches, une bouteille de gaz, faire le plein et être à 17 h30 au lavomatique de Gan pour retrouver Fabienne et Bruno !?

 Y'a pas moyen... l'espace, nous zappons, tout comme le gaz, l'essence, nous verrons bien... résultat: à 17h 30, nous sommes au lavomatique!

                               

Fabienne et Bruno arrivent. Yaouh! c'est parti!... lentement car nous passons derrière "le fameux cirque de réputation internationale venu pour la première fois en France, possédant des dizaines de caravanes". Et bien Gan - Oloron derrière les éléphants, ça calme!

 Passé Urdos, nous nous mettons un peu la pression, le camion est sur la réserve, prochaine station de l'autre côté du somport, il reste 30 kilomètres, la réserve en fait 40 sur le plat...

                                                                                                                      .... ça passe!

La route est longue, c'est venté, pluvieux, parfois dans le brouillard. Dapigu tire sérieusement à droite sur le coup de 4 h, un changement de pilote s'impose rapidement. Il faut dire que nous sommes partis bien reposés sur deux nuits blanches. Ah zut! nous avons oublié les couches! le hic, c'est que nous allons arrivé pour la fête du mouton, il n'y aura donc rien d'ouvert avant lundi. Nous verrons bien, de toute façon là tout de suite, y'a rien à faire et puis, il en reste quelques unes de cet été, certes un peu petites pour Chogan mais s'il attend un peu pour attraper la diahrrée, cela devrait suffire!

Bref, nous arrivons à Tarifa vendredi matin sur le coup de 9h (même timing que l'an dernier). L'approche du port, les douanes et l'embarquement se font très rapidement. 10 heures nous sommes à Tanger après une traversée plus que nauséeuse pour Léïa et Océane.

Le passage des douanes ne sera pas aussi express, 3 heures bien sonnées à nous faire poirauter, il pleut des cordes, c'est dingue! Certains se font fouiller les véhicules et remorques entièrement et sont priés de tout remballer... sous la pluie... nous compatissons!

Aller, il faut s'éloigner de Tanger - qui n'a pas très bonne réputation - pour trouver un endroit et enfin se poser. C'est étonnant le Maroc n'a pas du tout la même tête vu de ce côté ( nous étions passés à l'est la dernière fois), c'est nettement plus développé et beaucoup moins typique du coup! Surtout par l'autoroute me direz- vous!

L'an dernier je me demandais comment se vivait le Maroc sous la pluie. Et bien apparement ça se vit... il y a seulement moins de gens à pied sur le bord des routes ( encore que!) Et puis la terre est imperméable, alors nous traversons d'immenses étendues d'eau qui font du coup centre d'accueil pour nos alsaciennes cicognes et leurs collègues belges, les flamants roses.

Nous nous posons vers... quelque part! Trop fatigués pour regarder l'heure ou l'endroit, nous sommes H.S! Repli dans les camions, nous verrons demain!

Les enfants sont adorables, pas d'histoire, pas de caprice, nous les bénissons vu l'état dans lequel nous sommes.

Vite fait avant de dormir nous tombons quand même amoureux du "Dapigu" de nos voisins de parking:

                                        

 

Il pleut! Il a plu toute la nuit!

Aujourd'hui, c'est opération Sidi Kaouki, soit 600 km. Et les kilomètres au Maroc, c'est comme la pluie, c'est pas rien! Mais bon, il y a quand même de l'autoroute jusqu'à El Jadida, ça devrait le faire! Effectivement nous arrivons  en fin d'après-midi, accueillis par les ânes, c'est super, nous nous sentons presque à la maison et... il s'est même arrêté de pleuvoir, s'il vous plaît! Nous sommes au camping de l'an dernier, le rasta camping est fermé définitivement et nous y sommes pas mal, les sanitaires sont un luxe bien agréable malgrès la douche froide et le débit d'eau plus que restreint voir inexistant pour le rinçage!

                                                    

                                          

Nous mangerons dans le camion, le shashi (la matière première de nos feux de camps ) est trempé et il fait un peu frais pour traîner dehors après que le soleil se soit couché! Il doit faire 12°c, ce qui reste très raisonnable.

 

 


 

Dimanche 23 décembre

levés 9 heures, Chogan nous a bien cassé les pieds cette nuit, normal nous commencions à nous remettre un peu du trajet!

              
         

La pluie nous a rattrapé et n'a pas faibli, les routes sont très rapidement innondées. Nous décidons de descendre directement sur Agadir, la pluie doit y aller aussi mais au moins nous ferons la route avec elle, ce sera plus gérable pour les enfants et nous ne seront pas cloitrés dans les camions pour rien.

Nous passons par Essaouira faire le plein et retirer des sous. Du coup, nous faisons connaissance avec Brahim et sa fille Maria que nous prenons en stop sous le déluge. Ils nous invitent à prendre le thé à notre retour... Inch'Allah!

La pluie fini par dévié sa route et nous laisse en plan, ce qui n'est pas plus mal. Elle a cependant laissé trace de son passage:

          la route qui mène a Imssouane - déjà naturellement dangereuse - a subi quelques traversées de boue qui nous font rester vigilant. En plus depuis le plein, Dapigu a des ratés, le boxer de Fabienne et Bruno aussi d'ailleurs, nous avons dû nous faire un fond de pompe.

                  

Imssouane, c'est très sympa! Excellent spot surf pour les garçons, spot plage pour les enfants moins transcendant mais ils s'en contentent. Petit village de pêcheurs absolument charmant, nous sommes vraiment bien. Installés sur un parking face à la mer, tout seul - les surfeurs sont entassés sur un parking un peu plus haut ( plus près du spot) - En bref, c'est le top, la zen attitude prend place...

          un vrai petit paradis

 

 

 

Nous dormons là! En plus c'est gratuit... pas de gardien, c'est la fête du mouton, nous ne croisons pas beaucoup de marocain.


lundi 24 décembre

Réveil en douceur vers 9 heures. Enfin, en douceur... avec les gérémiades de Chogan qui je tiens à le souligner et vraiment pénible depuis deux jours... ce doit être la lune...

Ah non, Il a la varicelle! Bon ben avec le torticoli de maman et le dos en vrac de Fabienne, c'est le pompon.

Aujourd'hui nous avons prévu de  faire la vallée du paradis. La route côtière est splendide, le spot boiler's fait rêver Bruno et Didier mais les vagues de 2 m 50, s'écrasant sur les rochers, ont raison de leur témérité. 

                      
                    

 

                  Dans un petit village nous prenons quelques fruits et Léïa très observatrice face à cette population en djelaba: "Et bien, ça se voit que c'est noël, y'a des papas et des mamans de Jésus partout!"                

promenade de Dromi

 

Finalement nous avons pas mal traîné, et la vallée du paradis ce sera pour demain, ce soir le réveillon se fera face à la mer dans un  coin paradisiaque à quelques 80 km d'Agadir. Petit repas de fête fait par Fabienne, ce n'est que du bonheur.

 

 

                                                      


 

mardi 25 décembre

Aujourd'hui l'objectif principal est d'arriver à Agadir: nous n'avons toujours pas acheté de couches et les restrictions ne suffiront pas à tenir une journée de plus.

Nous nous engageons quand même dans la vallée du paradis, la boucle est normalement faite en 4 heures. Et puis, nous l'avons raccourci car en dehors du fait que nous n'ayons pas trouvé la piste, il n'apparaît pas très prudent de s'y engager vu déjà l'état des routes après la pluie. 

 

 

Nous faisons une pause Internet dans un cyber café (1 DH la demi-heure)

En tout cas, c'est splendide, les palmeraies, les gorges,... nous nous croirions presque en Afrique!!!!

A Immouzer, nous mangeons chez Hammed et Mohammed, petit resto de la rue principale. Il a certainement fait son chiffre d'affaire de l'année sur notre repas, 40 DH le petit tajine, mais c'est très bon et très sympa.

                    

 Nous ferons nos premiers trocs de vêtements. C'est cool, mais encore une fois nous n'avons pas assez emmené, ce qui est le plus interressant pour eux ce sont les portables, les chaussures, les vêtements chauds... nous prenons les adresses, à l'occasion nous enverrons ou... nous repasserons. L'accueil est toujours très chaleureux.

Pour la petite histoire, il semble après coup, en ouvrant les fioles d'huile d'Argan troquées une fois en France, que nous n'ayons pas fait une affaire. Ca semble plutôt être de l'huile d'olive coupée à l'essence d'eucalyptus pour en cacher l'odeur! Nous nous sommes encore fait avoir!

Cette fois-ci, nous sommes beaucoup plus à l'aise dans nos relations, le contact est plus direct et nous sommes plus confiant.

Bon, c'est pas tout mais il ne faut pas traîner ( les couches!), nous sommes encore à 70 km d'Agadir et en montagne! Ce qui signifie une route plutôt tendue à gérer, si en plus nous attendons la nuit, nous allons jouer notre vie ( les freins, les lumières sont toujours optionnels sur la majorités des véhicules: nombreux sont les semi remorques chargés comme des A380 descendant au frein moteur les pentes à 6% voir plus ).

18h 00 "Marjanne": nous avons enfin des couches! Et un cordon, oui ma carte est pleine et j'ai oublié le mien à la maison... ne pouvant pas transférer sur l'ordinateur je ne pouvais plus prendre de photos, l'Angoisse!

Bon maintenant il faut quitter la ville au plus vite pour aller dormir quelque part, ça y est il fait nuit! Nous partons sur Tifnit ( c'est un spot surf) sans panneau d'indication nous nous dirigeons aux lueurs restantes du coucher de soleil ( au pire nous serons au bord de la mer!) Nous arrivons dans un endroit superbe, absolument désertique, ça semble même être Tifnit! Seulement au bout de 5 minutes, un militaire débarque: " vous n'avez pas le droit de rester dormir là! Il faut remonter sur la station service à une vingtaine de kilomètres", "ok" . Bon nous allons tout de même manger là, pour profiter du cadre. Le militaire revient: " vous ne pouvez pas rester là!"

                            " oui, nous faisons juste manger les enfants, ils ont faim!"

                            " Vous avez 20 minutes pas une de plus... et faites attention, la route est très dangereuse, beaucoup de voleurs!"

Bon, merci pour le moral, c'est pas comme si la fameuse route était une ligne droite complètement désertique! Nous passons d'un cadre idyllique à... une station service bruyante, puante en bordure de la route principale du sud, quoi!

 


 

Mecredi 26 décembre

Avant tout, pharmacie. Mes deux fioles d'éosine n'auront pas eu raison de la varicelle de Chogan, elle est corsée, il est rempli de boutons purulents et fait pas mal de fièvre depuis deux jours, du coup il ne dort pas... c'est pas génial.

Nous prenons la route direction Sidi Ifni, ce sera le terminal pour cette année, nous n'avons pas assez de temps pour descendre plus au sud comme nous avions pensé. Nous avons prévu de faire quelques achats là-bas, il paraît que c'est très joli. La route côtière est toujours aussi belle, les vues sont splendides, les paysages désertiques, les cactus remplacent petit à petit les arganiers.                                                  

10h 30, un endroit superbe, nous nous arrêtons, c'est l'heure du thé ou quoi?   

               Non, du surf pour les garçons, la session ne sera pas terrible mais le cadre est idyllique alors nous y traînons une bonne partie de la journée et nous partagerons notre thé avec le gars de l'entretien des forêts (??? y'a pas d'arbres!) qui passe par là. Il nous explique que la désertification remonte de plus en plus et qu'il n'y a plus d'eau, il n'a pas plu dans le désert depuis 7 ans... c'est dingue. Les populations remontent vers le nord. Il envie notre pays, il nous raconte qu'il est venu à Paris et Bruxelle et que tout est vert et que les européens font couler beaucoup d'eau sans en avoir conscience!            Et comme il a raison!

Après cette petite remise en cause sur nos comportements européens, nous nous dirigeons sur Sidi Ifni, option camping-municipal, nous prévoyons un nettoyage de carcasses! Aïe, Aïe, Aïe, le bon parc à camping-car, ça fait très touriste de base. Un peu ... dépités, d'autant que la moyenne d'âge doit tourner autour de 60 ans bien tassés! Et là, les paroles du garde forestier font écho: les camping- car sont nickels, lavés à grande eau, gloups! Nous avons un petit goût amer... Bon, aller courage, ce n'est que pour une nuit et une douche, ce sera vite passé... En attendant nous allons faire un tour à la medina, c'est un peu tôt (15 h), il n'y a rien d'ouvert...Chogan braille encore et encore... nous écourtons la sortie pour affronter la douche froide du camping.

                                        

Vers 18h00, nous retournons en ville, sans les enfants ( Didier reste les garder). Avec Fabienne nous sommes en quête d'une petite boutique indiquée dans le géo guide. Nous finissons par la trouver à côté d'un camping face à la mer, autrement plus joli que celui où nous sommes installés, mais c'est le principe de la précipitation!!! "Ailleurs n'est pas meilleur qu'ici"... mais tout de même. Enfin, la petite boutique en question est à la mesure de l'éloge que lui en fait le guide, mille couleurs, remplie de trésors et pas spécialement cher, nous nous rinçons l'oeil .

En remontant, une autre boutique nous attire... Le propriétaire nous invite à boire le thé ( c'est une pratique assez courante ), nous pénétrons déchaussés dans l'unique petite pièce ( quelques 5m²) dont le sol est recouvert de tapis et de peaux de mouton. Tout de suite, il installe des coussins pour que nous soyons à l'aise. L'ambiance est douce et chaleureuse, nous sommes Bien! C'est un thé saharien ( il n'y a pas de menthe dans le désert).

       Il est nomade et le vendeur de sa tribu. Comme dans un conte, il nous transporte dans son univers. Ils vivent du troc de dromadaires entre le Maroc et le Sénégal: des dromadaires pour de la nourriture et des habits. Quand ils arrivent au Maroc, ils installent leur campement, des tentes en peau de dromadaire, sur les plages blanches. Les soirées sont animées en musique autour des tajines préparés par les hommes. Le désert est leur paradis " le désert nous offre tout ce dont nous avons besoin" difficile à croire et pourtant....

Il sort de sa malle des objets qui sont fabriqués dans sa tribu et par les nomades en général: des marteaux à sucre en cuivre ou en argent entièrement gravés, sertis de pierres multicolores, de splendides bijoux en argent et corne de gazelle, des pendentifs tous en lien avec la croix du sud. Il nous raconte que dès qu'un enfant est assez grand pour s'aventurer seul, son père lui offre un pendentif pour qu'il puisse s'orienter dans le désert s'il se perd. Ils trouvent l'argent dans le désert, les trésors espagnols perdus...

                                                 ...

Mais Didier est tout seul avec les enfants, depuis...un certain temps, il faut y aller!

Fabienne a négocier une théière, moi un pendentif, je suis toujours aussi nulle en négociation, mais pour les instants passés j'aurai même pu payer plus cher. Mo Barrack nous invite à venir manger chez lui aux portes du désert. Fantastique, nous sommes ravis, demain nous passerons le chercher à la boutique vers 12h 00 ( il n'a pas d'heure, il nous attendra). Nous rentrons précipitemment, chogan... braille, toujours fiévreux, c'est hard...

Dodo!


jeudi 27 décembre

Bon anniversaire Chogan!

Il a pleuré toute la nuit, enfin jusqu'à 6 h, Kaéna qui ne pleure jamais a pris le relais à partir de ce moment là... quand je ferme les yeux, je tangue, heureusement, ils ne nous en donne pas la possibilité!

C'est la douche et le bain pour les enfants ce matin et rangement du camion.

                                                            

 Didier, Fabienne et Bruno vont à la medina avec Chogan. Ils reviennent vers une heure, ils sont passés voir Mo Barrack ( ça signifie "la chance") pour confirmer l'invitation. Il a donné une amulette à Chogan pour qu'il guérisse, l'invitation tient toujours, il nous attend dans 1/2 heure.

                                                   

Didier troque un tapis contre des habits

          
                

Aller c'est parti pour Guelmim à 67 kilomètres, Mo Barrack monte avec nous et il nous emmène d'abord dans le premier oasis du désert, c'est merveilleux la vie qui peut exister au milieu de rien. Le chant des oiseaux incessants est troublant, nous n'en avions pas encore entendu depuis notre arrivée! Mo Barrack nous montre comment récupérer les dattes à 12 mètres de hauteur, à coup de jet de caillou. Il nous explique aussi qu'il y a une source sous terre, ils arrivent à canaliser une partie de l'eau dans un système d'irrigation qui leur permet de faire des cultures pour nourrir le petit village.

 

Les enfants sont supers heureux et se sont très vite approprier les lieux, nous sentons effectivement un vent de liberté et l'envie qu'il nous pousse un peu plus loin... Quelques échanges de regard avec Didier...nous sentons pareil je crois...

Très vite dans nos têtes, l'itinéraire de notre tour du monde se chamboule... Maroc, Mauritanie, Sénégal, ..., Argentine, si ça le fait, c'est décidé nous partirons par là!

      Bon, ce n'est pas tout, il faut aller faire les courses, ce soir c'est tajine au dromadaire! Nous repartons sur Guelmim, les courses avec un gars du pays, ça va nettement plus vite et c'est nettement moins cher ( nous paierons 60 DH le kilo de dromadaire, 6 euros)

                         

Puis, point de chute, le village nomade de Leskabi, il n'y a pas beaucoup de dromadaires, nous pensions arrivés aux tentes, mais Mo Barrack qui, je pense ne s'attendait pas à ce que nous acceptions son invitation lors de son récit, est un peu ennuyé de nous accueillir dans sa maison déserte en torchi. Il bredouille quelques excuses pour son ami sénégalais qui vient juste de quitter le pays et qui ne pourra pas jouer  de musique...Peu importe, les images du récit d'hier soir sont dans nos tête et nous vivons quelque chose de tout à fait différent: le calme, la sérénité, l'immensité du ciel de jour comme de nuit, la beauté des lieux, c'est extraordinaire. Et toujours cette sensation de liberté, et sûr ce n'est pas dans l'abondance de biens qu'elle se trouve. Nous sommes dans un autre monde... un oncle et un cousin de Mo Barrack viennent partager le repas avec nous ( le dromadaire c'est fameux et ce ne sont pas les filles qui diront le contraire), Chogan s'endort sur le lit, c'est drôle il est très calme depuis ce midi...l'amulette?

   

Douce soirée, sous une myriade d'étoiles, il fait très bon à l'intérieur des murs de la maison ( la pièce principale n'a pas de toit). En pleine journée, ces petites pièces sont fraîches, le soir, alors que la température chute radicalement à l'extérieur, il y fait bon: "Tu aimes la terre et elle prend soin de toi" rétorque le sage Mo Barrack à notre interrogation...Evidemment!

 

Nous allons nous coucher dans nos camions, nous étions invités à dormir, mais nous ne voulons pas gacher la tranquilité des lieux avec la puissante energie de Chogan lorsqu'il se réveille en pleine nuit. Tant pis, une autre fois...


vendredi 28 décembre

Nous sommes à 1200 kilomètres de Tanger et les jours défilent, nous sommes obligés de décliner l'offre de Mo Barrack de s'aventurer dans le désert pour quelques jours. Nous reviendrons, c'est sûr... peut-être bien dans 9 mois...

Sur ce nous ramenons Mo Barrack à Sidi Ifni mais avant il nous fait faire le plein à 6DH le litre, très interressant, nous le payons dans les 7 DH 30 depuis notre arrivée. Ca ne stoppe pas la toux de Dapigu qui fume blanc régulièrement. Il faut espérer qu'il nous ramène à Navailles... nous lui faisons entièrement confiance mais prenons ses coups de pompe en considération, du coup nous levons la pédale bien plus souvent, ce qui promet un retour un peu plus long! .... C'est pas grave, de toutes façons nous n'avons pas envie de rentrer!

A midi, sur un pique nique improvisé, en bord de route nous soufflons les bougies de Chogan, tout de même!

              

Nous allons nous poser à Imoussane, les garçons ont hâte de retourner à l'eau sur ce spot. Ouh dis donc, il y a plein de monde, c'est vivant comparé à la dernière fois et il y a même des 64! Nous sympathisons sur un petit thé à la menthe, c'est bien agréable!

                                                          

puis nous enchaînons sur un tajine ( nous l'avons acheté dans l'après-midi à un commerçant NON-négociateur, c'est plutôt rare au pays!) au poulet! mais il ne vaut pas celui d'hier soir, pas assez de charbon, nous nous y sommes pris un peu tard et puis il a cramé et puis le tajine s'est fendu sur toute sa longueur... Nous ne sommes pas complètement au point, mais c'est bon quand même!

                                         

Ce soir Léïa et Papa estime qu'elle est assez grande pour dormir sans filet désormais, alors c'est parti, bonne nuit...


Samedi 29 décembre

Waouh! C'est la première nuit que Chogan dort non-stop et Kaéna ne s'est réveillée qu'à 8h 30! Oui, bon, Léïa nous est tombée trois fois dessus, mais l'idée que nous aurions pu faire une nuit complète nous suffit à recharger les batteries. Ce soir Léïa redormira avec le filet!

Chogan est en voie de guérison, plus de fièvre, des boutons qui commencent à sécher, les pleurs incessant ont cessé, c'est ... reposant!

Finalement les conditions surf ne sont pas top et il y a beaucoup de monde à l'eau, du coup, nous repartons plus tôt pour Sidi Kaouki, aurevoir Loïc, Estelle et Maya d' Urrugne, nos chemins se recroiseront peut-être cet été sur la côte basque...Nous passons voir la grotte ( c'est un spot au dessus de Sidi Kaouki), le petit village blanc est absolument charmant, nous croisons les enfants qui partent à l'école, les notres sont entrain de dessiner, aussi, Emilie partage ses cahiers de dessin et très vite cela crée un petit attroupement, difficile de mesurer s'il est bon de donner ou non. Qu'est ce qu'ils en retirent? Comment perçoivent t'ils notre intrusion et tout ce que nous avons? Même si nous nous contentons de peu durant ce séjour, cela reste disproportionné par rapport à leur quotidien.

   

Nous redescendons au camping, les garçons vont surfer à l'embouchure de l'oued avec le voisin d'emplacement vénézuélien. Nous avions prévu d'aller à la medina d'Essaouira mais il est tard et les enfants sont fatigués, nous verrons demain. Chogan a la diahrée sur ses boutons à moitié cicatrisé, c'est mignon! A chaque changement de couches nous avons le droit à des hurlements alertant la moitié de la population!!! Désolés!


Dimanche 30 décembre

Fabienne et Bruno repartent demain matin. Fabienne reprend jeudi matin, dur! Nous ferons donc le premier de l'an ce soir. nous ne sommes pas à un jour près!

Et puis comme nous avons raté le créneau medina hier soir, nous y allons ce matin, Fabienne et Bruno offrent le resto! Un  petit resto trop mignon, nous nous régalons et toujours pareil il faut avoir le temps car le repas et préparé dès lors que tu commandes... pas de surgelé... tout est frais! Tu commandes, ils vont au souk et reviennent cuisinés. Au dessert, patisseries marocaines, la serveuse part les acheter , revient car apparemment elle n'a pas assez de monnaie et repart. S'il y a une chose au Maroc que nous n'avons et n'auront jamais en France, c'est le Temps! Je m'étais déjà fait la réflexion en voyant Mo Barrack allumé sa bougie, s'y reprennant à plusieurs fois car elle ne cessait de tomber, sans jamais s'énerver ni même relever ce détail insignifiant ainsi que le nombre de gens attendant un taxi parfois pendant des heures sans bouger ni rechigner. Il y a de grandes choses chez nous, ailleurs aussi!

Le soir, grand repas de fête, c'est le réveillon ou quoi? Non, mais c'est tout comme, foie gras, cuisses de canards confites, pomme de terre au feu de shashis secs, semoule au chocolat et petit thé à la menthe!

Bonne dernière nuit à Fabienne et Bruno


Lundi 31 décembre

Au petit matin ( 9 h ), nos compagnons de route nous quittent: "A très vite, on s'appelle dès qu'on rentre et bonne rentrée!"

Aujourd'hui c'est farniente, nous profitons des enfants et de la plage, c'est tout aussi agréable que ce que nous avons vécu jusque là et ce soir c'est le vrai premier de l'an.

                                                                    

L'an dernier les filles avaient été déçues que nous ne mangions pas ce soir là comme à la maison, alors cette fois-ci c'était promis: ce sera brioche et chocolat au lait avec des fruits au sirop!

                                      Bonne Année!

              Et que les projets de chacun voient le jour!


Mardi 1 janvier

Nouveau jour, nouvelle année, rangement intégral du camion pour maman. Plage et dromadaire pour les filles, papa sera le dromadaire de Chogan!

                                            dromi promène les enfants

L'Après- midi, nous allons à Essaouira passer un mail (5 DH l'heure) et faire trois derniers achats. Nous y traînons nos baloches une bonne partie de l'après- midi. Nous ne ressentons pas du tout la même oppression que l'an dernier par rapport au monde et à l'approche des commerçants. Cette fois-ci, on est bien... ça nous correspond, même les enfants sont plus sereins. Nous sommes vraiment bien et pas une seconde l'envie de rentrer...


Mercredi 2 janvier

Bon anniversaire maman? non personne?

Aujourd'hui, journée route jusqu'à Dar Bouazza, nous avons prévu d'y rencontrer un waveskieur du maroc avec qui Didier a fait connaissance via le net,... c'est loin... nous ratons la sortie. Tant mieux comme ça nous pourrons faire trois courses à Casablanca pour ne pas arriver les mains vides. Par contre nous arrivons à l'heure de pointe, aaaaah! les nerfs s'enflamment rapidement, le panneau du Marjanne, nous le voyons mais comment y accède t'on? Nous finissons par le trouver, beaucoup de temps, de kilomètres et d'énergie... Aller, nous repartons sur Dar Bouazza, il faut suivre le soleil couchant! Nous nous perdons misérablement, au bout d'une heure et demi, Didier décide d'appeler Hugues pour qu'il nous indique la route ( nous ne l'avions pas fait jusqu'à maintenant car le niveau batterie est faible et nous avons oublié le chargeur )...le portable s'allume et s'éteint aussitôt, le numéro de Hugues est dedans! Tout ça pour rien!!!

Bon, ben, il fait nuit, ce qui signifie pression sur la route, demi-tour, Casa, Rabat, in Shallah...

Nous mangeons vite fait n'importe où, papa avait pensé à l'anniversaire et acheté un gâteau alors nous soufflons les bougies!

0h00, nous nous posons à Larrache.

 


 

jeudi 3 janvier

Sale nuit, Kaéna n'a pas trop dormi. C'est parce que nous avons de la route à faire et il ne s'agirait que nous partions frais comme des gardons tout de même!

Il pleut des cordes, un petit air de déjà vu, les 70 derniers kilomètres sont tendus, grosse pluie vent d'ouest soufflant certainement audessus de la vitesse autorisé...Oups! Et le bateau?

Arrivés à Tanger, nous retrouvons très vite le côté hostile des grandes villes, aux feux, un jeune vient tourner autour du camion  ( ce qui n'est rien, Bruno nous racontera qu'ils leurs sont montés sur le toit). 11 heures, nous sommes au port, un marocain nous accoste en nous disant qu'il n'y a pas de bateau pour Tarifa, c'est la tempête, il faut racheter un billet pour Algéciera (200 euros), il nous sera rembourser en arrivant... nous sommes sceptiques! l'ambrouille au Maroc c'est une deuxième nature pour certain, nous nous sommes souvent fait avoir, nous nous avançons, Didier passe une heure et demi sous la pluie à la pêche aux tampons des passeports. Le camion est entièrement fouillé par les douanes.

                              "C'est pour où?" nous intercepte un employé du port qui aiguille les voyageurs.              

                                "Tanger"

                                " Par là, quai n°3!"

c'est cool, il y a des bateaux finalement, nous avons bien fait de suivre notre instinct .

Quai n°3, il n'y a personne! Un gars vient nous expliquer qu'il n'y aura pas de bateau pour Tanger aujourd'hui. Demi-tour, nous rencontrons des bretons qui deviennent rapidement des copains de galère. Apparemment, nous pouvons effectivement racheter des billets pour partir avec une autre compagnie sur Algéciera, ensuite il faudra repartir sur Tarifa pour se faire rembourser!!!? un truc de dingue, mauvaise option. Véronique fait un tour pour trouver d'autres infos. Il y aura un bateau à 18h de la compagnie Commonav que nous pourrons prendre quai numéro 4, demi tour ( c'est de l'autre côté!). Nous sommes deux véhicules, il est 13 heures, y'a plus qu'à attendre!

                                            il est des vagues que la nature ne laissera jamais surfer 

             Si nous avions su lire le ciel, nous aurions aussi su que le bateau ne partirait pas....

Nouvelle info, le bateau de la FRS ( notre compagnie) partira peut-être à 15h....quai n°3. Demi tour, nous sommes maintenant 5 véhicules à attendre... Nous avons mis les vivres en commun, les bretons viennent faire la causette dans le camion ( il ne fait pas très beau), ça reste très sympa, la situation est singulière. Toc, toc, tiens des nouvelles??? C'est Loïc, Estelle et Maya! Quelle coïncidence! La file continue de s'allonger. Durant les acalmies nous sortons prendre l'air, une nouvelle vient se joindre au groupe, elle a vu que nous étions des 64, elle est garée juste à côté de nous, Sarah est anglaise et s'est installée à Bielle depuis 10 ans et puis juste derrière nous, des 64 encore, des copains d'Arnaud notre garagiste et surtout le frère de Fabienne! ( c'est aussi dingue que le Maroc!) Entre temps 15h est passé depuis bien longtemps et le bateau n'est pas parti! Il ne partira pas d'ailleurs! Peut-être celui de 18h...?

Ah tiens, le vénézuélien est là aussi! C'est vraiment drôle et super sympa, Dapigu brasse beaucoup de monde, il commence à faire froid dehors et il est le seul a pouvoir accueillir autant de monde et surtout debout, thés, soupe, pâtes, apéritifs, sandwich, nous faisons passer le temps en mangeant, les enfants picorent chez les uns, chez les autres....

18 h, pas de bateau!

la sécurité nous met un peu la pression en nous disant de surveiller le camion car des jeunes tournent autour. Je psychote plan drogue et compagnie... j'imagine le tableau, arrivés en espagne, contrôle, au poste, avec notre marmaille, ah non!

Alors que je discute dehors, j'aperçois un jeune qui tourne autour du camion pas vraiment discret. Je l'aborde, il ne comprend rien, je suis un peu à cran, je n'ai vraiment pas envie que ça termine mal!

Didier et Loïc vont voir, en même temps les copains d'Arnaud d'origine marocaine vont discuter avec lui, ce n'est pas un plan drogue, il cherche juste à passer en fraude planqué sous le camion! Oui, ben non, un bol de soupe si tu veux mais il faudra trouver un autre moyen! Du coup, Dapigu finit d'attendre sous la haute surveillance des pyrénéens qui l'entourent.

18H 30, le fameux bateau quai n°4 de la commonav arrive mais finalement, il ne peut pas nous prendre, à 21 h, c'est sûr! Nous sommes maintenant des centaines de véhicules, nous finissons par penser que nous  ne partirons pas ce soir, sauf que le pic de houle est annoncé pour demain, ce qui signifie que s'il n'y a pas de bateau aujourd'hui, il n'y en aura certainement pas demain. le moral reste bon mais le retranchement dans les camions respectifs se fait petit à petit....

Nous finirons par embarquer à 0h00 quai n°1: demi-tour pour les centaines de véhicules présents autant dire un effroyable bordel mettant les nerfs de Didier et Dapigu à rude épreuve.

Bref, 4h00 nous débarquons à Algéciera, petite fouille du camion, mais rien de grave, pas de clandestin à bord! Ouf!

Nous faisons corps avec les bretons et les basques jusqu'à la première station. 5h00, bonne nuit!

 


 

vendredi 4 janvier

Au réveil, il est 9 heures, les basques sont déjà partis, les bretons dorment encore. Nos routes se séparent.

Et c'est parti pour une longue journée, Dapigu est toujours bien mal en point et ne roule pas à plus de 100 km/h, les pleins successifs d'Espagne lui donne un peu de vigueur, mais ce n'est pas la grande forme.

Alors que nous sommes sur une "perte de vitesse broutante", la guardia civile nous dépasse et .... nous arrête! Aïe! C'est le genre de plan qui pourrait nous coûter très cher! Heureusement devant nos mines défaites par la fatigue ( nous roulons non-stop depuis 9 h), ils ont pitié de nous et nous laissent repartir sans histoire. Ouf!

 

La route est longue mais les enfants sont toujours aussi mignons, du coup, ils ont droit à un dessin-animé et sont ravis ( merci les copains)

merci les copains d'école .... ils s'endormiront tranquillement alors que nous arrivons sur Jaca vers 22h 30, des panneaux indiquent que le Somport est fermé. Bon, , c'est pas grave, si c'est à cause de la neige ça permettra de tester Dapigu et si c'est un problème de tunnel, nous passerons par le col. Nous ne sommes pas trop inquiet pour la neige vu ce qu'il y a côté espagnol...

Arrivés au tunnel, il est fermé!... la montagne s'est effrondrée sur la route à 20km. AH! Pas de col, non plus alors!!!

Demi tour, l'agent de sécurité nous signale que la seule route possible est Pampelune! Nous ne sommes pas à 5 heures prêt maintenant, nous pensions être rentrés hier soir dans la nuit....

Nous arrivons à 4h 30, le temps de couchés les morceaux d'avenir endormis dans leur lits respectifs,

 5h00 bonne nuit...           C'était vraiment une chouette escapade qui nous a permis de prendre conscience que nous étions prêt techniquement et mentalement,....

                                                    ...                Plus que 9 mois!

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Séu d'Urgell 

 


Samedi 22 décembre

l'âme en paix, l'esprit libre, le coeur joyeux sur les routes du monde....en avant pour l'école de la vie...

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